Abonnez-vous
Publié le

Solidarité, investissement, prudence : les Landes jouent l’équilibre

Dans un contexte de finances publiques sous haute tension, le Département des Landes dévoile un budget 2026 à la fois ambitieux et maîtrisé
Xavier Fortinon présidait le 23 janvier dernier le vote du budget 2026
S. Zambon Dept 40 DR
Avec 601 millions d’euros mobilisés, la collectivité fait le pari de l’investissement sans renoncer à ses fondamentaux : solidarité, proximité et équité territoriale
Les orientations budgétaires 2026 s’établissent à 601 millions d’euros
S.Zambon/Dpt 40 DR

Chaque année, le vote du budget départemental se situe comme le passage obligé comptable. Cependant, il s’agit d’un acte politique majeur, une véritable feuille de route financière qui engage la collectivité sur l’année à venir. Recettes, dépenses, priorités et arbitrages s’y croisent, apportant une vision du territoire et des réponses apportées à ses besoins. Pour résumer ce rendez-vous, pour l'année 2026, le Département des Landes a choisi de tenir ses comptes tout en maintenant le cap de l’action.

Présentées le vendredi 23 janvier, les orientations budgétaires 2026 s’établissent à 601 millions d’euros, en progression de 5,9 % par rapport à l’exercice précédent. Un chiffre qui traduit à la fois l’ampleur des missions confiées au Département et l’effort consenti dans un contexte économique et social particulièrement contraint. Sur cette enveloppe globale, 485 millions d’euros sont dédiés aux crédits d’intervention, tandis que 116 millions d’euros sont fléchés vers l’investissement, en hausse de 5,3 % par rapport à 2025.

Un jeu d’équilibre permanent

Comme toutes les collectivités départementales, les Landes doivent composer avec une équation budgétaire de plus en plus serrée. D’un côté, les dépenses de solidarité progressent mécaniquement. RSA, allocation personnalisée d’autonomie, prestation de compensation du handicap ou encore protection de l’enfance représentent un poids croissant dans les dépenses de fonctionnement, qui concentrent près de 60 % du budget total. De l’autre, les marges de manœuvre financières se réduisent.

Les recettes de fonctionnement, qui s’élèvent à 519,1 millions d’euros, reposent désormais majoritairement sur des ressources nationales. Environ 61 % proviennent de la TVA, de la TICPE, de la TSCA ou encore des dotations de l’État. Une dépendance accrue qui limite la capacité d’ajustement local et renforce la sensibilité du budget départemental aux décisions nationales.

Dominique Coutière, en charge des Finances
S. Zambon Dept 40 DR

Les recettes de fonctionnement, qui s’élèvent à 519,1 millions d’euros, reposent désormais majoritairement sur des ressources nationales. Environ 61 % proviennent de la TVA, de la TICPE, de la TSCA ou encore des dotations de l’État. Une dépendance accrue qui limite la capacité d’ajustement local et renforce la sensibilité du budget départemental aux décisions nationales.

Dans ce contexte, l’exécutif départemental souligne régulièrement que le Département se retrouve en première ligne pour amortir les chocs sociaux, tout en disposant de leviers fiscaux de plus en plus restreints. Un paradoxe assumé mais dénoncé, y compris sur les bancs de l’Assemblée départementale, où certains élus pointent une forme de déséquilibre entre responsabilités locales et capacités financières réelles.

Malgré ces vents contraires, le Département des Landes affiche une situation financière plus favorable que nombre de ses voisins néo-aquitains. Si l’opposition met en avant la bonne tenue des droits de mutation pour expliquer ce relatif confort, la majorité départementale insiste, elle, sur les effets d’une gestion rigoureuse et prudente conduite depuis plusieurs années.

Cette ligne de conduite se retrouve dans le budget 2026, présenté par le vice-président en charge des finances, avec un objectif clair : continuer à investir sans alourdir excessivement la dette. Pour financer l’effort d’investissement, le Département prévoit un recours à l’emprunt à hauteur de 45 millions d’euros, complété par un résultat 2025 anticipé de 20 millions d’euros. Les droits de mutation sont, quant à eux, estimés à 118 millions d’euros, en légère hausse de 3,9 %, une prévision volontairement mesurée afin de tenir compte de la volatilité du marché immobilier.

