Cette Académie sera basée dans ce village au cœur de l’Astarac, où il a inauguré sa plaza en 2016. Au lieu-dit Narbonne, il compte enseigner « une autre philosophie de la pique, y apporter une dimension artistique afin de tirer la profession vers le haut. »
Il faut dire que les picadors subissent le plus souvent de terribles broncas dans les arènes, parfois avant même de se retrouver face au toro. Leur mission est mal connue et pourtant elle est fondamentale. Il s’agit avant tout de tester la bravoure du toro, de révéler sa noblesse et sa combativité au contact de la pique. L’enjeu est aussi de préparer le tercio de muleta qui suit.
L’amour du cheval de combat
C’est comme combattant à pied qu’Alain Bonijol a fait ses débuts dans l’arène, d’abord dans des ferrades, des courses de taureaux emboulés ou lors de capeas.
À vingt ans, en 1974 à Vic-Fezensac, il saute le pas dans une novillada sans chevaux. A ses côtés, on trouve Alain Montcouquiol « Nimeño I », qui a signé en 2014 la préface de son livre « Tercio de vérité ». Il termine ce parcours à Las Ventas à Madrid en 1986, après une blessure grave.
Quatre ans plus tard, il se reconvertit comme dresseur, s’établissant au Mas des Pointes, à Franquevaux, en Camargue, puis également à Laas, dans le Gers. Car ce qui le passionne, c’est le cheval.
Si sur toutes les plazas d’Espagne, de France ou d’Amérique, le picador est le mal aimé, le seul qui se fasse huer dès le paseo, qu’en est-il de son cheval ? Camouflé derrière sa carapace, est-il un acteur rétif, un mur, ou au contraire un combattant parfaitement préparé à recevoir l’assaut ?
C’est à l’amélioration de sa condition que Bonijol s’est voué, avec la fabrication de protections (carapaçon ou peto). Ces armures, il les conçoit avec des matériaux servant à la fabrication des gilets anti-balles.
Quant aux chevaux, il les veut toreros, de plus en plus légers, maniables, les faisant passer de 800 à 600 kilos, afin de faire diminuer le nombre de piques données, que le public n’apprécie guère, bien qu’elles soient indispensables avant la faena.
C’est l’histoire de sa passion qu’Alain Bonijol a raconté dans son ouvrage, « Tercio de vérité » (Editions Au diable vauvert, 2014). Il donne sa conception du spectacle, en s’interrogeant sur l’avenir de sa profession, lui qui a bousculé les usages et est reconnu comme l’un des acteurs majeurs des ferias, de Mont-de-Marsan à Salamanque.
A suivre sur la page Facebook de la Cuadra Bonijol.






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