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Le plus gros méthaniseur de France se trouve à Mourenx

La nouvelle unité de méthanisation BioBéarn, pilotée par TotalEnergies, doit être mise en service ce mois-ci sur le bassin industriel de Lacq.
Vue aérienne de la nouvelle unité de méthanisation, la plus grande de France, à Mourenx.
L'unité de méthanisation BioBéarn, sur le bassin de Lacq.
DR TotalEnergies
Il s’agit de la 18e unité de production de biogaz gérée par le groupe français. Le renouveau industriel du bassin de Lacq est assuré : en dix ans, il a retrouvé son niveau d’emploi de la grande époque de l’extraction gazière grâce aux nouvelles énergies et à la chimie verte.

Plus de 200 agriculteurs et industriels agroalimentaires, riverains, représentants locaux et élus ont travaillé sur ce projet, initié en 2016. Mais, il n’a pu se concrétiser qu’après la reprise des activités de Fonroche Biogaz par TotalEnergies Biogaz, en 2021. Une nouvelle stratégie qui a pour un objectif de produire d’ici 2030, 20 TWh (térawatt-heure) de biogaz.

Aujourd’hui, le plus important méthaniseur du Grand Sud-Ouest est prêt à produire en 2023, environ 70 gigawatt-heures (GWh), puis montera progressivement en puissance jusqu’à une capacité maximale de 160 GWh. Soit l'équivalent de la consommation annuelle moyenne de 32 000 habitants. Cette nouvelle unité de méthanisation se compose de trois digesteurs (de 95 000 m³ chacun).

Alimenté en déchets organiques, BioBéarn a commencé à injecter, dans le réseau de transport de gaz naturel opéré par Téréga, ses premiers mètres cubes de biométhane, un gaz à la fois renouvelable, décarboné et produit localement.

Un circuit court vertueux

Cette nouvelle unité permet plus particulièrement au bassin de Lacq, historiquement tourné vers les activités gazières, de poursuivre sa stratégie de croissance locale et durable, permettant d'éviter l'émission de 32 000 tonnes de CO2 par an.

À terme, BioBéarn utilisera plus de 220 000 tonnes/an de matières organiques provenant d'activités agricoles et de l'industrie agroalimentaire du territoire. Celle-ci restera entre 40 et 50 jours dans des cuves et sera chauffée entre 40 et 42 degrés pour produire du biométhane.

« L’unité fonctionne grâce à la récupération de coproduits agricoles ou de déchets d’abattoirs, en collaboration avec le Groupe Euralis. En retour, les agriculteurs vont bénéficier du digestat de l’usine, pouvant se substituer aux engrais chimiques », précise Patrice Bernos, le directeur de Chemparc, un Groupement d’intérêt public qui a pour objectif de contribuer à la vitalisation économique du Bassin industriel de Lacq.

En effet, en plus du biogaz, près de 200 000 tonnes/an de digestat, résidu de la méthanisation, seront revalorisées en fertilisant naturel sur des parcelles agricoles cultivées dans un rayon de 50 km autour de l'unité. Ce digestat engendrera une réduction de près de 5.000 tonnes d'engrais chimique.

Noémie Besnard

Lire notre article : Pierre Nerguararian : « Le bassin de Lacq dans une autre dimension »

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