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Publié le

CEUX QUI FONT NOTRE PAYSFabien Cotteaux transforme l’opportunité en aventure humaine

À 53 ans, ce fonceur tranquille a su bâtir un fleuron technologique dans le domaine de la santé sans jamais renier ses racines ou ses valeurs.
Fabien Cotteaux, le fondateur et directeur de l'entreprise Eove, à Pau.N.B
Il y a des parcours qui se dessinent dans le secret des garages, entre deux coups de tournevis et une conviction profonde.

Fabien Cotteaux incarne cette réussite béarnaise faite d’audace et de pragmatisme. De ses prototypes artisanaux à la direction d’une structure de 100 salariés, ce Palois pur souche a su tracer sa route avec comme unique boussole : l'opportunité.

Tout commence par un hasard de fin d'études. Fabien, ingénieur électronicien de formation, pousse la porte d'une entreprise de matériel médical spécialisé.

Ce qui ne devait être qu'une visite se transforme en révélation et le début d'une aventure : « C’est durant la visite de l’entreprise que je me suis découvert une véritable passion pour ce domaine hyper attachant, l’affect entre forcément en jeu. Ce fût un véritable déclic ! ».

Si la passion pour le matériel médical a été immédiate, l'envie d'entreprendre, elle, a mûri sous la pression des circonstances. Fabien avoue lui-même ne pas avoir vraiment « l’âme d’un entrepreneur ».

C’est finalement un événement extérieur qui va bousculer ce parcours tracé : le rachat de son employeur par une firme internationale. Face au risque de voir ce savoir-faire local unique « pillé », l'ingénieur décide de prendre son destin en main, en se transformant en bâtisseur.

Les débuts rappellent les sagas de la Silicon Valley : en 2014, c’est dans le garage d’un ami qu’il met au point son premier prototype d’appareil médico-chirurgical innovant.

N.B

Humilité et pragmatisme

À l'époque, le pari est fou : depuis son petit bureau de la technopole Hélioparc, Fabien s'attaque seul à un marché dominé essentiellement par des multinationales comme Philips ou ResMed.

Face à ces géants, son arme ne réside pas dans la taille de ses locaux, mais dans son produit : une solution innovante et hyper connectée, dotée de fonctionnalités alors totalement absentes du marché.

« C’était un projet hyper risqué, car j’étais le Petit Poucet face à de grands groupes. Mais à partir du moment où on a une idée, presque simple, que l’on pense bonne et qu’on la pousse au bout, je suis convaincu que ça peut marcher ».

Rapidement, l’entreprise grandit et se retrouve en situation d’« hyper croissance ». Afin de lui donner les moyens de ses ambitions, Fabien a fait le choix stratégique et assumé, en 2018, de s'adosser à un grand groupe industriel français.

Une impulsion qui a porté ses fruits en permettant à la structure de changer d'échelle tout en restant ancrée sur son territoire. Aujourd’hui, le succès est tangible : l’entreprise occupe un bâtiment 1 500m², a vu ses effectifs bondir de 10 à 100 collaborateurs, partagés entre Pau et Paris, et peut fièrement observer l’utilisation de ses appareils médicaux aux quatre coins du monde.

Malgré ce changement de dimension, celui qui est toujours aux manettes en tant que Directeur Général est resté fidèle à lui-même. Ses valeurs cardinales — humilité, simplicité, confiance, pragmatisme et bienveillance — irriguent son management au quotidien. Ici, la règle d'or est la sérénité : pas de pression inutile.

En cas de pépin, le refrain est immuable : « Ce n’est pas grave. On va trouver une solution… J’adore mon métier, mon secteur d’activité et l’équipe que nous formons ».

Fabien n'est pas non plus de ceux qui s'enferment dans un bureau d'ivoire. « Je ne suis pas du genre à rester toute la journée assis à mon bureau : je participe encore à la partie recherche et développement dès que j’en ai l’occasion... Je me retrouve un peu collègue de mes collaborateurs », confie-t-il.

Le Béarn, un ancrage viscéral 

Pour cet adepte de la course à pied sur le chemin Henri IV à Bizanos, le Béarn est bien plus qu'un simple cadre de vie. C'est une identité profonde.

« Ce sont mes racines, dans tous les sens du terme. Le Béarn est profondément ancré en moi, c’est quelque chose de viscéral, je m’y sens chez moi. En tant qu’entrepreneur, j’y ai aussi trouvé des personnes avec les mêmes valeurs que moi, avec cet attachement pour notre territoire. Ma plus grande fierté est d'ailleurs d'avoir pu créer une source d'emploi durable dans ma belle ville natale ».

Dans le silence des sentiers de chemin Henri IV, face aux Pyrénées, le temps ralentit pour cet ingénieur qui a su garder la tête froide. Pour le Palois, c’est un réel exutoire, qui lui permet de réguler efficacement et sainement son stress quotidien. 

Une leçon de résilience pour tous ceux qui, comme lui, portent une idée au creux d'un garage. « Il faut croire en son projet et ne jamais abdiquer. Si j’avais écouté toutes les personnes qui ne croyaient pas en moi, je n’en serai pas là aujourd’hui », conclut-il.

Noémie Besnard,

CEUX QUI FONT NOTRE PAYS

Même si Fabien avoue ne pas être un « homme de réseau », son engagement auprès de PresseLib’ Béarn témoigne de son envie de partager des idées. « Ce n’est pas un réseau d’affaires, il est désintéressé, mais intéressant, car on y rencontre des gens totalement différents pour partager des valeurs et des idées ».

Retrouvez chaque vendredi « Ceux qui font notre pays », la nouvelle rubrique de PresseLib' Béarn. Une rubrique qui célèbre des gens ordinaires qui font de leur territoire un pays extraordinaire. Des femmes et des hommes qui font vivre et rayonner le Béarn et le bassin Adour-Gascogne, pas en slogans, mais en actes.

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