Déjà envisagé en 2023 avant d’être abandonné en raison de fortes réserves sur la concurrence, le projet de rapprochement a été repensé et présenté à nouveau début 2025.
En juillet dernier, Euralis et Maïsadour avaient obtenu un accord de l’Autorité de la concurrence, sous réserve de respecter quelques conditions strictes, destinées à limiter les risques de domination, notamment sur le marché du canard gras. Ensemble, les deux groupes représentent près de 40% de la production française de foie gras. L’Autorité redoutait en effet une hausse des prix pour les consommateurs ainsi qu’une réduction des débouchés pour les agriculteurs.
Pour répondre à ces préoccupations, plusieurs engagements avaient été actés. Les deux coopératives devraient céder, d’ici 2031, un volume significatif de production de canards gras, notamment via la vente de certaines activités et marques. D’autres concessions concernaient la collecte de céréales, avec la cession d’infrastructures, ainsi que la nutrition animale, avec la vente d’un site industriel dans les Landes.
Se heurtant à des difficultés de financement de la fusion, les deux partenaires viennent donc de décider d’arrêter le projet en cours. Pour autant, la volonté de se rapprocher n’est pas abandonnée. Les groupes Euralis et Maïsadour restent persuadés que, face à la crise du monde rural, il est indispensable de repenser les modèles et de consolider les filières.
« Dans un contexte marqué par de profondes mutations, une concurrence intense, des crises à répétition et un enjeu crucial de valorisation du travail et des productions des agriculteurs, ces discussions de rapprochement visent à mieux soutenir et promouvoir les filières agricoles régionales », expliquaient Euralis et Maïsadour.
« Notre destin est lié et nous voulons construire la coopérative dont nos agriculteurs ont besoin », avait déclaré Christophe Congues, président d’Euralis. « Ensemble, nous pourrions porter plus haut la voix de nos territoires et de nos savoir-faire. Face à une concurrence et des clients toujours plus concentrés, nous pourrions ouvrir ensemble des opportunités nouvelles et à plus forte valeur ajoutée pour les agriculteurs. Et nous serions plus à même d’attirer les jeunes agriculteurs qui contribueront demain, depuis notre Sud-Ouest, à défendre la souveraineté alimentaire française », avait ajouté Daniel Peyraube, président de Maïsadour.






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