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FOCUSComment les drones ont-ils modifié le travail des pompiers des Pyrénées-Atlantiques ?

Utilisés très régulièrement depuis 2020-2021, les drones ont considérablement changé l'approche opérationnelle des soldats du feu. De nombreux avantages pour des coûts limités que le Commandant Julien Nozères nous explique...
Un télépilote de drone des pompiers en pleine intervention.Crédit photo Paul De Sousa / SDIS 64
En France, presque tous les départements sont aujourd'hui équipés de drones. Un outil haute technologie devenu indispensable dans les missions des pompiers, et tout laisse à croire que ce n'est que le début...

Cela fait désormais quelques années que les drones de loisir se développent, passant de simples hélicoptères en modèles réduits à de véritables engins volants élaborés et très techniques. Certains s'en servent pour s'amuser, d'autres les utilisent à des fins cinématographiques, et chez les pompiers, depuis plusieurs années, les drones sont utilisés comme un outil d'intervention supplémentaire.

Dans les Pyrénées-Atlantiques, c'est en 2018 qu'ils ont été introduits pour la première fois. « Nous étions complètement novices à cette technologie, il a fallu que nous soyons formés », explique le Commandant Julien Nozères, en charge du pilotage de l'unité drone des sapeurs-pompiers des Pyrénées-Atlantiques. Une formation de pilote d'ULM entreprise par trois personnes afin de faire des tests et d'acquérir du matériel avant de lancer la démarche à plus grande échelle. Aujourd'hui, ils sont 10 membres de cette unité, avec pour le moment 4 drones, dont deux équipés de visions thermiques. Deux appareils supplémentaires sont en cours d'acheminement.

 … Utiles lors d’incendies, inondations ou pour la recherche de personnes.

« Les drones sont utilisés au besoin. Pour l'opérationnel, cela va nous être utile lors d'incendies, d’inondations ou pour faire de la recherche de personnes. Nous allons pouvoir balayer une zone rapidement, récolter des informations visuelles, évaluer la surface et voir ses enjeux afin d'agir en conséquence ». Un gain de temps majeur pour les soldats du feu.

Un gain financier aussi, puisque bien que le prix de ces engins soit variable (entre 1500 euros et 20.000 euros pour les plus évolués), sur le long terme, cela reste toujours moins coûteux que de faire décoller et voler un hélicoptère. « Et puis l'hélicoptère peut avoir une autre mission durant laquelle il serait plus utile. Ils sont conservés dans des circonstances particulières, pour porter secours par exemple ou pour faire du transport. On ne peut pas l'utiliser systématiquement contrairement aux drones ».

Crédit photo Paul De Sousa / SDIS 64

Car oui, sur chaque opération qui peut nécessiter l'intervention d'un drone, deux opérateurs seront sur place : un pilote et un observateur en charge de la sécurité du vol. « Nous ne sommes pas prioritaires dans le ciel, donc nous devons nous assurer d'agir dans la sécurité la plus totale ». Des vols qui peuvent durer jusqu'à 25 minutes par batterie, les équipes ayant entre 5 et 8 batteries par drone.

« Nous pouvons aussi utiliser ces drones pour des missions de prévision. Nous filmons ou prenons des photos afin de préparer de la documentation et de prévoir d'éventuelles interventions. C'est une façon bien plus efficace de cartographier une zone, car jusqu'à présent nous utilisions des orthophotos qui ne sont rien de plus que les photos Google Maps, parfois trop datées... Grâce aux drones, nous avons des images en temps réel ».

Malgré tout, quelques points restent perfectibles. En effet, des interférences peuvent survenir si des lignes électriques se trouvent à proximité du lieu de vol. Une problématique résolue par la technologie, puisqu'un programme permet au drone de revenir à son point de départ de façon autonome en cas de perte de contact avec la télécommande. Le froid qui vide prématurément les batteries et les vents forts qui perturbent les vols sont aussi des problèmes rencontrés. « Heureusement sur notre territoire c'est assez rare, car ces problèmes interviennent en cas de conditions extrêmes »

Tout laisse à croire qu'on n'est qu'au début du développement de ces hautes technologies dans le métier des pompiers. « Par exemple, lors de l'incendie de la Cathédrale Notre-Dame de Paris, les pompiers ont utilisé des drones terrestres. Quelques unités en sont déjà équipées afin d'éviter à leurs soldats de prendre des risques. On n'est à peine qu'au début de cette technologie je pense », conclut le Commandant Julien Nozères.

Timothé LINARD

Voir le site internet SDIS64

Crédit photo Tanguy Ratomhenina / SDIS 64

Un outil déconseillé aux particuliers en cas d'intervention

Le Commandant Julien Nozères tient à tout de même avertir les usagers qui pourraient posséder un drone chez eux. « En cas d'incendie ou d'inondation, il ne faut pas que des particuliers utilisent leur drone. Il y aurait un risque de collision avec nos appareils, et seuls, les particuliers ne seraient pas attentifs à la présence d'hélicoptères ou aéronefs de la sécurité civile, de la gendarmerie, etc. Cela crée des risques inutiles ».

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