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L’économie béarnaise sous tension reste audacieuse et conquérante

Malgré des incertitudes géopolitiques et une conjoncture nationale sous tension, le Béarn fait mieux que résister. Porté par une dynamique entrepreneuriale inédite et des projets industriels d'envergure européenne, le territoire pose au premier semestre 2026 les jalons d’un renouveau durable.
L’économie béarnaise sous tension reste audacieuse et conquérante
Face à des vents contraires qui font frissonner les marchés régionaux et nationaux, les entrepreneurs béarnais ne baissent pas les bras. Le dernier baromètre économique publié par la CCI Pau Béarn dresse le portrait d'un territoire réactif, où le maître-mot demeure la résilience productive.

Le contexte politique et géopolitique pèse sur le moral des affaires, puisque 36 % des dirigeants béarnais déclarent en subir les effets négatifs. Le principal frein reste la baisse de la demande, citée par 38 % des entreprises, suivie de la hausse du coût du carburant et l’inflation.

Le contexte politique et géopolitique pèse sur le moral des affaires : 36 % des dirigeants béarnais déclarent en subir les effets négatifs, et 46 % des dirigeants se disent inquiets pour les mois à venir.

Parmi les principales difficultés rencontrées, on retrouve sans surprise la baisse de la demande à la première place, citée par 38 % des entreprises, suivie de la hausse du coût du carburant et de l’inflation.

Surtout, 57 % des chefs d’entreprise qui ont répondu à l’enquête de la CCI Pau Béarn se sont dits confiants en leur entreprise et seuls 18 % des répondants ont confiance en l’économie française, soit le taux le plus bas enregistré depuis 2020.

Cette conjoncture laisse des traces directes sur le bilan des entreprises. Près de quatre entreprises sur dix déclarent une dégradation de leur chiffre d’affaires au premier semestre 2026, un taux à peu près similaire au semestre précédent, mais en forte hausse depuis 18 mois.

Dans le même temps, 42 % des chefs d’entreprises ne déclarent aucun changement (pas d’amélioration, ni de détérioration), un pourcentage en hausse par rapport au semestre précédent.

Sur le front des ventes, 40 % des dirigeants déclarent une dégradation de leur carnet de commandes et 39 % aucun changement. Les tensions se répercutent également sur la gestion financière : au premier semestre 2026, 37 % des répondants ont constaté une détérioration et 43 % aucune amélioration de leur trésorerie, pendant que 47 % ne constatent aucun changement et 33 % une détérioration de leurs marges.

Sur le marché du travail, le chômage remonte légèrement pour atteindre 6,9 % sur le bassin de Pau (+0,6 point sur un an) et 5,2 % à Oloron (+0,5 point). « Les jeunes sont les plus impactés par cette hausse du chômage, avec une augmentation de 7 points sur un an pour les moins de 26 ans », précise le président de la CCI Pau Béarn.

Parallèlement, les défaillances repartent à la hausse avec 197 ouvertures de procédures collectives (+11 % sur un an).

« Ces incertitudes font désormais partie du quotidien des chefs d’entreprises, ce ne sont plus des accidents de parcours. Le Béarn résiste plutôt bien, mais attention, résister ce n’est pas croître », martèle Didier Laporte.

Cependant, au cœur du tissu économique local, les signaux de stabilité abondent. L’emploi privé se stabilise à 75.719 salariés (-0,1 %).

Enfin, près d'un dirigeant sur cinq maintient ses investissements (22 % au S1 2026), une constante remarquable depuis 18 mois.

Le bassin de Lacq

L'industrie s'impose comme un véritable pilier

Malgré le recul des commandes pour certains acteurs, les effectifs industriels salariés progressent de +0,9 % sur un an pour atteindre 12 842 postes. Si l'activité reste partagée (32 % des industriels observent une baisse de leur chiffre d'affaires et 31 % une amélioration), 83 % gardent confiance dans l'avenir de leur propre entreprise.

