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ALERTE PAYSANS57% dans le rouge en Occitanie et 51% en Nouvelle Aquitaine

On savait à quel point la situation de nos agriculteurs était difficile, voire souvent dramatique. L’Observatoire de la rémunération de Max Havelaar confirme l’étendue des dégâts.
ALERTE PAYSANS – 57% dans le rouge en Occitanie et 51% en Nouvelle Aquitaine
Entre 2015 et 2024, 43% des agriculteurs français ont généré, en moyenne, un résultat négatif ou inférieur au SMIC.

C’est dans le Sud-Ouest que l’on enregistre les chiffres les moins bons dans les exploitations. En Occitanie, 18% des agriculteurs ont enregistré un résultat négatif et 39% un résultat inférieur au SMIC ; en Nouvelle-Aquitaine, 18% des agriculteurs ont enregistré un résultat négatif et 33% un résultat inférieur au SMIC.
 
L’analyse démontre également que le niveau de revenus des agriculteurs évolue assez peu dans le temps. Autrement dit, les agriculteurs les plus modestes le restent, généralement, et ne remontent que rarement parmi les catégories supérieures de revenus.
 
En suivant la trajectoire des agriculteurs dont le revenu est inférieur au SMIC en 2015 sur les années suivantes, on observe que parmi eux, 56% sont restés sous le SMIC la majorité du temps (entre 6 et 10 années) jusqu’en 2024. Ce phénomène ne s’estompe que peu dans le temps et permet de conclure sur l’existence d’une « trappe à pauvreté » parmi les agriculteurs
 
Concernant le niveau de vie des agriculteurs, en prenant en compte les différentes ressources (dont les revenus issus de l’agriculture, mais pas uniquement) et le nombre de personnes au sein du foyer, une réalité structurante apparaît clairement : le niveau de vie des agriculteurs repose largement sur des ressources extérieures à l’activité agricole.
 
Le bénéfice agricole ne représente que 35% du revenu disponible des ménages agricoles. Autrement dit, près des deux tiers des ressources proviennent d’autres sources : revenus d’activité non agricole, pensions et retraites, revenus du patrimoine ou transferts sociaux. Les agriculteurs monoactifs (71% des exploitants) sont ceux dont les niveaux de vie sont les plus faibles, tandis que les pluriactifs (29 %) affichent un niveau de vie médian supérieur de 5.000 € par an (+19,5%). La diversification des revenus joue un rôle de protection particulièrement marqué pour les exploitants dans la situation la plus modeste.

Par ailleurs, le niveau de vie de l’ensemble des ménages agricoles permet de comparer la situation des agriculteurs à celle du reste de la population. Si le niveau de vie médian des ménages agricoles est proche en moyenne du niveau de vie médian des Français (22.800 € par an contre 22.400 € par an), il masque des inégalités plus marquées.
 
Les ménages agricoles les plus modestes sont plus pauvres que leurs équivalents dans la population générale, et inversement pour les ménages les plus aisés. Les écarts entre ces situations extrêmes sont plus élevés dans la population agricole (rapport de 4,1 contre 3,4). Autrement dit, les inégalités des niveaux de vie entre agriculteurs sont plus fortes que les inégalités globales au sein de la population française.
 
Il faudrait 4,7 milliards par an pour que chaque agriculteur dont le revenu est inférieur au SMIC atteigne ce seuil minimal. Ce montant a fortement varié depuis 2015, atteignant un record en 2024 : 5,22 milliards en 2024. L’accentuation de cette somme manquante sur ces deux dernières années n’est pas seulement due à une augmentation du nombre d’agriculteurs sous le SMIC, mais aussi à une précarisation des agriculteurs, qui sont davantage éloignés du SMIC qu’auparavant.
 
Des milliers d’exploitants ne parviennent pas à se verser un revenu équivalent à environ 1.450 euros nets mensuels, malgré de très nombreuses heures de travail. Cette profession est donc largement sous-rémunérée. De plus, elle subit des attaques incessantes et coule sous les normes et de multiples contraintes.
 
Il faut espérer qu’à l’occasion de la prochaine campagne des élections présidentielles, leur avenir soit positionné au centre des débats.

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