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1500 COUPS DE POUCEÀ Larceveau-Arros-Cibits, le commerce de proximité relance la vie

Dans la vallée d’Oztibarre, la réouverture d’un commerce multiservices redonne souffle au quotidien des habitants, en réduisant les distances et en recréant un véritable lieu de vie.
Le commerce est d'ores et déjà ouvert et son inauguration aura lieu le 6 juin
D. Nallet DR
Après plusieurs années sans commerce de proximité, Larceveau voit renaître un point névralgique qui conjugue services, alimentation et lien social au cœur du Pays Basque intérieur.

À Larceveau-Arros-Cibits, certains vous diront que les kilomètres ont soudainement perdu du terrain. D’autres que la vallée a retrouvé un point de mire essentiel. Cependant, tout lem onde s'accordera àdire que le nouveau commerce multiservices ouvert au cœur d’Oztibarre n’est pas seulement une boutique qui tourne, mais bien une roue qui s’est remise à faire avancer le quotidien. Dans une zone où chaque déplacement compte, l’initiative redonne de l’air aux habitants… sans les obliger à consommer trop de carburant sur la route.


Comme le résume Christelle Caset-Urruty, maire de la commune, l’ouverture était attendue avec impatience. Elle souligne que « l’ouverture était très attendue, la fréquentation a été au rendez-vous dès le premier jour », avant d’ajouter que « les habitants de Larceveau et plus largement de la vallée ont répondu présents ». Dans les rayons, ce ne sont pas seulement des produits qui circulent, mais aussi des habitudes qui reviennent, et parfois même des rencontres qui se reforment. Pour l’élue, « les habitants étaient ravis des services proposés tant par les deux commerces, alimentaire et boulangerie, que par les services associés de laverie, relais colis, dépôt de gaz, rôtisserie ». Le commerce, déjà, dépasse son simple rôle marchand pour devenir un point de rencontre du quotidien.

Une vallée qui retrouve son “point d’ancrage”

Une cinquantaine de producteurs locaux alimentent déjà les rayons du commerce
D. Nallet DR

Le changement est d’autant plus visible qu’il s’inscrit dans une longue qui date. « Le changement est majeur, le dernier commerce de proximité avait fermé ses portes en 2008 », rappelle la maire. Depuis, certains habitants devaient parcourir « jusqu’à 60 kilomètres pour le moindre achat ». Dans une époque où les budgets se tendent, notamment l'explosion du prix de l'essence, l’élue insiste sur le sens profond du projet : « à l’heure où les coûts énergétiques pèsent lourdement sur les budgets des ménages, où la transition écologique doit s’opérer, ce projet rapproche les services de la population et répond parfaitement à ces enjeux ». Ici, le commerce ne remplit pas seulement des sacs, il allège aussi les contraintes.

Ce retour à la proximité ne doit rien au hasard. Le projet s’est construit sur un long travail de terrain. « La population a été interrogée sur les besoins et les habitudes de consommation », explique Christelle Caset-Urruty, une démarche qui a confirmé la nécessité d’un tel équipement. Elle rappelle aussi que « Larceveau joue et doit jouer un rôle de centralité à l’échelle de la vallée ». Dans cette logique, les écoles, les services de santé et les logements ont progressivement structuré le territoire. Il ne manquait plus que ce commerce pour “boucler la boucle”.


Mais entre l’idée et la mise en rayon, le chemin a parfois ressemblé à un parcours du combattant. « La première difficulté fut de bâtir et finaliser le plan de financement », confie la maire, évoquant la nécessité de faire converger de nombreux partenaires dans des délais serrés. Elle mentionne également « la seconde difficulté : trouver un gérant sérieux et sensible aux besoins du territoire rural ». Aujourd’hui, cette équation semble résolue, et la dynamique est lancée.

Un projet construit “brique après brique”

Le rayon boissons
D. Nallet DR

Dans les coulisses de cette réussite, les dispositifs publics ont joué un rôle déterminant. Le village, reconnu comme “village d’avenir” par l’ANCT, a bénéficié d’un accompagnement technique et financier important. « Depuis le lancement du projet, la commune s’est entourée de plusieurs partenaires », souligne l’élue, citant l’Europe, l’État, la Région, le Département, les intercommunalités et de nombreux acteurs techniques. Une construction collective qui donne aujourd’hui corps au commerce.

Et surtout, un lieu qui vit déjà. Pour David Nallet, responsable du commerce, le constat est simple : « le centre multi-services se compose de notre épicerie/supermarché et de la boulangerie du village ». Installé au 167 chemin d’Elizathia, le lieu est ouvert « du lundi au samedi, de 8h à 13h et de 16h à 19h ». Dès les premières semaines, il accueille « entre 100 et 200 clients par jour », un flux régulier mêlant habitants et marcheurs de Saint-Jacques-de-Compostelle. Le lieu est aussi un carrefour, les chemins se croisent ici avant de filer vers les Pyrénées.

Dans les rayons, l’offre se veut large et accessible. Le magasin propose « 3000 références au prix des grandes surfaces de Saint-Palais, Saint-Jean-Pied-de-Port et Mauléon », précise David Nallet. Mais l’ancrage local reste un axe fort : « 72 % des habitants souhaitaient acheter des produits locaux », rappelle-t-il. Une cinquantaine de producteurs alimentent déjà les étagères, et les partenariats continuent de se développer. Le commerce avance ainsi à deux vitesses : celle de la grande distribution et celle du terroir.

Le commerce, cœur battant du village

D. Nallet DR

Le lien avec le territoire ne s’arrête pas aux produits. Larceveau, avec ses trois écoles, constitue un véritable carrefour de vie. « C’est un centre névralgique pour les familles », insiste le responsable, soulignant que le commerce accompagne désormais les trajets du quotidien. Et déjà, une inauguration officielle est prévue le 6 juin, comme une mise en lumière d’un projet déjà bien vivant.

Dans cette vallée, le commerce n’a pas simplement rouvert une porte. Il a remis en circulation un morceau de vie quotidienne. Et comme le résume Christelle Caset-Urruty, avec une forme de lucidité collective : « les habitants s’y retrouvent avec plaisir, certains ne s’étaient pas revus depuis longtemps ». Une phrase qui dit tout : ici, on ne fait pas que des courses, on recroise aussi de la chaleur humaine.

COUP DE POUCE

Dans des territoires ruraux où les distances structurent autant le quotidien que les habitudes de vie, ce type d’initiative agit comme un véritable coup de pouce au sens propre du terme, à la fois économique, social et humain.

La réouverture ou la création d’un commerce de proximité réinstalle un point d’ancrage dans des zones parfois fragilisées par l’éloignement des équipements essentiels. En réduisant les kilomètres à parcourir pour accéder aux besoins du quotidien, ces lieux contribuent directement à desserrer la contrainte budgétaire des ménages, notamment dans un contexte où les coûts de transport et d’énergie pèsent de plus en plus lourd. C'est pour cela que David Nallet et son commerce multi-services méritent vraiment un coup de pouce de notre part. Comment ? N'hésitez pas à partager, cet article auprès de vos proches, sur les réseaux sociaux afin de mettre en lumière ce nouveau lieu de vie dont la portée va bien au-delà de cette dimension fonctionnelle. Ils recréent surtout des espaces de rencontre spontanée, où l’on se croise sans rendez-vous, où les échanges reprennent place entre voisins.

Dans ces zones dites reculées, le commerce redevient ainsi un repère social, mais aussi un levier de dynamisation locale, qui participe à maintenir des emplois, à soutenir les producteurs de proximité et à renforcer l’attractivité des villages.

Sébastien Soumagnas

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