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Uber Eats met les bouchées doubles dans les Landes

Après Tarbes et Mont-de-Marsan, le service de livraison de repas à domicile devrait être lancé à Dax à la fin du mois. Les recrutements de coursiers sont en cours…
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L’application créée par les fondateurs d’Uber est en train d’accélérer en France, où le paysage concurrentiel, certes encore vivace, tend à s’éclaircir. Chez nous, l’entreprise de San Francisco cherche désormais à damer le pion à son concurrent britannique Deliveroo, ouvertement soutenu par Amazon.

L’histoire de « l’uberisation » du portage de repas à domicile ressemble un peu à celle d’Highlander. C’est-à-dire qu’à la fin, il ne pourra sans doute en rester que quelques-uns. Et Uber Eats paraît bien décidé à en faire partie. D’Alès à Vierzon en passant par Cognac, Fréjus, Cambrai, Lisieux, Millau, Nevers ou Gap, Rodez, l’entreprise est actuellement en recherche active de coursiers dans plusieurs dizaines de villes, dont Dax, où sera lancé le service à la fin du mois.

Après Tarbes fin mars, puis Mont-de-Marsan, où Uber Eats tablait en avril sur une quinzaine de restaurants partenaires, c’est donc une nouvelle ville landaise qui bénéficiera bientôt du service. Tout comme Deliveroo, son principal concurrent sous nos latitudes, Uber Eats était jusque-là présent sur le BAB, Pau, Bordeaux et Toulouse.

En France, l’appli américaine de la « foodtech » serait déjà utilisable dans plus de 80 villes, et elle vise les 150 à 200 d’ici la fin de l’année, histoire de s’aligner sur la couverture territoriale proposée par Deliveroo, lequel vient encore de lever 575 millions de dollars auprès de plusieurs investisseurs, en tête desquels figure… Amazon, qui a manifestement choisi son camp dans la guerre sans merci que se mènent ces plateformes web de livraison de repas.

Une guerre à laquelle n’auront pas survécu des entreprises comme Take Eat Easy, Tok Tok Tok ou, tout récemment, la filiale française de l’allemand Foodora. Tant et si bien qu’on parle un peu partout d’un véritable « cimetière à startups »

Une guerre commerciale sans merci…

Pour les entreprises encore en lice, l’enjeu reste le même : survivre le plus longtemps possible à leur problème chronique de rentabilité. Car leur modèle économique ne paraît pas tenable en l’état actuel des choses. Traduction : il n’y aurait pas assez de place pour tous les acteurs présents sur ce marché (aujourd’hui estimé à 2,4 milliards d’euros dans l’Hexagone). La raison en serait simple : du fait de cette forte concurrence, la livraison d’un particulier en 30 minutes pour 3,50 € ne semble pas encore économiquement viable, pour ne pas dire qu’elle est un gouffre compte tenu des coûts supportés.

D’autant que les restaurateurs peuvent jouer sur cette même concurrence : il est en effet délicat d’imposer à ces derniers le versement de 30% de l’addition, car ils peuvent toujours aller voir ailleurs... Bref, ces entreprises de livraison ont besoin de peser davantage, tout en s’appuyant sur une plus large clientèle. Pour abaisser la facture, Uber Eats envisagerait même une formule de livraison par drone pour 2021. Pas sûr que tous les obstacles réglementaires soient levés d’ici là en Europe…

Mais la bascule est peut-être déjà en train de s’opérer, puisque ledit Uber Eats, qui enregistre une croissance à trois chiffres depuis plusieurs années (+500% en 2017), dit désormais tutoyer l’équilibre financier en France, où le service compterait 7.000 restaurants partenaires, pour une flotte de 10.000 coursiers.

À l’échelle mondiale, où il serait présent dans 250 villes (et rentable dans seulement 50 d’entre elles), Uber Eats générerait autour de 6 milliards de dollars de revenus bruts annuels. Derrière ce service, le géant Uber, qui a encore essuyé 3 milliards de dollars de pertes opérationnelles en 2018 (c’est tout de même un milliard de mieux qu’en 2017), est bien décidé à ne pas lâcher le morceau et à continuer d’investir dans ses programmes R&D, en dépit d’une concurrence également accrue sur son cœur de métier du VTC.

Pour en revenir à Uber Eats et à des villes comme Tarbes, Mont-de-Marsan ou Dax, il sera intéressant d’observer si la mayonnaise y prend, c’est-à-dire si les restaurateurs suivent et si la population, moins prompte peut-être à recourir à ce genre de service que dans les principales métropoles françaises, y trouvera son compte et y verra un réel plus au quotidien.

Plus d’informations sur le site internet – cliquez ici

 

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