Et si on parlait aujourd’hui des patrons… de celui de Total ? ou de celui de Peugeot ? Ben, oui, les patrons d'entreprises, c'est tous les mêmes non ? Voilà un raccourci bien français de mettre tout le monde dans le même sac des entreprises du CAC 40 !
La caricature, car c'en est une, veut que, avec ces 40 patrons de ces 40 entreprises, on mette dans ce même sac, les 3,8 millions de patronnes et patrons des autres sociétés françaises de toutes tailles.
On ne parle pas ici de l'intérêt de ces multinationales pour notre pays, et il est évident qu'il nous faudrait plus de "majors" de ce type pour notre souveraineté industrielle.
Un peu de pédagogie, voire de raison est nécessaire pour sortir de cet amalgame mortifère pour tous les "petits patrons" qui ne se reconnaissent pas dans l'image renvoyée par leurs grands homonymes.
CAC 40 : des dirigeants… mais pas des propriétaires
L'objet ici est de différencier les "patrons " qui se retrouvent dans le même sac. Car des différences il y en a, et elles sont majeures. On devrait même inventer un nom nouveau pour marquer l'écart qui existe entre le patron de l'entreprise de fabrication de charcuterie de Mauléon ou d'Hasparren et le patron de Total qui est sous le feu des projecteurs actuellement.
D'abord, au CAC 40, absolument aucun des dirigeants n'est le propriétaire de son entreprise. Tous les grands patrons sont des salariés d'une entreprise qui ne leur appartient tout simplement pas.
Oui, avec de grandes responsabilités, bien payés, avec des avantages conséquents mais… salariés. Tout simplement ces entreprises appartiennent à des actionnaires, qui détiennent chacun une partie du capital de ces entreprises, mais ils ne la dirigent pas.
La Bourse, par exemple, permet à tout un chacun d'être actionnaire de Orange ou EDF sans en être le patron. De fait, il faut un cadre dirigeant pour diriger ces sociétés et ce sont ces fameux patrons du CAC 40. Et donc on recrute un cadre ayant souvent fait une des grandes écoles de la République comme HEC, Polytechnique ou Mines pour diriger ces grandes entreprises. Ils sont aux commandes, mais sont donc des cadres dirigeants.. et seulement des cadres dirigeants.
Oui, seulement. Car le patron de l'entreprise de charcuterie et les 30 salariés qu'il emploie, c'est bien autre chose.
Le “petit patron” : un entrepreneur qui joue sa peau
Ce patron-là a engagé ses économies personnelles pour créer son activité, son emploi... et les emplois qui suivent quand son activité progresse. Et comme nous l’avons vu le mois dernier en parlant du financement de l'entreprise, le banquier qu'il a sollicité pour le prêt bancaire nécessaire à l’acquisition de l’outil de production, lui a fait signer une caution personnelle en garantie de ce prêt.
En France, qui signe donc une caution personnelle pour créer son emploi et celui de ses collaborateurs ? Ce sont tous les créateurs d'activité économique. Quant au dirigeant (et pas patron) de Total ou Michelin, hé bien, lui ne signe pas non plus de caution personnelle.
Mais ce n'est pas tout ! Car quand, pour une raison ou pour une autre, l'entreprise à des soucis économiques, voilà que le banquier vient demander son dû à celui qui lui a signé la caution personnelle.
Encore mieux, quand l'entreprise est liquidée pour une raison quelconque, le patron se retrouve au chômage... sans droit aux indemnités chômage, car il était « dirigeant ». Mais contrairement au dirigeant de la grande entreprise, le niveau de son salaire était largement moins élevé et il se trouvera vite en grande difficulté personnelle.
Bien sûr, les patrons qui réussissent à faire durer leur entreprise sont plus nombreux que ceux qui sont en échec et c'est tant mieux pour eux, mais aussi pour les emplois et pour le bassin de vie.
En conclusion, quand nous croisons une ou un entrepreneur, un "petit patron " comme on dit, plutôt que d'être jaloux de sa réussite, ou bien de penser qu'il a un statut identique au cadre dirigeant du CAC 40, remercions-le de son engagement personnel au service du collectif, des salariés et du territoire.
Oui remercions les "petits patrons" que nous connaissons, car ils constituent une population bien à part dans l’économie française, celle capable de prendre des risques personnels importants pour leur bien, mais aussi pour le bien de tous.
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