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Deux jours pour pousser les portes du patrimoine landais

Ces 19 et 20 septembre, les Journées européennes du patrimoine offrent l’occasion de découvrir des lieux qui restent habituellement hors de portée du public.
Musée Marquèze DR
Préfecture, Maison Sentex, château de Caumale, tours et demeures privées dévoileront quelques-uns de leurs secrets, une porte ouverte pour changer de regard sur un territoire.
À Escalans, le château de Caumale vaut le détour

Il y a les monuments que l’on connaît, ceux devant lesquels on passe régulièrement, et puis il y a ceux dont on ne franchit presque jamais le seuil. Voici donc tout l’intérêt des Journées européennes du patrimoine : pendant un week-end, certaines portes s’ouvrent et dévoilent des morceaux d’histoire que l’on ne soupçonnait pas forcément.

Pour cette 43e édition, les Landes ont de quoi satisfaire les curieux. Le programme s’inscrit dans deux grands thèmes : le « Patrimoine de la photographie », à l’occasion du bicentenaire de celle-ci, et le « Patrimoine en péril : raviver, résister, réimaginer ». Deux entrées qui permettent de changer un peu les habitudes de contemplation des vieilles pierres pour s’intéresser aussi aux images, à la mémoire, à la restauration et aux savoir-faire qui permettent au patrimoine de continuer à vivre.

À l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine, la DRAC annonce 1 781 sites et 2 657 événements. Dans les Landes, plusieurs rendez-vous offrent surtout une occasion rare : entrer là où l’on ne va jamais.

À Mont-de-Marsan, par exemple, la préfecture ouvrira exceptionnellement ses portes le samedi 19 septembre. Six créneaux de visites guidées permettront de découvrir, de 9 h à 17 h, ce bâtiment habituellement réservé à l’administration. Vous pourrez détailler son architecture, en passant de l’autre côté du décor.

Des maisons qui gardent bien leurs secrets

À Saint-Sever, c’est une demeure privée qui risque de faire son petit effet. La Maison Sentex, habituellement inaccessible au public, dévoilera ses intérieurs au cours de visites très limitées. La maison familiale du docteur Sentex abrite notamment des mosaïques gallo-romaines qui couvrent le sol du rez-de-chaussée, ainsi qu’une collection de faïences du XVIIIe siècle. Avec seulement dix personnes par visite, la découverte se fera presque en comité confidentiel.

À Dax, le parc botanique du Sarrat
Jardin botanique DR

Saint-Sever invite d’ailleurs à prendre de la hauteur. L’abbatiale bénédictine proposera trois ascensions de son clocher le samedi. Cent marches à gravir pour découvrir les coulisses de l’édifice et profiter d’un point de vue inhabituel sur la cité. Et oui, ça se mérite ! Dans la vieille ville, d’autres parcours permettront également de remonter le fil de la naissance de Mont-de-Marsan au Moyen Âge, avec notamment des accès exceptionnels à la terrasse du donjon Lacataye, à la Grande Fontaine ou au vieux moulin de la Douze.

À Escalans, le château de Caumale constitue une autre ouverture particulièrement singulière. Toujours habité et entretenu par ses propriétaires, Pierre et Geneviève Fabre, cet édifice conserve des éléments datant des XIIe, XVe et XIXe siècles. Les visites costumées permettront d’en découvrir l’histoire, avant de prolonger le voyage dans le grand chai avec un concert.

Le patrimoine, version grandeur nature

La Maison Sentex, généralement inaccessible au public

Le patrimoine cependant ne se cantonne pas aux bâtiments. En effet, le week-end invite aussi à regarder ce qui se transmet par les gestes, les paysages et les récits. À Sabres, l’écomusée de Marquèze en donne une illustration particulièrement vivante. Sur 25 hectares, le site fait revivre le quotidien landais du XIXe siècle à travers les bâtiments, les animations et les démonstrations de savoir-faire. Même le train qui permet d’y accéder appartient au patrimoine, puisque ses voitures sont classées au titre des monuments historiques.

À Dax, le parc botanique du Sarrat rappelle de son côté que la nature peut elle aussi constituer un patrimoine à préserver. Ce jardin remarquable rassemble une importante diversité végétale et animale, tout en racontant l’histoire du domaine aménagé par l’architecte René Guichemerre.

À Léon, enfin, le patrimoine se fera plus discret, tout en restant tout aussi précieux. Une conférence s’intéressera aux 180 noms gascons de lieux-dits, quartiers ou rues de la commune. Derrière ces noms parfois familiers se cachent des fragments de langue, de géographie et de mémoire locale.

De la photographie à la mémoire des lieux

Le château de Caumale
DR

Le thème du « Patrimoine de la photographie » trouvera notamment un écho à Samadet. Le musée départemental de la Faïence et des Arts de la table présentera l’exposition « Manger à l’œil », qui raconte deux siècles de repas en France à travers la photographie. Des images devenues elles aussi des archives du quotidien et de la société.

À Capbreton, la photographie prendra quant à elle le large. Une promenade guidée proposera de regarder le patrimoine à travers l’objectif, tandis qu’un safari photo destiné aux familles invitera les participants à observer, cadrer et raconter leur environnement. La tour de l’église Saint-Nicolas ouvrira également exceptionnellement ses portes pour une ascension offrant une vue panoramique sur la cité.

Finalement, c’est peut-être cela que ces Journées du patrimoine ont de plus précieux : elles incitent à pousser une porte, monter un escalier, regarder une façade autrement ou écouter le nom d’un lieu. Et parfois, derrière une porte que l’on croyait ordinaire, il suffit d’un week-end pour découvrir ou redécouvrir l’histoire landaise.

Sébastien Soumagnas

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