Abonnez-vous
Publié le

LES CLEFS DE L’ÉCOEt si on parlait des patrons ?

Comprendre les moteurs et les rouages économiques de la vie locale, c’est aussi comprendre ce qui fait battre le cœur de nos organisations de production. La rubrique de PresseLib’ Pays Basque, "ICI, ON PRODUIT LA VIE" reprend pour vous quelques bases.
La famille Devoucoux, à la tête de l'entreprise de maroquinerie Erro
Erro DR
Chaque premier mercredi du mois, nous vous proposons ainsi un décryptage simple, accessible et concret de notions que l’on croit parfois connaître, mais qui se révèlent souvent plus nuancées qu’il n’y paraît.

Et si on parlait aujourd’hui des patrons… de celui de Total ? ou de celui de Peugeot ? Ben, oui, les patrons d'entreprises, c'est tous les mêmes non ?  Voilà un raccourci bien français de mettre tout le monde dans le même sac des entreprises du CAC 40 !

La caricature, car c'en est une, veut que, avec ces 40 patrons de ces 40 entreprises, on mette dans ce même sac, les 3,8 millions de patronnes et patrons des autres sociétés françaises de toutes tailles. 

On ne parle pas ici de l'intérêt de ces multinationales pour notre pays, et il est évident qu'il nous faudrait plus de "majors" de ce type pour notre souveraineté industrielle. 

Un peu de pédagogie, voire de raison est nécessaire pour sortir de cet amalgame mortifère pour tous les "petits patrons" qui ne se reconnaissent pas dans l'image renvoyée par leurs grands homonymes. 

CAC 40 : des dirigeants… mais pas des propriétaires

Hubert Candelé, fondateur de Bastidarra
Bastidarra DR

L'objet ici est de différencier les "patrons " qui se retrouvent dans le même sac. Car des différences il y en a, et elles sont majeures. On devrait même inventer un nom nouveau pour marquer l'écart qui existe entre le patron de l'entreprise de fabrication de charcuterie de Mauléon ou d'Hasparren et le patron de Total qui est sous le feu des projecteurs actuellement.  
D'abord, au CAC 40, absolument aucun des dirigeants n'est le propriétaire de son entreprise. Tous les grands patrons sont des salariés d'une entreprise qui ne leur appartient tout simplement pas.  

Oui, avec de grandes responsabilités, bien payés, avec des avantages conséquents mais… salariés.  Tout simplement ces entreprises appartiennent à des actionnaires, qui détiennent chacun une partie du capital de ces entreprises, mais ils ne la dirigent pas.

La Bourse, par exemple, permet à tout un chacun d'être actionnaire de Orange ou EDF sans en être le patron. De fait, il faut un cadre dirigeant pour diriger ces sociétés et ce sont ces fameux patrons du CAC 40. Et donc on recrute un cadre ayant souvent fait une des grandes écoles de la République comme HEC, Polytechnique ou Mines pour diriger ces grandes entreprises. Ils sont aux commandes, mais sont donc des cadres dirigeants.. et seulement des cadres dirigeants.

Oui, seulement. Car le patron de l'entreprise de charcuterie et les 30 salariés qu'il emploie, c'est bien autre chose.

Le “petit patron” : un entrepreneur qui joue sa peau

La famille Loyatho à la tête de la Ferme Elizaldia

Ce patron-là a engagé ses économies personnelles pour créer son activité, son emploi... et les emplois qui suivent quand son activité progresse. Et comme nous l’avons vu le mois dernier en parlant du financement de l'entreprise, le banquier qu'il a sollicité pour le prêt bancaire nécessaire à l’acquisition de l’outil de production, lui a fait signer une caution personnelle en garantie de ce prêt.

Thomas et Jacques Battiston, co-gérants d'Uzitek à Hendaye
Uzitek DR

En France, qui signe donc une caution personnelle pour créer son emploi et celui de ses collaborateurs ? Ce sont tous les créateurs d'activité économique. Quant au dirigeant (et pas patron) de Total ou Michelin, hé bien, lui ne signe pas non plus de caution personnelle.

Mais ce n'est pas tout ! Car quand, pour une raison ou pour une autre, l'entreprise à des soucis économiques, voilà que le banquier vient demander son dû à celui qui lui a signé la caution personnelle.

Encore mieux, quand l'entreprise est liquidée pour une raison quelconque, le patron se retrouve au chômage... sans droit aux indemnités chômage, car il était « dirigeant ». Mais contrairement au dirigeant de la grande entreprise, le niveau de son salaire était largement moins élevé et il se trouvera vite en grande difficulté personnelle.

Bien sûr, les patrons qui réussissent à faire durer leur entreprise sont plus nombreux que ceux qui sont en échec et c'est tant mieux pour eux, mais aussi pour les emplois et pour le bassin de vie.

