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Coup de Cœur - Olivier Maurin vers une autre pratique pastorale

L’éleveur béarnais compte raviver et moderniser l’ancestrale transhumance hivernale, en apportant une réponse concrète aux problématiques actuelles...
Berger, Béarn
Jusqu’à la fin du mois de mars, entre 150 et 200 jeunes brebis vont arpenter les 70 hectares de vignes du château de La Dauphine, à Fronsac (Gironde).

Olivier Maurin est berger à Asasp-Arros. Il retrace l’historique de la traditionnelle transhumance hivernale des éleveurs, consistant à accompagner les bêtes dans les plaines pour qu’elles puissent rester dehors malgré les hivers rigoureux.

D’autre part, en restant trop longtemps au même endroit, les brebis se retrouvent infestées de parasites, donc cette transhumance hivernale permet d’éviter les dépenses liées aux soins.

« Dans la vallée, les exploitations étaient trop petites pour héberger le troupeau, donc le cadet de la famille était chargé de le déplacer tout au long de l’année. L’été, les animaux étaient en estive ; l’hiver, le berger conduisait les bêtes dans le nord du Béarn, le Gers, les Landes et même jusqu’en Gironde et dans le Lot-et-Garonne ».

Malgré les avantages qu’offre la transhumance hivernale (poids économique amoindri et jachère des parcelles de l’exploitation), les troupeaux se sont peu à peu sédentarisés avec l’agrandissement des exploitations, et la tradition s’est perdue. « Pourtant, les transhumances soulagent beaucoup les propriétés des éleveurs, à la fois économiquement et environnementalement », précise-t-il.

Aujourd’hui l’agriculture et les vignobles opèrent des mutations vers des techniques plus respectueuses de l’environnement et l’écopâturage redevient d’actualité. Le domaine du château de La Dauphine est passé en culture biologique en 2015. Il s’est rapproché d’un des centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural (Civam) de Gironde pour développer cette pratique.

Une tradition adaptée à de nouveaux enjeux

« Éric Gutierrez, un ami berger en Gironde qui fait la promotion du pastoralisme, m’a contacté pour me faire part de ce projet », raconte le berger béarnais qui s’est investi dans cette expérience avec quatre autres bergers du Béarn et du Pays basque.

Pendant cinq mois, deux bergers surveilleront entre 150 et 200 agnelles (jeunes brebis qui ne produisent pas encore de lait). De cette expérience, le château de La Dauphine tirera l’avantage d’une tonte naturelle de ses vignes et utilisera le fumier comme engrais.

« Ce qui me tient à cœur, c’est de montrer que cette forme de pastoralisme est une des réponses que l’on peut apporter pour répondre aux nombreux enjeux de la filière et mettre du lien entre le milieu pastoral et les périphéries urbaines », confie Olivier Maurin.

Si cette première expérience porte ses fruits, Olivier Maurin compte développer cette offre de mise en pension et ainsi pérenniser le métier de berger. « Cette expérience est un pied de nez à l’histoire : on utilise une pratique ancestrale, on la modernise et l’adapte aux enjeux actuels du monde pastoral ».

Information sur le site internet de la Ferme du Payssas

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