SINGLE CREATEUR

CREATEURS ET PASSIONNES – Nataïs reste « naturellement popcorn »

Le 29 Mai. 2020

A Bézéril, Michael Ehmann a traversé la période de confinement sans perdre son cap. L’entreprise gersoise compte bien concrétiser le développement d’une filière agro-écologique…

Nataïs, leader européen de la fabrication et du conditionnement de popcorn, est né dans les années 90 d’un partenariat entre Michael Ehmann, issu d’une famille d’agriculteurs allemands possédant une exploitation dans le Gers, et le semencier américain Zangger.


Pionnier du popcorn sur notre continent, l’entrepreneur s’était lancé dès 1997 dans la production de sachets micro-ondables. Cette dernière décennie, entre industrialisation, automatisation et augmentation de ses capacités, l’entreprise a commencé à se développer hors d’Europe et créé de nouvelles entités en Afrique du Sud et au Portugal. L’an dernier, elle a aussi lancé sa nouvelle marque « Maison Popcorn ».

Mais pour Nataïs, le grand sujet des dernières années, c’est la création d’une filière locale qualitative et fondée sur les principes d’une agro-écologie de précision.


En février, son projet, baptisé « Naturellement Popcorn », a d’ailleurs connu une avancée significative avec la conclusion d’un accord entre la société et ses partenaires, à savoir deux unités mixtes de recherche auxquelles est associé l’INRAE (l’unité AGroécologie et le Cesbio), l’Université Paul Sabatier de Toulouse, l’entreprise STMS (intégration et services informatiques) et la coopérative de conseil Agro d’Oc.

Ce projet de 7,5 millions d’euros est financé à hauteur de 4,4 millions par le PIA (Programme d’Investissements d’Avenir). On rappelle que Nataïs s’était avant cela fait remarquer en élaborant le concept innovant « Green Tillage » de semis de maïs sous couvert de féverole, pour une agriculture régénératrice.


Un niveau d’activité rassurant…

Installée au Domaine de Villeneuve de Bézéril, la société écoule aujourd’hui sa production dans plus de 50 pays. Les 9 dixièmes de son chiffre d’affaires de plus de 50 millions d’euros sont réalisés à l’export. L’activité de Nataïs représenterait plus du tiers du marché du popcorn sur le Vieux Continent.

Ses 240 partenaires (dont 20 en bio et près des deux tiers dans le Gers) cultiveraient chaque année 55.000 tonnes de maïs dédié sur 7.200 hectares, tandis que ses 130 salariés produiraient 200 millions de sachets par an, ainsi que du popcorn en vrac pour la distribution spécialisée, dans des contenants (sacs ou big bags) de 10 à 930 kg.


Pendant la crise sanitaire, l’entreprise a continué de tourner en mettant en place toutes les mesures de précaution indispensables. Son dirigeant précise que sa vaste usine se prêtait plutôt bien à cette nouvelle organisation de la production. Comme souvent, les fonctions administratives et de support ont basculé en télétravail. Ce dernier s’est poursuivi après le 11 mai, avec quelques assouplissements pour permettre un retour sur site d’équipes administratives, avec un roulement. Un moyen de maintenir le lien social et l’esprit d’équipe, comme l’a expliqué Michael Ehmann à La Dépêche.


Pour le reste, les salariés ont joué le jeu pendant toute la durée du confinement, et l’entreprise, bien qu’évidemment impactée, a tenu bon. Le popcorn en vrac, destiné aux distributeurs spécialisés et in fine aux lieux comme les cinémas, a évidemment souffert. Il représenterait entre 15 et 20% des ventes de l’entreprise (en volume).

Mais Nataïs a en revanche vu la demande de sachets micro-ondables décoller de 20%, ce qui aurait permis de maintenir le niveau d’activité global. L’entreprise précise que les semis de ses partenaires cultivateurs se sont déroulés comme prévu.


À priori, on ne manquera donc pas plus de popcorn dans les prochains mois que les Aztèques de jadis, qui paraît-il s’en servaient déjà pour leurs cérémonies. Bien longtemps, donc, avant la naissance de ce cher Oncle Sam !

Informations sur le site internet, cliquez ici

Voir notre dernier article sur le projet « Naturellement Popcorn », c’est ici


 

3 commentaires au sujet de cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *