Les 11 et 12 juillet prochains, à Vieux-Boucau-les-Bains, l'association Essenti’Elles va installer une scène et faire du village tout entier un corps en mouvement. Ici, la danse s’invite là où on ne l’attend pas, glisse entre les passants, s’ancre dans le sable, se reflète sur l’eau, et transforme chaque lieu en partenaire.
Né en 2021 sous le nom de Festival Essenti'Elles, l’événement a opéré un véritable pas de côté en 2025. Exit la musique comme fil conducteur, place à la danse contemporaine, et surtout à une ligne artistique affirmée, à savoir donner toute la lumière aux chorégraphes féminines. Une évolution qui n’a rien d’anecdotique. Dans un paysage culturel où les femmes restent encore trop souvent en retrait des programmations majeures, Essenti’Elles revendique une autre cadence. Ici, ce sont les femmes qui donnent le tempo.
Une scène au féminin pluriel
Ainsi, pendant deux jours, Vieux-Boucau va devenir une ode au mouvement du corps. Du marché au bord du lac, de la plage au Hall des Sports, les spectacles s’enchaîneront pour le plus grand plaisir des visiteurs. Le public ne s’assoit pas seulement face à une scène puisqu'il circule, découvre, s’arrête, repart. La danse s’invite dans le quotidien, bouscule les habitudes, transforme le regard.
Seize performances, dont une large majorité accessible gratuitement, composent cette édition. Une programmation pensée comme un grand bal ouvert, où chacun peut entrer dans la danse, quel que soit son âge ou son rapport à l’art chorégraphique. Pas de barrière symbolique, la danse descend de scène pour venir à la rencontre du public.
Danse contemporaine, hip-hop, danse-théâtre, créations in situ… chaque proposition apporte sa couleur, son rythme, son énergie. Une diversité qui dépeint un paysage chorégraphique riche, mouvant, profondément vivant.
En mettant exclusivement à l’honneur des chorégraphes femmes, le festival Essenti’Elles devient un espace de visibilité, mais aussi de reconnaissance. Il offre un plateau à celles qui écrivent la danse d’aujourd’hui, souvent dans l’ombre.
Ce choix artistique résonne comme une prise de parole. Il ne s’agit pas d’opposer, mais de rééquilibrer. De donner à voir des écritures multiples, des corps différents, des sensibilités singulières. Chaque création raconte une vision personnelle, une manière d’habiter le monde. La danse devient alors langage. Et dans ce mouvement d’ensemble, la création féminine s'épanouit au-delà de l'esthétique, enrichissant ainsi le paysage artistique.
Des temps forts en mouvement
Au fil de cette édition 2026, certains moments promettent de marquer les esprits. Le samedi, la Compagnie du Théâtre du Corps de Marie-Claude Pietragalla présentera en avant-première « Après la chute ». Une création attendue, qui incarne la volonté du festival d’accueillir des œuvres fortes, capables de laisser une empreinte durable.
Le dimanche, la scène s’embrasera avec la présence de Leïla Ka. Figure montante de la chorégraphie contemporaine, elle propose un triptyque intense, traversé par des émotions à fleur de peau. « Bouffées » plonge dans les méandres du chagrin avec une écriture physique tendue et précise. « C’est toi qu’on adore » ouvre une brèche lumineuse, un duo comme une respiration, un cri de vie. Enfin, « Pode Ser », solo multiprimé, trace une quête d’identité à la fois brute et poétique, entre combat et abandon.
Autour de ces moments forts, le festival propose des artistes venus d’horizons variés, mais unis par une même envie : faire circuler la danse, la rendre vivante, accessible, partagée.
Une étoile et un territoire
La présence de la danseuse étoile Mathilde Froustey donne à cette édition une dimension particulière. À la fois directrice artistique et interprète, elle incarne ce lien entre exigence artistique et ouverture au public. Sa participation, accompagnée notamment par le pianiste Jeremy Hababou, inscrit le festival dans une dynamique d’excellence tout en conservant sa caractéristique populaire.
Car Essenti’Elles est aussi une affaire de territoire. Derrière la scène, un véritable collectif œuvre en coulisses. Ville, associations, structures culturelles et institutions locales avancent ensemble. Ce maillage garantit une implantation solide et une volonté partagée, à savoir, faire de la culture un bien commun.
Au fond, Essenti’Elles cherche à faire vivre la danse, à créer des passerelles entre artistes et spectateurs, entre générations. Rappelons que le mouvement est universel, qu’il parle à tous, sans traduction ni discrimination. Ainsi le festival invite à bouger, à ressentir, à regarder autrement, à entrer dans le rythme des autres pour mieux comprendre le sien.
COUP DE POUCE
Ce festival s’annonce ainsi comme un concentré d’énergie, de rencontres et de découvertes, où la scène devient un terrain de jeu pour les artistes et un espace d’évasion pour le public. Musique, performances, ambiance conviviale... tout est réuni pour créer ces moments rares qui restent en tête bien après les derniers applaudissements.
Essenti'Elles mérite vraiment un coup de pouce de notre part. Comment ? N'hésitez pas à partager cet article sur vos réseaux sociaux, en parler à vos proches afin de promouvoir ces deux jours de danse, d'évasion dans le mouvement.
Chacun y trouvera sa place, porté par une atmosphère chaleureuse et accessible. C’est une expérience à vivre pleinement, au rythme des propositions artistiques et des instants partagés. Alors, il ne vous reste plus qu'à faire un pas de danse pour que la magie opère.
Sébastien Soumagnas






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