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Hôtel du Palais à Biarritz : « L’affaire » hypermédiatisée est classée. Hélas, le mal est fait…

Comme nous l’avions souligné avant Noël, le « lynchage » médiatique du jeune chef étoilé Aurélien Largeau, à la suite d’un article publié par le journal Sud-Ouest, n’avait pas véritablement de fondement.
Hôtel du Palais à Biarritz : « L’affaire » hypermédiatisée est classée. Hélas, le mal est fait…
Le Parquet de Bayonne, qui avait été obligé de se saisir du dossier devant le tapage enclenché par cette publication, a décidé de le classer sans suite. Les accusations étaient graves. Au minimum, ceux qui les ont portées et amplifiées seraient bien avisés de présenter leurs excuses. Même si cela ne suffira pas à effacer le mal qui a été fait.

Ce lundi 8 janvier, le procureur de la République a confirmé que l’enquête préliminaire ouverte pour « agression sexuelle et violences » n’irait pas plus loin, faute d’infraction. Ainsi, les fausses révélations d’un « bizutage » scandaleux dans les cuisines du palace n’auraient donc été qu’un coup médiatique ? Très lourd de conséquences…

A la suite des auditions et investigation, le procureur a précisé : « il résulte qu’aucun acte de contrainte, d’agression sexuelle et de violence n’a été exercé de la part de quiconque parmi le personnel présent, et en particulier du chef de cuisine dont la responsabilité a été très largement pointée, en violation de la présomption d’innocence ».
 
Cette « blague entre amis » du 2 décembre dernier, à l’initiative d’un jeune commis pour marquer son départ de l’entreprise, aurait dû rester une péripétie interne à l’Hôtel du Palais. Au lieu de cela, elle a été montée en épingle, transformée en « bizutage » à caractère sexuel, humiliant pour la soi-disante « victime », et jetée en pâture sur la place publique.
 
Souhaitons, au moins, que ce « lynchage » médiatique, alimenté par des accusations classées sans suite par le Parquet, serve de leçon pour en éviter d’autres. Cela illustre la nécessité pour les médias d’être extrêmement exigeants sur leur responsabilité.

Aurélien Largeau a réagi vigoureusement

Dans la journée, le très brillant chef étoilé s’est exprimé sur son compte instagram, à la suite de la décision du Parquet. Laissons-lui la parole…
 
« Clap de fin d’une situation triste, cauchemardesque, humiliante et blessante. Pas seulement pour moi, mais également pour mes proches, ma famille, mes collaborateurs. Enquête ouverte, puis fermée presque aussitôt. Motif : absence d’infraction ».
 
« Toutes mes pensées vont vers Véronique F. @journalsudouest. Une belle avancée pour la profession journalistique pourtant si importante… Je n’oublie pas non plus de féliciter les 63 autres médias qui ont relayé ces fausses informations (…) » Le chef dénonce « le déferlement de haine qu’ont suscité les propos diffamatoires sur les réseaux sociaux ». Ajoutant : « On peut les applaudir. Des actions sont en cours, on s’en reparle ».
 
Aurélie Largeau épingle également la maire de Biarritz, Maider Arostéguy, ainsi que le groupe Hyatt gestionnaire de l’Hôtel du Palais. « Ce n’est par un emploi qui pâtit de cette histoire, mais plus d’une dizaine… »
 
« Allez qu’à cela ne tienne ! Des actions sont en cours. Pour ma part, je tourne la page. Fier d’avoir fait du mieux que je pouvais avec les moyens qu’on avait, grâce à des hommes et des femmes d’exception qui m’ont entouré durant ces 3 dernières années ».
 
« Il est grand temps maintenant de se projeter vers un projet plus personnel comme souhaité depuis plusieurs mois. Pour moi, mes valeurs, ma famille et mes proches ». Tous nos vœux accompagnent ce chef, considéré comme l’un des plus talentueux de la nouvelle génération.
 