Pour 2026, près de 20 millions d’euros supplémentaires sont mobilisés
S. Zambon Dept 40 DR

Solidarités : le cœur du portefeuille départemental

Premier poste de dépense, les solidarités humaines demeurent la priorité absolue du Département. Pour 2026, près de 20 millions d’euros supplémentaires sont mobilisés afin de répondre à l’augmentation des besoins liés à la protection de l’enfance, à l’accompagnement des personnes âgées, des personnes en situation de handicap et des publics en difficulté.

Dans un climat d’incertitudes économiques et sociales, le rôle stabilisateur des collectivités territoriales est régulièrement mis en avant. Le Département des Landes revendique pleinement cette fonction d’amortisseur social, en maintenant l’ensemble de ses politiques sans réduire la voilure, malgré les contraintes financières croissantes.

Hors dette, le niveau d’investissement atteint 100 millions d’euros en 2026, soit 5,8 millions de plus que l’an dernier. L’éducation reste l’un des piliers de cet effort, avec 23 millions d’euros consacrés aux collèges. Parmi eux, 18,8 millions sont dédiés aux travaux, dont le lancement de la reconstruction du collège de Saint-Vincent-de-Tyrosse, et 4,2 millions au numérique éducatif, incluant la poursuite de l’opération « un collégien, un ordinateur portable ».

Dans la même logique, le Département maintient des mesures en faveur du pouvoir d’achat des familles, avec la gratuité du transport scolaire, pour un coût de 2,1 millions d’euros, et un prix du repas scolaire figé à 3 euros. Une manière de rappeler que l’égalité réelle commence souvent par des décisions budgétaires très concrètes.

Dept 40 DR

Routes, mobilités et territoires : l’investissement de proximité

La voirie reste le premier poste d’investissement du Département, avec 25,9 millions d’euros consacrés à l’entretien et à la modernisation du réseau routier départemental. En parallèle, les mobilités douces continuent de gagner du terrain, avec 0,8 million d’euros pour les voies vertes et 1,1 million d’euros de subventions aux territoires pour la création de pistes cyclables.

Les aides aux communes et intercommunalités demeurent un axe structurant de la politique départementale. Le programme d’aides aux collectivités 2025-2027 mobilise 13,2 millions d’euros, dont 6,1 millions fléchés vers la transition écologique.

La solidarité territoriale passe aussi par le logement et l’habitat. Le Département consacre 5,5 millions d’euros au développement d’une offre de logements à coût et à loyer abordables, tout en travaillant, avec la Banque des Territoires, à la constitution de réserves foncières. La contribution au Service départemental d’incendie et de secours progresse d’un million d’euros pour atteindre 26,6 millions d’euros en 2026, traduisant l’importance accordée à la sécurité des Landaises et des Landais.

Enfin, un million d’euros est mobilisé pour finaliser le déploiement du très haut débit, afin de couvrir les derniers raccordements complexes et garantir une égalité d’accès au numérique sur l’ensemble du territoire.

Tenir les comptes pour tenir la promesse républicaine

L’ensemble de ces choix budgétaires repose sur un même fil conducteur : conjuguer équité sociale, solidarité territoriale et investissement de long terme. Une ligne politique revendiquée par l’exécutif départemental, qui voit dans le maintien de l’action publique locale un rempart face aux fractures sociales et territoriales.

Dans ce cadre, Cyril Gayssot, conseiller départemental des Landes, résume l’esprit du budget 2026 : « Budget 2026 : exigence tenue, investissements en hausse. Dans un contexte contraint, le Département des Landes fait un choix clair : protéger les solidarités, investir dans les collèges, les routes et les territoires, sans renoncer à la proximité. »

À l’heure où chaque euro public est scruté, discuté et parfois contesté, le Département des Landes fait le pari qu’une gestion sérieuse n’exclut ni l’ambition ni l’action.

Sébastien Soumagnas

Commentaires


Réagissez à cet article

Vous devez être connecté(e) pour poster un commentaire

À lire aussi