La famille Carriat développe les tanneries éponymes à Espelette

En conclusion, quand nous croisons une ou un entrepreneur, un "petit patron " comme on dit, plutôt que d'être jaloux de sa réussite, ou bien de penser qu'il a un statut identique au cadre dirigeant du CAC 40, remercions-le de son engagement personnel au service du collectif, des salariés et du territoire.

Oui remercions les "petits patrons" que nous connaissons, car ils constituent une population bien à part dans l’économie française, celle capable de prendre des risques personnels importants pour leur bien, mais aussi pour le bien de tous.

ICI, on produit la vie

Chaque mercredi, au minimum, vous retrouverez cette rubrique : un rendez-vous inédit pour défendre les métiers de production. Des témoignages, des reportages, des interviews, des dossiers permettront de porter cette CAUSE majeure, pour la faire avancer.

Pour découvrir, les articles déjà publiés dans cette rubrique, cliquez ici

Au sommaire d'Ici, on produit la vie

  • Un rendez-vous hebdomadaire inédit pour défendre les métiers de production

  • Artzainak à Mauléon : les bergers d’une production indépendante

  • La Ferme Elizaldia : au cœur de Gamarthe, l’agro-pépite se bâtit de génération en génération

  • Créer une nouvelle dynamique autour de la fierté « industrielle »

  • Boulangerie du Moulin à Mauléon

  • Lynxter façonne l'avenir en 3D

  • L’IzarFamily invente une dimension humaine pour les télécoms et le numérique

  • Erro, quand la maroquinerie fait vivre un atelier, un village, un pays

  • Alki : des racines et des ailes

  • Itsalga, quand la mer nourrit la terre

  • Tannerie Carriat : le cuir solide et la créativité éclatante

  • SEI, le numérique made in Pays basque

  • Resak : le design naît du recyclé

  • Arsène, l’espadrille retrouve ses pas à Mauléon

  • Du garage à la pasta factory : la success story d’Irina

  • La maison Pascal Massonde cultive le goût de ses terres

  • Egiazki, la jeunesse basque qui entreprend ici

  • Antoine Maury et Zanzibar, à contre-courant des délocalisations

  • Port de Bayonne : quand l’industrie navigue vers le futur

  • BiPiA, quand l’artisanat nourrit l’économie basque

  • Comment le CETIA fait entrer le textile en économie circulaire

  • BioclimaKit, quand le compost fait repousser l'idée de produire localement

  • Kollect Tech transforme les toilettes en filière d’avenir

  • Le Béret Français : du fil au produit fini, du geste à l’avenir

  • Synelis et Olivier Neys au cœur des réseaux essentiels

  • Montrer, transmettre, fabriquer et... donner du sens

  • Epta fabrique à Hendaye des vitrines réfrigérées pour le monde entier

  • Quand l’océan inspire un projet industriel porteur de sens

  • Sokoa, l’industrie basque qui mise sur l’humain et le territoire

  • Uzitek, quand la mécanique de précision fait tourner les fabrications locales

  • Ainciart Bergara, gardiens d’un savoir-faire unique et vivant

  • Maison Laffargue : le cuir dans la peau, la transmission dans les mains

  • Bastidarra : quand produire local devient un acte engagé

  • Goicoechea : de la terre au territoire, une fabrique de vie

  • La laine reprend du poil de la bête avec Traille

Les clefs de l'éco

  • Chiffre d’affaires ou bénéfice ?

  • La dette ou les dettes

  • L’investissement c’est quoi ? Et à quoi ça sert ?

  • Le besoin de financement d’une entreprise

Un défi majeur à relever ensemble…



Plus nombreux qu’on ne le pense, ceux qui produisent au Pays Basque montrent la voie. On pense souvent à quelques fleurons industriels, à des grands groupes, mais une multitude de femmes et d’hommes font partie de l’aventure production, avec des structures de toutes tailles. Les petits ruisseaux font les grandes rivières.



Tous méritent d’être encouragés.

A travers cette rubrique « ICI, on produit la vie », PresseLib’ veut animer une communauté, en favorisant des solidarités, en encourageant la partage d’expériences, en incitant aux transmissions, en faisant bouger les lignes, en faisant émerger des solutions nouvelles… Bref, en créant une dynamique inédite.

Participez !


Ce nouveau rendez-vous est celui d’une communauté, engagée pour défendre et valoriser les emplois de production. 

Rejoignez le mouvement !



Vous êtes un acteur de la production locale ? Faîtes-vous connaître en envoyant un message à redaction@presselib.com

Commentaires


Réagissez à cet article

Vous devez être connecté(e) pour poster un commentaire

À lire aussi