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ICI ON PRODUIT LA VIELes clefs de l'éco : la dette ou les dettes

Comprendre les moteurs économiques de la vie locale, c’est aussi comprendre ce qui fait battre le cœur de nos organisations de production. La rubrique "ICI on produit la vie" rappelle quelques bases.
Le premier principe à retenir est que toute activité économique génère des dettes
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Chaque premier mercredi du mois, PresseLib' Pays Basque vous propose un décryptage simple, accessible et concret de notions que l’on croit parfois connaître, mais qui se révèlent souvent plus nuancées qu’il n’y paraît.
Les activités de production ont souvent aussi des dettes bancaires
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L’économie étant généralement une affaire de spécialistes, cette rubrique propose d’éclairer, avec simplicité et pédagogie, les mécanismes qui influencent notre quotidien comme celui des organisations qui produisent, transforment et animent notre territoire.

Sans jargon inutile, mais avec l’envie de rendre compréhensibles des notions souvent perçues comme complexes, nous ouvrons ici un espace d’explication et de vulgarisation. La thématique du mois couvre le concept de la ou des dettes auxquelles sont exposées nos entreprises.

Qu'est-ce que la dette ?

La dette désigne l’ensemble des dettes d’une entité, que ce soit un particulier, une entreprise, ou bien une administration.

Cet ensemble appelé « la dette » est constitué de beaucoup de dettes différentes : Dans le cas d’une entreprise, on parle de dettes fournisseurs, sociales, fiscales, bancaires, etc…

Le premier principe à retenir est que toute activité économique génère des dettes. Tout comme l’entreprise attend des paiements de ses clients (j’ai livré un produit aujourd’hui mais je serai payé en fin de mois seulement = mon client a une dette envers moi, il est mon débiteur), l’entreprise a aussi des dettes. Par exemple, elle paye ses salariés le 30 du mois seulement, alors qu’ils travaillent depuis le premier jour du mois = l’entreprise est en dette envers eux depuis le premier jour du mois. Etc.

Les activités de production ont souvent aussi des dettes bancaires : la banque leur a prêté de l’argent pour acheter une machine, une installation de production, un bâtiment. Et bien sûr, il faut rembourser la banque. Ces dettes là sont des dettes appelées de moyen ou long terme, car un investissement de production est en général important et l’entreprise a rarement les moyens de l’autofinancer, de le payer avec son argent propre au comptant. Elle fait donc un emprunt sur 7, 10, 15 ans et doit le rembourser tout comme le particulier qui a acheté une maison par le biais d’un emprunt a lui aussi une dette bancaire.

Il est tout à fait normal qu’une entreprise ait des dettes et toutes les entreprises en ont
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Car toutes les dettes sont appelées à être remboursées : Si je veux un partenaire bancaire de long terme, il faut que je lui rembourse l’argent qu’il me prête si je souhaite qu’il m’en prête à nouveau quand j’en aurai besoin.

Ici comme partout, le trop est l’ennemi du bien, et la pratique de gestion a depuis longtemps édicté des seuils d’endettement supportable, que l’entreprise pourra rembourser ; et donc des seuils ou l’entreprise se met en danger. Le danger est tout simplement que l’entreprise ne puisse pas rembourser ses dettes : elle est alors en difficulté.

Toute la maîtrise du dirigeant se trouve là : quel est le niveau de dette que l’entreprise peut supporter, dois-je investir dans ce matériel ou pas, de façon à rester compétitif sur le marché, sans être étranglé par des remboursements insupportables : on parle d’annuité de prêt ici.

A retenir donc...

D'abord, il est tout à fait normal qu’une entreprise ait des dettes et toutes les entreprises en ont. Ce n’est pas une honte ou une faute, c’est une nécessité de gestion.

Ensuite, une dette doit être remboursée.

Enfin, il n’y a pas de dette s’il n’y a pas de confiance en parallèle. L’entreprise qui ne rembourse pas ses dettes perd ses partenaires et n’a plus leur confiance… pour avoir ou continuer à avoir des dettes envers eux.

Ce principe vaut aussi pour le client de l’entreprise : Allez-vous lui livrer à nouveau vos produits s’il ne vous a pas payé ceux que vous lui avez livré le mois dernier, c’est-à-dire s’il ne vous a pas payé la dette qu’il vous doit ?   

Maintenant que c’est plus clair pour vous, une question : Quel dirigeant d’entreprise, qui avait donc des dettes, a anticipé la guerre du Golfe en 1990, la crise des subprimes en 2008, la Covid en 2020 ? Aucun ! Pourtant l’activité économique s’est arrêtée net, et la planète s’est mise en attente de jours meilleurs… Chacun a alors dû solliciter la confiance de ses partenaires pour pouvoir justement étaler des remboursements de dette, et ainsi tenir parole. 

Comprendre la logique des dettes, c’est mieux saisir les dynamiques qui traversent notre économie locale. Car derrière chaque entreprise, chaque atelier, chaque acteur du territoire, il existe des engagements, des investissements, des partenariats qui rendent possible la production de biens, de services et, au fond, de vitalité économique.

Savoir comment une dette naît, comment elle se rembourse et ce qu’elle permet d’anticiper, c’est aussi percevoir la fragilité ou la solidité de nos structures face aux impondérables, et aussi mesurer la confiance qui circule en permanence entre les acteurs locaux.

Une image...

Une entreprise, c’est un peu comme un organisme qui respire grâce à un réseau de poumons partagés : ses dettes sont l’air qu’elle emprunte pour avancer, ses remboursements sont l’air qu’elle rend pour continuer à inspirer confiance.

Tant que la circulation est fluide, le territoire vit, évolue et se renforce. Quand elle se bloque, c’est l’ensemble qui s’essouffle.

Parce qu’ici, produire la vie, c’est aussi comprendre comment elle se finance.

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