Voilà donc qui devrait faire réfléchir. On mesure les conséquences graves pour les personnes concernées et leurs familles. Sans compter la mauvaise image ainsi véhiculée autour du palace et de la Ville de Biarritz.

Rappel des faits…

La tempête s’est déchaînée autour de l’Hôtel du Palais, après la publication par Sud-Ouest d’un article faisant état d’un « bizutage » humiliant dans les cuisines du palace. Selon ce journal, des images de la scène auraient été publiées sur les réseaux sociaux puis retirées. C’est ce « bizutage » qui aurait justifié le départ du chef étoilé Aurélien Largeau avant Noël.
 
Plusieurs médias nationaux se sont emparés immédiatement de ces affirmations et, du coup, le Parquet de Bayonne a été contraint d’ouvrir une enquête préliminaire pour « agression sexuelle et violences ».
 


Face à cette folie médiatique, Lucas, le jeune demi-chef de partie aux sauces et aux garnitures dans les cuisines, s’était confié à France Bleu Pays Basque. Il avait alors affirmé qu’il ne s’agissait pas d’un « bizutage », mais d’une « simple blague entre amis », à l’occasion de son départ (volontaire pour vivre une nouvelle expérience professionnelle) dans un autre établissement.
 


La radio avait précisé les propos du jeune homme qui s’étonnait de ne pas avoir été contacté par le journal Sud-Ouest : « Les seuls appels que j'ai, sont ceux de mon ancien chef, Aurélien Largeau, qui me demande comment je suis en train de vivre tout ça. On parle de moi avec une carotte dans le cul et une pomme dans la bouche, mais c'est faux ».
 


« Tout ce que je peux vous dire, c'est que je suis parti de mon plein gré et qu'une petite blague entre amis a pris des proportions médiatiques énormes ». Il ajoutait : « Partir de l'équipe est le pire choix que j'ai dû faire dans ma vie parce que ça a été le chef le plus exceptionnel que j'ai pu avoir dans ma carrière ».

De son côté, le chef étoilé Aurélien Largeau avait également réagi : « Je tiens à démentir formellement les allégations portées à mon encontre, par plusieurs médias, et à affirmer que les faits rapportés ne reflètent en rien la réalité ».
 
Il parlait d’une atteinte à son honneur par ceux « rapportant des faits mensongers et diffamatoires au sujet d’un prétendu bizutage humiliant d’un commis de cuisine ».

Aurélien Largeau condamnait « évidemment toute forme de maltraitance, bizutage ou humiliation au sein des brigades et plus largement, et jamais je ne m’associerai à de tels comportements ».
 


Le chef se disait alors « dévasté par les atteintes portées à mon image et mon honneur, allègrement relayées par des médias peu soucieux de la véracité des informations qu’ils diffusent ». Il soulignait que ses avocats organisaient sa défense pour « faire cesser la diffamation dont je suis victime ».

Commentaires (2)


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JEAN-MARC MELLIER
il y a 6 mois -
“Un marché est la combinaison des comportements de milliers de personnes répondant aux informations, à la désinformation et à leurs caprices.” Kenneth Chang Pour Madame le Maire de Biarritz et ces acolytes: "Au banquet de la corruption, l'or vaut plus que la foi". Toute cette engeance travaille dans le sens de Bernard MARIE. Mes pensées amicales pour Aurélien LARGEAU et mon soutien. Nous allons boycotter l'hôtel de Palais dorénavant. Ne resterons que les collabos !
CHRISTIAN GARRABOS
il y a 6 mois -
Cette affaire, scandaleusement traitée par les médias, n'est malheureusement qu'une parmi tant d'autres et qui montre les déviances de la presse actuelle ! Tout le monde n'est pas à mettre dans la même écuelle, mais constatons que beaucoup trop ne travaillent aujourd'hui qu'à partir "d'informations" du domaine "psycho-affectif" pour faire le "buzz" C'est à vomir ! Il est temps que la profession se ressaisisse et qu'elle fasse respecter la déontologie journalistique qui est la base même pour une information réelle, sincère, libre, vérifiée, authentique ! Il en va de notre liberté à tous !

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