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AMBASSADEURSAL Création, les escaliers sur mesure qui montent, qui montent…

À Bordères-sur-l’Echez, Didier Lapeyrade vient de racheter l’entreprise JM Cochard où il avait travaillé il y a trente ans, après une ascension parfois semée d’embûches qu’il a fallu vaillamment surmonter.
Facade de la société Al escalier création de Bordères-sur-l'Échez
Comment devient-on spécialiste en escaliers ? « On fait une formation d’escaliéteur » répond tout simplement Didier Lapeyrade en souriant. Avant d’ajouter « Sauf qu’il n’y a plus d’école qui forme. C’est dommage, on aurait bien besoin de jeunes aujourd’hui… ».

Pour ce fils d’artisan menuisier installé à Labatut-Rivière, la voie semblait toute tracée au départ. Elle a juste nécessité quelques ajustements en cours de route. Tout jeune, Didier met le pied à l’étrier – ou sur la première marche devrait-on dire -  dans l’entreprise familiale qui fabrique déjà quelques escaliers. Son CAP en poche, un petit tour vers la réalisation de portes d’entrée lui fait vite comprendre que cela ne lui convient pas.

« Je me suis rendu compte que la menuiserie ne me plaisait pas, et que je n’avais qu’une envie : faire des escaliers. Après mon service militaire, j’ai rejoint mon père à l’atelier, jusqu’à la crise de 1991. C’est alors qu’il m’a annoncé qu’il ne pouvait pas me garder, qu’il fallait que je trouve une autre entreprise ».

Ce sera celle de Jean-Michel Cochard, alors basée à Séméac, qui lui permettra rapidement et pendant neuf ans de gravir les marches, lui qui a déjà de l’expérience et le cœur à l’ouvrage dans cette société spécialisée dans les escaliers.  

« En 2000, mon père a voulu prendre sa retraite. Il m’a demandé ce que l’on allait faire de son atelier. J’avais une bonne place, mais c’était trop dur de laisser partir tout ce matériel. J’ai donc décidé de m’installer fin 2000, et j’ai travaillé seul pendant deux ans. Le plus difficile a été de me mettre à l’informatique ; heureusement, ma mère, qui était secrétaire de mairie, m’a aidé à me former pour gérer mon entreprise. J’avais la chance à l’époque d’apprendre très vite ! ».

 Il faut être vendeur, fabricant, gestionnaire, poseur, comptable… et passionné.

Se retrouver seul face à Cochard, qui employait alors onze salariés, n’était pas une mince affaire. Pas plus que de convaincre son banquier – il y a plus de vingt ans - de la nécessité d’un emprunt pour acheter un logiciel de dessin. Mais Didier finit par obtenir le prêt, et à partir de là, AL Création prend son envol. Tellement vite et bien qu’il devient nécessaire de s’associer pour acheter une commande numérique. « Ce n’était pas possible tout seul, il aurait fallu hypothéquer ma maison ».

C’est à Miélan, auprès d’un autre escaliéteur, que l’entreprise se développera jusqu’à atteindre onze salariés, devenant concurrente directe de Cochard. Jusqu’à la nouvelle crise de 2008. « J’ai dit : plutôt que de taper sur les salariés, on va sortir un gérant, moi, ou mon associé. Finalement, il m’a loué le bâtiment, et j’ai conservé mon poste de gérant. Mais de 2010 à 2014, j’ai démonté au fur et à mesure ma petite entreprise, pour la réinstaller dans mes locaux personnels, à Labatut-Rivière. On est redescendu à 5 employés, puis 4, 3 et 2. Petit à petit, j’ai réussi à remonter la pente, et me constituer un capital. Entretemps, l’entreprise Cochard avait connu deux dépôts de bilan ; le deuxième lui a été fatidique. C’est alors que mon ancien employeur m’a proposé de reprendre son bâtiment à Bordères-sur-l’Echez, en 2021. Comme j’avais embauché mon fils, et que nous commencions à être un peu à l’étroit à Labatut, j’ai accepté ».

J’aimerais… former des jeunes à ce métier en voie de disparition 

Désormais seul fabricant exclusif d’escaliers sur les Hautes-Pyrénées et Pau, l’entreprise propose à ses clients de découvrir quelques-unes de ses créations au show-room de Lée, ou directement à son atelier de Bordères.

« Nous sommes obligés d’avoir de multiples facettes face aux industriels ; il faut être vendeur, fabricant, gestionnaire, poseur, comptable… et passionné. C’est très difficile aujourd’hui de trouver de la main-d’œuvre, même parmi les compagnons. Mais j’aimerais, en relation avec la CCI et la Chambre de l’Artisanat, former des jeunes à ce métier en voie de disparition. En tout cas, j’incite les écoles à venir visiter un atelier comme le mien ».

Et à prendre une belle leçon de courage et de persévérance par la même occasion…

AL Création

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