Parfois, certains projets naissent dans le confort d’une idée. Et puis d'autres surgissent là où on ne les attend pas, à savoir au cœur même de la tempête. Celui de Dominique Broustau a pris forme dans une salle de radiothérapie, entre deux combats invisibles. Un rêve un peu fou, presque irréel, mais déjà bien ancré : nager pour traverser, nager pour vivre.
Depuis, l’idée a fait son chemin, comme une course de fond où chaque pas compte. Ou plutôt chaque brasse. Le défi est à la hauteur de l’histoire : 34 kilomètres en mer, dans le Gouf de Capbreton, soit l’équivalent de la mythique traversée de la Manche. Une distance qui ne se mesure pas seulement en kilomètres, mais en courage, en doutes et en détermination.
Le sport comme ligne de vie
Plus rugbyman que nageur à l’origine, Dominique Broustau s’est construit dans l’effort collectif et l’engagement physique. Mais c’est dans l’eau qu’il a trouvé un nouveau terrain de jeu, ou plutôt un espace de reconstruction. Une manière de remettre le corps en mouvement, de retrouver des sensations, et surtout de reprendre la main.
Car face à la maladie, chaque geste, chaque décision, chaque avancée ressemble à une ascension. Ou dans ce cas précis, à une traversée. Et dans ce contexte, l’activité physique s’impose comme une alliée précieuse, une bouffée d’oxygène au sens propre comme au figuré.
Avec humour, ses proches l’ont surnommé “le Parpaing”, clin d’œil affectueux à ses talents de nageur. Une image qu’il a choisie de transformer en message. Celui d’un poids que ressentent souvent les malades, pour leur entourage, leur famille, leur travail. Un poids invisible mais bien réel.
Alors plutôt que de couler, il a décidé d’en faire une force. De flotter, d’avancer, et même de tracer sa route dans l’océan. Derrière l’autodérision, un message clair : accepter la situation sans s’y résigner, continuer à donner, à partager, à recevoir aussi. Laisser circuler les vagues de soutien, d’amitié, d’amour, comme autant de courants porteurs.
Un parcours semé d’épreuves… et de rebonds
L’histoire ne s’écrit pas sans obstacles. Depuis le diagnostic en 2018, le chemin a été jalonné d’épreuves, de traitements, de doutes. Mais aussi de défis relevés, comme autant de balises dans l’océan. Traversée du bassin d’Arcachon, défis sportifs collectifs, mobilisation pour la recherche… chaque étape a renforcé la suivante.
Plus récemment, un accident vasculaire cérébral est venu bouleverser la préparation. Un nouveau coup dur, un de plus dans une série déjà bien remplie. Mais là encore, pas question de jeter l’éponge. Après quelques semaines de récupération, la machine s’est remise en marche, avec peut-être encore plus de détermination.
Car ce défi ne se nage pas en solitaire, même s’il se réalise seul dans l’eau. Il est porté par une communauté, des proches, des partenaires, et tous ceux qui, de près ou de loin, y contribuent. Les équipes de Rip Curl Europe, notamment, ont rejoint l’aventure, apportant leur soutien à cette initiative qui relie sport, santé et océan.
Les entraînements s’enchaînent, entre piscine et sorties en mer, avec une première étape prévue début avril dans le Gouf. Une montée en puissance progressive, comme dans toute préparation sportive, où l’on construit son endurance autant que son mental.
Nager pour aider, nager pour reconstruire
Mais au-delà de la performance, l’objectif est ailleurs. Il est dans les fonds collectés, déjà plus de 14 400 euros, destinés à soutenir les malades du cancer. Soins esthétiques spécialisés, accompagnement psychologique, activité physique adaptée… autant de dispositifs essentiels pour aider à se reconstruire.
Les dons, reversés à la Ligue contre le cancer via la plateforme dédiée, donnent un sens supplémentaire à chaque kilomètre parcouru. Ils transforment l’effort individuel en élan collectif, la performance en solidarité concrète.
Le rendez-vous est donné. Le 13 juin, si les conditions le permettent, la traversée sera tentée au large de Capbreton. Une date comme une ligne d’arrivée, ou peut-être comme un nouveau départ.
Ce jour-là, il ne s’agira pas seulement de nager. Il s’agira de porter un message, de montrer que même dans les moments les plus difficiles, il est possible d’avancer, de se relever, de continuer à croire. De transformer une épreuve en défi, et un défi en espoir.
D’ici là, chacun peut entrer dans la course. Par un don, un partage, un mot de soutien. Parce qu’en matière de solidarité, il n’y a pas de petit geste. Seulement des élans qui, mis bout à bout, finissent par former une véritable marée.
COUP DE POUCE
Le défi du 13 juin prochain réunira toute une communauté derrière Dominique. Derrière chaque entraînement, chaque immersion dans l’eau, chaque kilomètre avalé, il y a une énergie collective qui pousse, qui soutient, qui encourage. Aujourd’hui, cette aventure a déjà permis de récolter plus de 14 400 euros, autant de bouées lancées à celles et ceux qui luttent contre la maladie.
Mais la course continue, et chaque contribution compte pour maintenir le cap. A cet effet, Dominique Broustau mérite vraiment un coup de pouce de notre part. Comment ? N'hésitez pas à partager cet article sur vos réseaux sociaux, parce que donner, partager, relayer, c’est déjà entrer dans la mêlée, c’est prêter main forte à un combat qui dépasse largement le cadre sportif. Car au fond, il ne s’agit pas seulement de traverser un gouffre marin, mais bien de franchir ensemble les obstacles que la vie impose. Le 13 juin, une seule personne sera dans l’eau, mais des centaines seront derrière elle. Et ça, c’est sans doute la plus belle victoire.
Sébastien Soumagnas






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