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Créateurs et Passionnés

Dans les Landes, Simon Claisse est le Fustier de l'Océan

Fabriquer des maisons en rondins de bois était un « rêve de gosse » pour celui qui souhaite pérenniser et développer une profession trop peu répandue en France...
Simon Claisse pose devant sa maison en rondins de bois dans les Landes.
C'est à Bias, dans les Landes, que l'artisan s'est installé avec sa femme. Actuellement en création d'entreprise, il termine sa formation très concrète par la construction de son propre domicile.

« J'ai toujours eu l'objectif de faire grandir mes enfants en face de l'Atlantique, et les Landes m'ont toujours appelé », commence Simon Claisse, un bientôt quadra originaire de Valenciennes, dans le nord de la France. Mais avant d'en arriver là, c'est à la capitale qu'il a vécu sa première vie. « Pendant une dizaine d'années j'ai travaillé dans la fonction publique. J'avais un logement de fonction, un véhicule de fonction, un téléphone de fonction, bref, une vie de fonction qui n'était pas la mienne ».

C'est pour donner du sens à sa vie et à son activité qu'il se tourne vers le métier de fustier. « C'était un rêve de gosse de construire des cabanes, des maisons en bois. Et puis dans la société actuelle, c'est un véritable défi, nécessaire je pense, pour respecter des engagements environnementaux ».

Car l'une des particularités de ce métier, c'est l'utilisation de produits presque bruts. « Le fustier sélectionne ses arbres dans la forêt. Les arbres sont ensuite ébranchés puis transportés sur le chantier. Ils sont écorcés et lavés, et sont prêts à être utilisés ». Une méthode 100% naturelle, que Simon Claisse veut avec le moins d'aide possible venant de machines industrielles. « Cela abîme le bois. Nous, on cherche à faire le maximum de travail à la main ».

« Nous » c'est l'ensemble de la Fédération des artisans fustier français, qui rassemble une quinzaine de personnes à travers le pays. « C'est un métier très peu répandu. Pourtant, il y a de plus en plus de demande. Les gens aiment l'idée de construire leur maison en rondins de bois, cela comporte de nombreux avantages ».

Au-delà d'un aspect esthétique très convaincant, les fustes proposent des atouts techniques et pratiques. « Cela offre un bien-être exceptionnel. Et puis le bois est un formidable matériau, grâce à ses propriétés, notamment d'auto-régulation. La qualité de l'isolation thermique est folle, cela n'a rien à envier aux maisons traditionnelles ». Sans compter que le bois stocke du CO2 et lutte ainsi contre le rejet carbone.

Véritable amoureux de son métier, Simon Claisse souhaite transmettre un savoir-faire rare. « Je pense que c'est nécessaire au métier. Je ne vois pas comment il pourrait se développer s'il n'y a pas de formation propre à la fusterie ». Actuellement, une formation existe, mais elle n'est pas certifiée.

« Officialiser ce parcours permettrait de créer du contact entre différentes personnes, et de créer une cohésion, une dynamique collective. C'est important que l'on se développe en commun », explique celui qui a rencontré plus de 200 personnes dans la mise en place de son projet.

De son côté, Simon Claisse souhaite répondre à une demande et créer des emplois. « On ne cherche pas simplement à avoir des stagiaires. Si derrière on ne peut pas leur proposer un poste, cela n'a pas de sens... Et c'est un cercle vertueux, car plus nous aurons de postes, plus cela fera fonctionner la formation, et plus il y aura de personnes qualifiées », conclut-il.

Un rêve d'adulte...

Parmi ses rêves, Simon Claisse a ceux d'enfants, qu'il réalise petit à petit, et ceux d'adulte, qui sont un peu plus lointains. C'est par exemple le cas pour la création d'un lieu de bien-être dédié aux travailleurs du monde du bâtiment.

« Il y aurait des professionnels de plusieurs domaines, pour assurer un accompagnement physique aux artisans, comme peuvent en bénéficier les sportifs de haut niveau. Cela permettrait de revaloriser l'ouvrage physique, et de redonner une belle dynamique au secteur ». Un rêve qui se réalisera peut-être un jour...

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