Pendant des années, l’arrivée du Quiksilver Pro France transformait Hossegor et Seignosse en capitale mondiale du surf. Les meilleurs surfeurs de la planète s’y affrontaient dans le cadre du circuit professionnel, attirant passionnés, médias et public bien au-delà des Landes. Puis cette étape a disparu, laissant un vide dans le calendrier local.
C’est sur cette vague que Jérémy Florès a choisi de rebondir. L’ancien champion du monde junior et vainqueur du Quiksilver Pro France est à l’origine du Quiksilver Festival, dont la quatrième édition se déroulera du 19 au 27 septembre à Hossegor, Seignosse et Capbreton. L’ambition est on ne peut plus claire, c'est de retrouver quelque chose de l’atmosphère des grandes années, mais en changeant de partition.
Car le Quiksilver Festival n’est pas une étape de la WSL. Pas de points à engranger ni de classement mondial à défendre. Le principe est d’inviter 24 surfeurs internationaux pour une compétition, avec une liberté revendiquée dans les formats et les équipes. Ici, le spectacle compte autant que le résultat.
Quand le surf casse les codes
Cette différence est au cœur de l’identité du festival. Plutôt que de chercher uniquement à désigner le meilleur surfeur, les organisateurs jouent avec les formats et les générations. Les éditions précédentes ont ainsi proposé des épreuves comme le Best Combo, consacré à l’enchaînement de plusieurs manœuvres sur une même vague, ou le Biggest Turn, qui récompense la figure la plus spectaculaire. En 2024, le Twin Fin Challenge avait également permis aux concurrents de renouer avec les sensations de planches à deux dérives.
Cette liberté permet de réunir des champions confirmés, des figures historiques et la nouvelle génération. Le plateau 2025 avait notamment rassemblé Griffin Colapinto, Kanoa Igarashi, Kai Lenny, Kauli Vaast, Vahine Fierro, Marco Mignot et Jérémy Florès. Zeke Lau et Leonardo Fioravanti avaient finalement remporté l’épreuve par équipes.
En 2026, La Nord, plage centrale de Hossegor, sera le grand théâtre du surf, avec des journées annoncées de 8 heures à 18 heures. Mais le festival entend largement dépasser le seul terrain de jeu des vagues.
Hossegor accueillera le cœur de la compétition, mais aussi plusieurs rendez-vous musicaux sur la place des Landais. À Capbreton, le skatepark Capzoo, la plage du Santocha ou encore l’Estacade entreront dans la danse. Seignosse ne sera pas en reste avec le Surfing des Estagnots et le skatepark du Penon.
Cette extension territoriale est justement l’une des évolutions du concept. Le Quiksilver Festival ne veut plus seulement être un événement posé sur un spot parce qu'il compte faire vibrer toute la côte sud des Landes. Surf, skate, photographie, cinéma, design et musique doivent ainsi composer une même culture de la glisse.
Ed Banger monte le son
Pour cette édition 2026, la bande-son change également de dimension. Quiksilver a confié l’identité visuelle du festival à SO ME, artiste, réalisateur et directeur artistique emblématique d’Ed Banger Records. Son univers graphique investira l’événement et une collection exclusive.
Surtout, Pedro Winter et la famille Ed Banger prennent pour la première fois les commandes de la programmation musicale. Le label qui a accompagné Justice, Breakbot, SebastiAn, DJ Mehdi ou Mr. Oizo entend faire dialoguer son univers avec celui de la board culture. Busy P, Myd, Breakbot & Irfane, Tatyana Jane, Haich Ber Na, Mad Rey ou encore YSN figurent ainsi parmi les artistes annoncés.
La musique devient donc plus qu’un accompagnement : elle constitue l’une des têtes d’affiche du festival. Après avoir remis les meilleurs surfeurs dans les vagues landaises, Quiksilver veut remettre Hossegor dans le rythme.
C’est finalement là que se joue le véritable pari de Jérémy Florès. Le Quiksilver Festival ne prétend pas ressusciter à l’identique le Quiksilver Pro France. Il cherche plutôt à inventer son successeur, avec une compétition plus libre, une programmation culturelle plus large et une forte identité musicale.
De La Nord aux skateparks, des sessions de surf aux concerts, des films aux opérations inclusives et environnementales, le festival veut transformer neuf jours de septembre en grand bain de culture glisse.
Après la disparition du rendez-vous qui avait longtemps rythmé l’automne landais, la vague Quiksilver tente donc un nouveau take-off. Reste à voir si elle parviendra à retrouver la hauteur et l’énergie de celle qui, pendant des années, avait fait d’Hossegor l’un des grands noms du surf mondial.
Sébastien Soumagnas



Ville d'Hossegor DR

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