La Croisette utilise les calories et les frigories de la mer
Cannes fait partie des pionniers mondiaux avec la construction d’une centrale de thalassothermie, enterrée sous la Roseraie et en milieu marin. L’enjeu est d’utiliser la mer comme source d’énergie renouvelable pour produire du chauffage et du refroidissement à destination des bâtiments du centre-ville.
Ce réseau alimentera à terme plus de 50 bâtiments, dont environ 40 copropriétés, 17 hôtels, un collège, le centre d’art La Malmaison ainsi que le Palais des festivals et des congrès. L’objectif est de doter le bassin cannois de réseaux de chauffage écologiques et économiques, afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre, de tendre vers l’autonomie énergétique et de proposer aux usagers des tarifs stables et compétitifs.
L’installation repose sur une technologie qui capte les calories et frigories de la mer via des conduites immergées, puis les transforme grâce à des pompes à chaleur capables de produire simultanément du chaud et du froid. Avec une part estimée à environ 75% d’énergies renouvelables, le dispositif permettra d’éviter le rejet de près de 10.800 tonnes de CO₂ par an, soit l’équivalent de plusieurs milliers de trajets long-courriers.
Le projet s’inscrit également dans une logique de maîtrise des coûts énergétiques pour les abonnés, avec des économies potentielles sur les factures et une meilleure protection face aux fluctuations des marchés.
Sur le plan technique, la centrale sera entièrement enterrée afin de s’intégrer discrètement dans le site de la Roseraie. Les installations en mer seront réalisées à plusieurs mètres de profondeur et éloignées des zones de baignade, avec des dispositifs de protection de la biodiversité marine (herbiers, faune, limitation du bruit sous-marin et adaptation des travaux en cas de présence de cétacés).
Les travaux de raccordement se poursuivent progressivement dans le secteur de la Croisette et des rues adjacentes. La mise en service complète du réseau est prévue pour l’automne 2027.
Barcelone lutte contre les très fortes chaleurs
Depuis plusieurs années, la capitale de la Catalogne multiplie les initiatives pour s’adapter aux nombreuses périodes de canicule. Malgré le manque d’espace, la ville a créé 80 hectares de nouveaux espaces verts, et en prévoit 40 de plus d’ici 2030. Un échangeur routier a été transformé ainsi, avec la plantation d’un millier d’arbres (pins, oliviers…) et avec toute une végétation méditerranéenne pour devenir un îlot de fraîcheur en pleine ville. Des rues ont également été aménagées en zones piétonnes arborées.
Parallèlement, de l’ombre est installée via des pergolas au-dessus d’aires de jeux, de places publiques et de rues commerçantes. Quant aux chaussées, elles sont de plus en plus équipées d’un revêtement gris clair capable, réfléchissant davantage les rayons du soleil pour faire baisser la température d’une dizaine de degrés.
L’une des initiatives les plus spectaculaires est l’implantation d’un réseau de 500 refuges climatiques : les habitants peuvent ainsi trouver un lieu frais, à proximité de leur domicile. Marchés, bibliothèques, centres civiques, équipements municipaux, jardins, lieux de culte… sont équipés pour accueillir toutes les personnes en recherche de fraîcheur. L’objectif est que chaque Barcelonais dispose d’un refuge à moins de 5 minutes à pied de chez lui.
Ces rues de Bilbao qui purifient l'air…
Dans la capitale de la Biscaye, d'étranges inscriptions sur les pavés attirent l’attention : e-CO₂ et G-CO₂. Derrière cette innovation discrète se cache une révolution urbaine. Ces pavés jouent un rôle inédit : ils capturent et transforment le dioxyde de carbone, principal responsable du réchauffement climatique.
Ces pavés utilisent le GeoSilex, un matériau breveté par une entreprise espagnole en collaboration avec l’Université de Grenade. Concrètement, il intègre de l’hydroxyde de calcium, capable de réagir avec le CO₂ présent dans l’air ambiant. Cette réaction chimique, appelée carbonatation, transforme le dioxyde de carbone en calcaire solide, qui s’intègre directement à la structure du pavé.
Résultat ? Chaque mètre carré de ces pavés peut purifier jusqu’à 5.000 m³ d’air. Et en vieillissant, ils deviennent plus résistants grâce à l’accumulation de calcaire, tout en maintenant une durée de vie de 12 à 15 ans, comparable à celle des pavés traditionnels. Leur installation, dès 2024, était une première en Espagne. Cette démarche s’inscrit dans un plan plus large visant à améliorer la qualité de l’air et à réduire l’empreinte écologique de la ville.
Ces pavés ne consomment pas d’énergie lors de leur fabrication, et leurs performances ne dépendent pas des conditions météorologiques. Ils s’intègrent donc parfaitement dans le quotidien urbain tout en offrant une solution simple et efficace pour lutter contre la pollution atmosphérique.
En transformant ses trottoirs en purificateurs d’air, Bilbao réinvente l’espace public et inspire des initiatives similaires à travers le monde.





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