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RESTO DU JOURHendaye : Granada, le restaurant tant désiré des Sahakyan

Après avoir erré en France pendant 5 ans sans pouvoir travailler, Suren et sa femme Anna, au fil de leurs pérégrinations, ont posé leurs valises à Hendaye et ouvert en août dernier leur établissement de restauration rapide et épicerie arménienne. Un conte de fée qui avait plutôt mal commencé.
Photo de Suren et Anna Sahakyan dans leur restaurant
C'est l'histoire d'une famille arménienne, les Sahakyan, qui ont enfin réalisé leur rêve après avoir traversé un incroyable parcours du combattant.

Si aujourd'hui le bonheur illumine leurs visages, il leur a fallu passer par de nombreuses étapes avant de pouvoir ouvrir le 7 août dernier « Granada », le restaurant rapide et épicerie de produits arméniens situé rue des pins à Hendaye. Lorsque vous passez les portes de l'établissement, vous êtes accueillis par Suren et Anna Sahakyan, deux personnes d'une gentillesse et d'une humilité hors pair.

Pendant que Suren détaille les produits sur les étagères, sa femme dresse une table. « En Arménie si quelqu'un vient chez nous, on fait déguster les produits » nous explique le maître des lieux. Entre les confitures de rose, de noix ou encore d'aubergine, les jus de fruits ou encore les thés ou les vins, Suren ne tarit pas de superlatifs pour les mets de son pays. Sans oublier la Grenade, le fruit emblème de son pays qui vient s'inscrire jusque dans le nom de son fief. Mais avant d'en arriver là, faisons un petit retour sur leur histoire...

Les épreuves avant la récompense

Anna et Suren ont tous deux quitté l'Arménie en 2010, chacun de leur côté, sans se connaître, pour rejoindre la ville de Sotchi en Russie. Suren, cuisinier de formation intègre un grand restaurant et Anna travaille dans un Subway, enseigne dans laquelle, sous l'oeil de Cupidon, ils vont se rencontrer. Après avoir habité pendant 5 ans là-bas, puis eu leur premier enfant Samuyl, l'insécurité et la dangerosité de l'endroit les encouragent à partir sous de meilleurs cieux. Commence pour la petite famille un chemin semé d'embûches qui va les emmener en Biélorussie.

Suren explique « J'ai un ami à Poitiers donc notre destination était la France. » Si sur le papier l'itinéraire semblait simple, c'était sans compter sur le passage de la frontière de Biélorussie en Pologne. En effet, pour entrer sur le territoire européen, deux solutions existent : avoir un visa ou bien passer devant un jury de 5 personnes qui donne ou ne donne pas le sésame. À force de ténacité, la famille Sahakyan a obtenu le papier et a donc pu rejoindre Poitiers.

D'autres difficultés se sont présentées en France dont la barrière de la langue et l'impossibilité de travailler. Cependant, ces années de galère auront pourtant servi à Suren et sa femme pour apprendre le français. Ainsi, à partir de 2015, la famille qui a, entre-temps, eu une petite fille va aller de villes en villes pour finalement atterrir à Hendaye. Là, Suren et Anna vont chacun trouver un emploi avec toujours à l'esprit cette envie d'ouvrir leur propre restaurant arménien. « 5 ans de stress pour finalement pouvoir s'installer » dit Suren avec soulagement.

« Granada, ton doux nom, ma seule prière »

Après s'être installés et un peu stabilisés, les Sahakyan montent un dossier pour obtenir une des cabanes qui se trouvent en front de mer, sur la jetée afin de réaliser leur rêve. Bien que leur dossier soit, selon la mairie d'Hendaye « très bien monté et viable », ils n'obtiennent pas le bail de 5 ans, finissant en 3ème position. Un coup dur sur le moment mais qui va s'avérer finalement être un mal pour un bien. En effet, ces cabanes auraient uniquement pu faire de la restauration rapide mais pas de vente de leurs produits arméniens. Quand le destin s'en mêle et surtout les prières des enfants, les événements se déroulent à la perfection pour Granada.

C'est ainsi que quelques jours plus tard, les Sahakyan ont découvert le local qu'ils occupent aujourd'hui. Puis tout va s'enchaîner à une vitesse incroyable. En effet, le 1er juillet ils signent le bail, la remise des clefs s'effectue le 4 puis le 6 ils s'attèlent aux travaux. En tout juste un mois, ils abattent un travail de titans et ouvrent finalement le 7 août. A partir de ce moment-là, Suren peut s'installer derrière ses fourneaux, le sourire aux lèvres, satisfait du travail accompli. Dans son élément, il prépare ses « blitt », une crêpe composée de plusieurs garnitures sucrées ou salées ou encore ses « lavash » détaillant sa façon de faire tout en expliquant « j'aime voir les gens pour qui je cuisine ». Si Granada n'en est qu'à ses débuts, Suren a déjà quelques projets en tête dont mettre quelques tables pour permettre aux clients de déguster ses mets sur place. Affaire à suivre...

Sébastien Soumagnas

Voir le site internet du restaurant "Granada"

Voir la page instagram du restaurant

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