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Publié le Mis à jour le

Les Viviers béarnais privilégient l'alimentation végétale

Les deux piscicultures de Sarrance et Rébénacq sont très impliquées dans la recherche et le développement de solutions innovantes, grâce au soutien de plusieurs partenaires.
Yoann Cachelou et Frédéric Cachelou, fils et père à la tête de l'entreprise Viviers.
Pour les trois prochaines années, la société Viviers, en partenariat avec l'INRAe, et avec l'aide financière de la Région, concentrera ses activités de Recherche et Développement (R&D) autour de l'alimentation de ses truites.

L'idée est d'augmenter la part de produits végétaux dans les aliments et de garantir une grande qualité des œufs.

« Il y a une vingtaine d'années, nous nourrissions les poissons avec des croquettes à base de poisson. Mais le rendement était négatif. Pour nourrir un kilo de truite, nous devions pêcher plusieurs kilos en mer. Alors nous avons travaillé sur la substitution, en intégrant des produits végétaux », commence Frédéric Cachelou, co-gérant des Viviers de Sarrance et de Rébénacq.

« Dans la production classique, 75% des produits sont d'origine végétale. Pour la reproduction et l'alimentation des jeunes poissons, ce n'est pas encore le cas. C'est en partie en ce sens que nous souhaitons travailler. L'autre partie consistera à améliorer la qualité des œufs grâce à l'alimentation de leurs parents : des œufs plus robustes, plus efficaces, meilleurs pour les éleveurs, etc. »

Pour ce faire, la société Viviers s'est offert les services d'une chercheuse précédemment à l'INRAe. « Depuis 2018 nous travaillons avec ce laboratoire situé à Saint-Pée-sur-Nivelle. Nous avions réalisé deux programmes d'une année chacun. Là le projet sera plus ambitieux puisqu'il s'étalera sur trois ans. L'idée sera d'améliorer les premières recherches et les résultats que nous avions obtenu ».

Et pour amortir les dépenses liées à cette embauche, la facturation des services de l'INRAe, et les charges en interne, c'est la Région qui intervient. « Heureusement qu'il y a cette aide. Vous savez, nous ne sommes que deux PME. On peut difficilement lancer un aussi gros projet, aussi ambitieux, sans l'aide de la Région. On en est très reconnaissant ».

L'innovation et la R&D comme moteur

« C'est essentiel à notre métier », continue Frédéric Cachelou. Et c'est vrai que pour un secteur d'activité aussi précis que celui de la reproduction de truites pour la commercialisation d’œufs, il est important de toujours rester à la page.

« Dans le monde, nous avons une dizaine de concurrents. Alors ça ne paraît pas énorme, mais c'est un marché très concurrentiel, car les éleveurs veulent forcément les meilleurs œufs possibles. C'est à nous de réussir à les leur fournir ».

Entendez par là que les Viviers de Sarrance et de Rébénacq cherchent à proposer des œufs qui ne sont pas seulement beaux. « Il y a aussi tout un côté technique. Le client va vouloir que le taux de perte à l'élevage soit le plus réduit possible, il va avoir envie de connaître la vitesse d'élevage des truites, etc. Pour savoir tout ça, il faut de la recherche. Et pour améliorer ces données, il faut du développement ».

La R&D de la société Viviers s'oriente autour de plusieurs axes donc. Les deux premiers, que l'on a évoqué, sont l'alimentation et la sélection génétique. Il y en a deux autres : la gestion sanitaire et la gestion environnementale.

« Nous exportons 75% de notre production. Nous devons donc assurer une qualité sanitaire irréprochable. Il n'est pas question d'envoyer des maladies avec nos œufs. Toute cette gestion sanitaire implique donc de la recherche et du développement pour tendre vers des produits les plus propres possible ».

Et il en va de même pour l'environnement, puisque les Viviers de Sarrance et de Rébénacq, bien que très peu polluant, cherchent constamment à réduire le peu d'impact qu'ils ont sur l'environnement. « Nos déchets sont biodégradables. Ce sont surtout des déchets organiques. Ce que nous souhaitons encore plus développer, c'est l'utilisation de produits biodégradables ».

Ce qui est certain, c'est que la société Viviers ne s'arrêtera pas à ces trois années de recherches. « C'est une démarche qui se renouvelle constamment. La recherche ne s'arrête jamais. D'autres questions vont naître suite à notre étude, donc nous allons essayer d'y répondre, etc. La seule question sera celle des financements », conclut Frédéric Cachelou.

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