Comme chaque année, le Festival international du film de Saint-Jean-de-Luz oriente son projecteur vers ceux qui cherchent encore leur place sur l’affiche. Créé en 2014, le rendez-vous luzien s’est construit autour d’une idée simple, qui est d'accompagner les premiers et deuxièmes films de fiction, longs comme courts métrages, et offrir une vitrine aux réalisateurs qui font leurs premiers pas dans le septième art.
Une vocation que défend avec enthousiasme son directeur artistique, Patrick Fabre : « Ils sont les représentants de ce cinéma d’avenir que nous défendons passionnément. » Du 3 au 9 octobre, la 13e édition réunira ainsi dix longs métrages internationaux, présentés en première française, et dix courts métrages en compétition.
Mais cette année, le festival veut également élargir son audience. Le choix d’ouvrir la manifestation un samedi n’est pas anodin. « Cette année le festival débutera un samedi, pour permettre à de nouveaux publics de le découvrir durant le week-end », explique Patrick Fabre.
Une volonté également revendiquée par Jean-François Irigoyen, maire de Saint-Jean-de-Luz. « Car un festival de cinéma ne prend tout son sens que lorsqu’il rassemble », souligne-t-il, évoquant une édition pensée « pour ouvrir encore davantage le festival et permettre à un public toujours plus large de vivre cette expérience ».
Une compétition aux multiples regards
Les jeunes réalisateurs ne seront donc pas les seuls à avoir leur mot à dire. Plusieurs jurys porteront leur regard sur les œuvres en compétition. Côté longs métrages, le jury professionnel remettra quatre récompenses : les prix d’interprétation féminine et masculine, le Prix de la mise en scène et le Grand Prix.
Pour les courts métrages, le palmarès distinguera aussi la mise en scène et le meilleur film, tandis qu’un Prix révélation, attribué avec l’ARDA (Association Française des Responsables de Distribution Artistique), mettra en lumière un jeune acteur ou une jeune actrice.
Le public et le Jury Jeunes auront également leur mot à dire. Ce dernier remettra un prix au court métrage et un autre au long métrage, avec, pour les lauréats, une aide à l’écriture de 2 500 euros pour le premier et de 10 000 euros pour le second. Les journalistes membres du Syndicat français de la critique de cinéma décerneront enfin leurs propres prix aux deux formats également.
Au-delà du palmarès, c’est bien la rencontre qui constitue l’un des marqueurs du festival. « Depuis sa création, le FIFSJDL se veut un festival affranchissant la barrière entre les professionnels et les spectateurs », rappelle Patrick Fabre. « Ce qui donne lieu à des échanges riches, que ce soit à l’issue des projections ou autour d’un verre au Sélect. »
Et cette année, ces échanges seront encore plus nombreux, autour notamment des rapports entre cinéma et société. Des films comme À l’amour de Djanis Bouzyani, En haut de la pile de Louis-Julien Petit ou Voyage au pays des blancs de Dani Sancho nourriront ces discussions.
Quand le cinéma sort de l’écran
Le festival ne restera d’ailleurs pas enfermé dans les salles obscures. Saint-Jean-de-Luz deviendra aussi un décor de cinéma. Le dimanche 4 octobre, l’orchestre de cuivres Donibaneko Haizeak interprétera les grandes musiques de films, à 11h30, place Louis XIV. Dans les rues, une exposition urbaine fera également entrer le cinéma dans le paysage luzien. Le Studio Harcourt et le studio photo Komcebo présenteront une sélection de clichés emblématiques consacrés à l’univers du septième art.
Les rencontres professionnelles et publiques seront également au générique. Mardi 6 octobre, une table ronde abordera les rapports entre les métiers de réalisateur et de scénariste, avec Enya Baroux, Frédéric Farrucci et Nicolas Maury. « Nous parlerons aussi, bien évidemment, de cinéma, avec toutes les équipes de films présentes, mais aussi lors d’une table ronde sur le métier de scénariste », précise Patrick Fabre.
Le lendemain, Zar Amir Ebrahimi, présidente du jury des longs métrages, échangera avec le public après la projection de son premier film comme réalisatrice et actrice, Tatami. Un rendez-vous forcément particulier pour le directeur artistique : « Nous évoquerons forcément la situation en Iran avec notre merveilleuse présidente, Zar Amir, après la projection de son film comme réalisatrice et actrice : Tatami. »
Le cinéma rencontrera aussi la littérature avec plusieurs dédicaces. Guillaume de Tonquédec présentera Ta mère et moi, tandis que Patrick Fabre viendra parler de son ouvrage consacré à Cédric Klapisch. Adèle Van Reeth et David Lopez seront ensuite au rendez-vous jeudi 8 octobre au cinéma Le Sélect.
Un nouveau chapitre « cinéma d’ici »
L’une des nouveautés de cette édition réside dans la création de la section « Cinéma d’ici ». Six courts métrages permettront de découvrir des réalisateurs et producteurs du Pays Basque et de Nouvelle-Aquitaine. « L’innovation, c’est aussi la création de la section Cinéma d’ici, une sélection de six courts-métrages pour découvrir et soutenir des talents du Pays Basque et de Nouvelle Aquitaine », explique Patrick Fabre.
Saint-Jean-de-Luz accueillera par ailleurs plusieurs films hors compétition de cinéastes déjà passés par le festival, parmi lesquels Malika de Mounia Meddour, Un détour par Diane Sirot et Raphaël Balboni, Le faux soir de Michaël R. Roskam ou Ni vue, ni connue de Marc Fitoussi, avec Isabelle Huppert et Sandrine Kiberlain.
Le festival ouvre également ses coulisses aux plus jeunes. À Ducontenia, les enfants de 6 à 10 ans pourront fabriquer leur propre thaumatrope, ce petit jouet optique qui crée une illusion de mouvement grâce à deux images mises en rotation. À la Médiathèque, un atelier storyboard invitera ensuite les familles dès 10 ans à passer du scénario à l’écran, en imaginant une scène, en choisissant les plans et en construisant une histoire en images.
Cette volonté de transmission s’inscrit dans une ambition plus large. « Le cinéma est aussi un langage universel. Il doit être accessible à chacun », estime Jean-François Irigoyen.
Le maire cite notamment une séance dédiée aux familles, le projet Moteur destiné aux 16-22 ans et une programmation consacrée au cinéma d’ici. « Cette année, nous avons souhaité aller à la rencontre de tous les publics », résume-t-il.
Une salle sans barrière
Cette ouverture concerne également les publics éloignés de la culture. En partenariat avec Sagardian, le Secours Catholique et le Service départemental des solidarités et de l’insertion, le festival offrira cette année des places de cinéma à des familles en situation de difficulté. Patrick Fabre en donne une illustration concrète : « Y compris les spectateurs les plus modestes en accueillant des familles en difficulté lors de la projection de Carmen l’oiseau rebelle de Sébastien Laudenbach. »
L’accessibilité est également renforcée pour les personnes malentendantes, avec des séances en salle 1 au format AURACAST, en collaboration avec le centre de correction auditive Audition Pédarregaix, et la mise à disposition de casques audio.
Le FIF présentera enfin le court métrage documentaire À l’amour de Djanis Bouzyani, avec Guillaume de Tonquédec et ses parents, une œuvre consacrée aux parcours de vie, aux émotions et aux liens humains.
Vous savez donc d'ores et déjà quoi faire du 3 au 9 octobre. Assister à la première, une semaine durant, à du septième art qui promet de ne pas rester dans son cadre.
Sébastien Soumagnas






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