Le musée des beaux-arts de Pau bénéficie d'une renommée internationale grâce à l'acquisition audacieuse, réalisée par la ville en 1878, du Bureau de coton à La Nouvelle-Orléans d'Edgar Degas — le tout premier tableau du maître impressionniste entré dans une collection publique française (ci-contre).
Ayant attiré 50 000 visiteurs en 2025, dont près de 10 000 scolaires, l'institution s'affirme comme un moteur culturel incontournable, adossé à l'École Supérieure d'Art et de Design des Pyrénées.
Pourtant, cette vitalité culturelle se heurte aujourd'hui à des urgences bien plus matérielles. Pour préserver ce patrimoine précieux de 5 000 pièces (peintures, sculptures et art graphique), l'établissement doit en effet s'adapter aux réalités climatiques actuelles et à la multiplication des vagues de chaleur.
Suite à une panne survenue en mars dernier, une fermeture exceptionnelle au public est ainsi orchestrée du 28 septembre au 17 décembre afin de rénover intégralement le système de climatisation des réserves.
Fabien Leclerc, conservateur et directeur des musées de la ville, revient sur l'urgence de la situation : « Nous avons réussi à mettre rapidement une climatisation de rechange, mais c’était un système plus palliatif que durable. »
Face aux variations météorologiques, le chantier vise à pérenniser la protection du fonds patrimonial. « Cette période de travaux de rénovation de la climatisation des réserves est un enjeu crucial : l’objectif est d’avoir des conditions de température et d’humidité optimales pour la préservation des collections », insiste-t-il.
En pratique, le chantier permettra de stabiliser le climat intérieur autour de 20°C et de maintenir un taux d’hygrométrie entre 50 et 55 %, indispensable pour la sauvegarde des œuvres.
Cap sur le virtuel
Cette fermeture temporaire ne signifie pas pour autant la mise en sommeil des activités. La Direction du Numérique de la Ville de Pau a conçu une visite virtuelle en 3D accessible dès le 28 septembre sur les sites du musée et de la ville.
Équipé d'audiodescriptions et d'explications textuelles, cet outil permettra une déambulation immersive dans les salles.
Sébastien Heuzé, chargé d’innovation 3D numérique en urbanisme et aménagement du territoire, précise : « C’est un énorme travail qui a été réalisé en interne. Les œuvres sont disponibles en audio description et un texte accompagne chacune d’entre elles. À terme, nous pourrons développer cet outil, notamment à destination des scolaires. »
En parallèle, des tutoriels d'ateliers créatifs et des interviews vidéo dévoileront régulièrement les coulisses et les métiers du musée (régisseurs, médiateurs, conservateur).
« Un musée, ce n’est pas seulement un tableau sur un mur. Il se passe plein de choses avant, pendant et après une exposition », rappelle le chargé d’innovation.
Informations sur le site internet
Noémie Besnard
Un nouveau guide des collections
Le musée des beaux-arts vient de publier un nouveau guide de collection aux éditions Cairn. Cet ouvrage réunit une centaine de chefs-d’œuvre à travers les époques et les mouvements artistiques.
Chaque section met en lumière des œuvres emblématiques, des artistes influents et des mouvements clés qui ont marqués les siècles, de la Renaissance à nos jours.
Si la peinture des grands maîtres (Rubens, Brueghel, Le Greco, Degas ou encore Berthe Morisot) est largement mise en valeur, quelques chefs-d’œuvre et d’incontournables pièces du musée méritent d’être vus ou redécouverts.
Pensé comme un outil de découverte, ce guide se propose de donner à chacun les clés pour mieux comprendre et apprécier les richesses qui constituent les collections du musée.
« On voulait offrir aux gens un objet de souvenir, mais aussi de visite, qui soit représentatif de nos collections. C’est un outil qui manquait au sein du musée », souligne Fabien Leclerc.
Le musée réouvrira ses portes le 17 décembre, avec l’inauguration de l’exposition du peintre basque espagnol Antonio Ortiz Echagüe. Il est l’une des figures majeures de la peinture espagnole du début du 20e siècle. Il incarne notamment, aux côtés d’Ignacio Zuloaga et de Joaquín Sorolla, le renouveau du réalisme en Espagne.
Formé à Paris et Rome, ce voyageur infatigable, ses œuvres sont fortement influencées par ses séjours au Maroc, en Italie, aux Pays Bas ou encore en Argentine.



N.B

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