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Créateurs et passionnés – Winereef décroche la palme à Paris

Rubriques : Economie Pays Basque
Le 13 Fév. 2019

Le site des réservoirs de Passy était l’un des plus insolites de l’appel à projets « Réinventer Paris II ». A l’arrivée, c’est une triplette basque qui a gagné…

Le projet porté par la microsociété cibourienne Winereef visait à « exporter » dans ces réservoirs de la Capitale son concept breveté de vinification subaquatique, déjà exploité dans la baie de Saint-Jean-de-Luz et à l’origine de la gamme de vins Egiategia.


Le projet de « l’aquaviticulteur » Emmanuel Poirmeur, de l’architecte Miguel Montouro et d’Éric Kerlogot, fondateur et dirigeant d’AcTime Conseil, était sans nul doute l’un des plus singuliers de toutes les propositions du dernier « Réinventer Paris ». Et des plus culottés, quand on sait les convoitises qu’excitait le site atypique des réservoirs de Passy.

Celui-ci se composait de « quatre compartiments initialement affectés au stockage d’eau non potable », dont un « bassin Villejust » développant « deux réservoirs superposés, recouverts d’un couvercle engazonné ». Il fallait travailler à la reconversion d’espaces d’une emprise totale de 4.000 m2, et prévoir « une dimension d’agriculture urbaine ».


L’appel à projets suggérait aussi d’exploiter le caractère « aquatique » du lieu. Le message a été reçu 5/5 par notre trio basque, dont l’idée a finalement éclipsé celles d’une concurrence aussi prestigieuse que pléthorique.

Cette idée s’appuyait avant tout sur le concept de chai subaquatique développé par Emmanuel Poirmeur du côté de Saint-Jean-de-Luz : « Ce nouveau procédé va rechercher des conditions physiques nécessaires pour la réalisation de la vinification : pression, obscurité, inertie thermique et surtout agitation, notamment en raison des variations de pression liées aux marées », explique le site web d’Egiategia, atelier qui exploite cette méthode et « réalise des fermentations en cuves dans la baie de Saint-Jean-de-Luz, à 15m de profondeur. L’étape qui y est réalisée est une seconde fermentation alcoolique ».


Un chai sous-marin, mais pas que…

Un procédé qui n’aurait rien du gadget, puisque « dans le milieu sous-marin, cet environnement aux conditions physiques extraordinaires, le métabolisme des levures et leurs autolyses sont modifiés. Sont ainsi révélés de nouveaux profils aromatiques qui n’apparaissent pas à terre dans des conditions plus classiques ».

Mais les réservoirs de Passy ne présentaient pas tout à fait les mêmes conditions que la baie de Saint-Jean-de-Luz, et une fois lancés les « paris » un peu fous entre compères, il a bien fallu méditer sur les questions d’ordre pratique. À commencer par une simulation efficace des conditions de marée, qui passeront ici par la mise en mouvement des cuves. Des cuves de 300 litres qui pourraient être au moins dix fois plus nombreuses dans ces réservoirs parisiens qu’actuellement dans l’océan.


Autour de cette idée de base, l’équipe Winereef a développé des prestations complémentaires, à commencer par… une école de plongée, qui proposera des baptêmes dans une fosse de 7 mètres de profondeur. Il est également question d’un « musée subaquatique », d’un espace gastronomique de 800 m2 et d’un potager agro-urbain.

L’ouverture de ce « complexe » (on ne sait trop comment l’appeler) est prévue pour 2021. En attendant, le projet fait un joli buzz et les comparaisons pleuvent, du remake de Metropolis au programme de savant fou. Mais peut-être pas si fous que cela, nos trois savants, qui ont habilement su saisir l’air du temps… Un air qui fleure bon l’océan !

Plus d’informations sur le site Réinventer Paris

 

 

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