Cette solidité trouve son symbole dans le bassin de Lacq. En passe de devenir la « Magnet Valley » de l'Europe (lire notre article), la plateforme industrielle attire des investissements majeurs dans les technologies de décarbonation et les matériaux critiques.

Avec l'implantation de projets phares comme Caremag (recyclage des terres rares) et Less Common Metals (LCM), le Béarn devient le fer de lance de l'indépendance stratégique française et européenne.

Portés par les acteurs locaux et le GIP Chemparc, ces investissements d'avenir transforment la transition énergétique en une opportunité industrielle durable.

Les autres secteurs à la peine 

Secteur le plus éprouvé par la crise actuelle, le BTP fait face à une contraction marquée de ses carnets de commandes, freinant l'activité de 39 % des structures. Dans ce contexte, 37 % des entreprises du bâtiment enregistrent un repli de leur chiffre d'affaires, générant une forte pression sur les marges et des tensions de trésorerie.

Si le bâtiment souffre de l'attentisme des investisseurs, le commerce n'est pas non plus épargné et doit composer directement avec la prudence des consommateurs.

Le commerce béarnais subit un ralentissement net.
N.B

En première ligne face aux arbitrages budgétaires des ménages et à l'inflation (30 %), le commerce béarnais subit un ralentissement net. 40 % des commerçants déplorent une baisse de fréquentation en magasin et 36 % observent une chute de leur chiffre d'affaires.

Pour contrer cette baisse de rentabilité, les acteurs locaux s'adaptent : les animations commerciales, la numérisation des points de vente et une meilleure gestion des stocks permettent à 23 % d'entre eux de préserver, voire d'améliorer leurs marges.

Cette baisse de régime côté consommation et investissement finit naturellement par se répercuter sur l'ensemble des prestations destinées aux professionnels.

Par ricochet, le secteur tertiaire subit lui aussi les coupes budgétaires de ses clients donneurs d'ordre, notamment dans le conseil. Impactées par la hausse du coût des carburants (36 %) et la baisse des commandes (38 %), 41 % des entreprises de services signalent un recul d'activité.

Cependant, le secteur demeure le premier créateur d'emplois locaux avec 111 401 recrutements hors intérim enregistrés au premier semestre (+6,5 % sur un an).

N.B

Plusieurs signaux positifs

« Malgré ce contexte difficile, où les crises ne se succèdent plus, mais se superposent, nous avons plusieurs raisons de rester confiant en l’avenir », souligne Didier Laporte, président de la CCI Pau Béarn.

Le chiffre le plus éclatant de cette première moitié d'année vient directement des greffes : 1 343 créations d'entreprises ont été enregistrées en Béarn au premier semestre 2026, un niveau jamais atteint depuis 2021 (+9 % par rapport au S1 2025). Cette dynamique s’explique notamment par la hausse des immatriculations en personne physique (+13,7 %) et des sociétés commerciales (+2,4 %).

Surtout, la tension sur le marché du travail retombe : les besoins de recrutement repartent à la hausse (31 % des dirigeants ont cherché à embaucher), tandis que la part des chefs d'entreprise exprimant des difficultés de recrutement baisse sensiblement à 52 % (contre 73 % au S1 2023).

Pour le second semestre 2026, la CCI Pau Béarn affiche un optimisme mesuré, anticipant une stabilisation, voire une amélioration, du chiffre d’affaires, des carnets de commandes, de la trésorerie et des marges.

Dans le commerce et le BTP, la visibilité s'éclaircit pas à pas : 26 % des entreprises du bâtiment entrevoient déjà une amélioration de leurs carnets de commandes pour la seconde partie de l'année.

Grâce à l'audace de ses entrepreneurs et à ses grands projets industriels, le Béarn démontre qu'il possède les leviers nécessaires pour traverser la tempête et aborder les mois à venir avec ambition

Noémie Besnard

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