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1500 COUPS DE POUCEL’appel à la solidarité des filles d’un pêcheur luzien

Le bateau de Marc, aujourd’hui à la retraite, a coulé dans le port après des années d’immobilisation.
Le Pyanas a été remis à flot le 12 décembre dernier
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Aujourd’hui, ses filles lancent une bouteille à la mer, sous forme d'une cagnotte solidaire pour l’aider à faire face à une dette devenue insurmontable.
Les assurances refusent d'indemniser le renflouement
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Marc a grandi, ou presque dans le port de Saint-Jean-de-Luz, « les deux pieds sur le pont depuis ses 15 ans », racontent ses filles, qui ont vu leur père se forger au rythme des marées et des départs avant l’aube. Pêcheur, il appartenait à cette génération de marins pour qui le métier se transmet par l’exemple, le geste juste et le respect de la mer.

À bord du Pyranas, son navire, Marc pratiquait une pêche artisanale, patiente et raisonnée. Une pêche « avec humilité », soulignent ses filles, attentive aux ressources marines et à leur préservation. Une manière d’être autant qu’une manière de travailler, dans un contexte pourtant de plus en plus contraint par les réglementations, les pressions administratives et la raréfaction de la ressource.

Un bateau sans capitaine

Le Pyranas amarré au port était le prolongement de Marc, son outil de travail, son refuge, parfois son seul horizon. À son bord, il se levait chaque matin, prêt à affronter le large. « Il se levait tôt tous les matins, avec un dévouement que peu d’hommes et de femmes connaissent », écrivent ses filles.

Toujours le sourire aux lèvres, serviable, généreux, Marc faisait partie de ces marins discrets sur lesquels tout un port peut compter. Dans les belles années, les prises du Pyranas ont même alimenté les cuisines de restaurants étoilés du Pays basque, preuve silencieuse de la qualité de son travail.

Puis les vents ont tourné. Les poissons se sont faits plus rares, les sorties moins rentables. La vie, elle aussi, a frappé de plein fouet. Le décès brutal de son épouse, mère de ses filles, a laissé un vide immense. À cette douleur est venue s’ajouter une santé de plus en plus fragile. Malgré tout, Marc a tenu la barre, accumulant les heures, les efforts et, peu à peu aussi, les dettes.

Les années ont passé, emportant avec elles l’équilibre fragile de son activité. « Les pêches déficitaires, puis une santé de plus en plus défaillante… », résument ses filles avec lucidité. En 2022, proche de la retraite, une maladie cardiaque l’oblige à mettre un terme prématuré à sa carrière. Le marin est contraint de quitter la mer, sans l’avoir vraiment choisie.

Une longue dérive

Privé de son propriétaire, le Pyranas reste à quai. Près de quatre ans sans naviguer, sans sortir du port, sans assurance. « Aucune assurance ne voulait assurer son navire ne naviguant plus à cause de l’état de santé de son propriétaire », expliquent ses filles. Le bateau attend, entre espoirs et désillusions, qu’une solution se présente.

Les filles de Marc en appellent à la solidarité
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Un repreneur se manifeste finalement, intéressé par les droits de pêche. Une vente qui aurait permis d’éponger une partie des dettes. Mais le destin en décide autrement. Quelques jours avant la transaction, le Pyranas sombre dans le port de Saint-Jean-de-Luz. Le naufrage est brutal, définitif. « Le peu d’espoir de combler quelques dettes par cette vente coula avec le bateau », écrivent-elles.

Le bateau est remis à flot le vendredi 12 décembre, mais le mal est fait. Les frais engendrés par cet épisode viennent s’ajouter à une situation déjà fragile. Aujourd’hui, plus de 20 000 euros sont réclamés à Marc, une somme non prise en charge par les assurances. Et d’autres frais pourraient encore suivre.

Pour cet ancien pêcheur à la retraite, la charge est insurmontable. Pour ses filles aussi. « Nous écrivons ces lignes avec espoir et vulnérabilité. C’est un bout de nos vies que nous dévoilons ici », confient-elles. Par pudeur, leur père n’a jamais fait part de ses difficultés. Elles ont choisi de prendre la parole pour lui, sans détour mais sans misérabilisme.

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Une cagnotte comme bouée de sauvetage

Face à ce qu’elles décrivent comme une véritable impasse, les filles de Marc ont lancé une cagnotte solidaire. Une main tendue, une bouteille à la mer, dans l’espoir que la solidarité fasse le reste. « Si vous souhaitez aider Marc à se sortir de cette impasse, même 1 euro, chaque geste est précieux », écrivent-elles simplement.

L’objectif n’est pas de réécrire l’histoire ni de sauver un bateau déjà perdu, mais d’éviter que ce naufrage n’emporte aussi un homme. « Merci pour notre père, qui a tant donné mais qui, par pudeur, n’a jamais exprimé ses difficultés. Peut-être récoltera-t-il le bien qu’il a semé ? », ajoutent-elles.

À Saint-Jean-de-Luz, la mer a forgé des solidarités. Cette cagnotte s’inscrit dans cette tradition silencieuse d’entraide maritime, entre gens du port, de rivage et d’humanité. « Suite à la perte de son bateau, vous pouvez aider Marco, pêcheur luzien, à rester à flot », écrivent ses filles, en appelant à une mobilisation même modeste.

Car parfois, il ne faut pas grand-chose pour éviter qu’un homme ne sombre après son navire. Un geste, un soutien, une main tendue. Pour que Marc, après avoir tant donné à la mer et aux autres, puisse enfin trouver un peu de calme après la tempête.

COUP DE POUCE

Dans le monde des marins, on sait qu’aucun navire ne traverse les tempêtes en solitaire. Aujourd’hui, ce n’est plus un bateau qu’il faut sauver, mais un homme qui a passé sa vie à nourrir les autres et à respecter la mer. Après le naufrage du Pyranas, Marc se retrouve face à une vague financière beaucoup trop haute pour être affrontée seule.

Ses filles ont lancé cette cagnotte comme on jette une bouée, avec pudeur mais détermination, pour éviter que ce dernier coup de mer n’emporte aussi l’équilibre d’une famille déjà éprouvée. Participer, même modestement, c’est faire acte de solidarité, c’est rappeler que les valeurs du port de Saint-Jean-de-Luz ne s’arrêtent pas au quai. N'hésitez pas à partager cet article sur les réseaux sociaux ou auprès de vos proches, car chaque euro compte, chaque geste aide à alléger le fardeau et à maintenir Marc à flot après une vie entière passée à ramer sans compter.

En soutenant cette cagnotte, vous prolongez l’esprit d’entraide qui unit les gens de la mer et de la terre, et vous permettez à un marin de traverser enfin cette dernière tempête avec un peu plus de sérénité.

Sébastien Soumagnas

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