Vivadour et Terres du Sud ont obtenu, le 15 janvier, le feu vert de l’Autorité de la concurrence pour leur projet de fusion. Les deux groupes avaient lancé, en avril dernier, des discussions exclusives « afin de construire un projet commun pour valoriser ensemble, tout le potentiel agricole, agroalimentaire et distribution de terroirs unifiés ».
Ce rapprochement, sous la forme d’une fusion des deux coopératives, se concrétisera d’ici le 30 juin. Il veut se fonder sur la complémentarité de leurs territoires (sur un axe central Sud-Ouest, de Limoges au pied des Pyrénées), de leurs métiers et de leurs compétences.
Le nouvel ensemble formera une coopérative multi-filières : volailles chair et ponte, palmipèdes gras ; ruminants, semences grandes cultures et potagères ; céréales et oléo-protéagineux ; vin, fruits et légumes. Il développera des marques à fortes identités régionales, notamment Gers et Périgord.
L’objectif est de renforcer des services dédiés aux agriculteurs en conservant la proximité, mais aussi d’améliorer la résilience d’un groupe unifié pour relever les défis de promotion des filières agricoles régionales, tout en restant agile. Leur volonté est de poursuivre vers un modèle durablement engagé dans des activités agricoles, tout en disposant d’outils agroalimentaires à taille humaine et proposant des produits qualitatifs à forte identité régionale.
Vivadour avec des projets structurants
Les résultats économiques du groupe gersois, basé à Riscle, s’ils restent fragiles, reposent sur des équilibres financiers solides. Il affiche un chiffre d'affaires de 558 millions d'euros avec un pôle animal et agroalimentaire représentant désormais plus de 40% de son activité, en équilibre avec le pôle végétal. « Quand les exploitations souffrent, la coopérative, qui en est le prolongement, encaisse aussi le choc. Pour autant, la trajectoire fixée vers le retour à l’équilibre est maintenue », a souligné Florent Estebenet, président de Vivadour, lors de la dernière assemblée générale.
Grâce à sa polyvalence, le groupe a pu jouer un rôle d’amortisseur. Des actions structurantes et des réorganisations ciblées ont été engagées dans plusieurs filières, tandis que des projets innovants se déploient pour conforter l’équilibre économique à moyen terme.
Les volailles et palmipèdes sont portés par une stratégie ambitieuse. La volaille standard, Poulet d’Ici, a le vent en poupe, grâce à des prix attractifs pour les consommateurs. Le Label Rouge Poulet du Gers affiche aussi de bonnes performances. Le défi principal reste le renouvellement des générations, il s’agit de conforter la production en facilitant les reprises d’élevages et la construction de nouveaux bâtiments. Protéine animale la moins chère, plébiscitée par les consommateurs, l’œuf confirme sa place centrale. Vivadour maintient sa production avec son réseau d’éleveurs. En palmipèdes, les volumes sont au rendez-vous avec 1,5 million de canards produits.
Des projets structurants sont en cours dans l’agroalimentaire. Ainsi, l’usine Texipro va produire des protéines texturées de pois et de soja destinées à l’alimentation humaine. Réalisées en 2025, les premières collectes de ces graines sont prometteuses. En rythme de croisière, plus de 600 ha à valeur ajoutée pour les adhérents seront destinés à approvisionner ce site industriel.
La filière bovine de Vivadour confirme sa solidité et son rôle structurant dans le Sud-Ouest, avec un chiffre d’affaires de plus de 100 millions d’euros et plus de 35.000 bovins maigres et gras collectés auprès des éleveurs régionaux. L’exercice écoulé s’inscrit dans un contexte exceptionnel d’augmentation des prix des broutards et des animaux finis, offrant aux éleveurs une rémunération inédite et encourageant la relance de la production après une décennie de recul.
Informations sur le site internet de Vivadour





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