Abonnez-vous
Publié le

1500 COUPS DE POUCELa Ferme Guilhembaqué, laboratoire vivant de la transition

À Laroin, cet ancien corps de ferme bicentenaire s'est métamorphosé en un tiers-lieu foisonnant. Entre agriculture durable, éco-habitat, coworking et culture, ce tiers-lieu invente au quotidien une nouvelle manière d'habiter le territoire.
La Ferme Guillhembaqué est un tiers-lieu entre transition énergétique, mobilité douce et citoyenneté, à Laroin.N.B
Légué à la municipalité de Laroin en 2008 sous une unique condition (ne jamais détruire ses vieilles pierres), ce bâti datant de 1822 a trouvé une seconde jeunesse.

Inauguré sous sa forme actuelle en novembre 2023, le site est né de la synergie entre trois acteurs du territoire : la coopérative Habitat ÉcoAction, le CIVAM et un collectif d’habitants désireux de dynamiser la vie culturelle locale.

Aujourd'hui, l'ancien corps de ferme s'est métamorphosé en un espace vivant et chaleureux, animé au quotidien par l'énergie d'une quinzaine de bénévoles engagés.

On y expérimente et développe d’autres manières de consommer, d’habiter et de se déplacer, par des modes de gouvernance partagés, favorisant le faire ensemble.

« C’est un lieu hybride qui tente de créer des synergies sur le territoire », résume Thomas Merzlic, coordinateur du tiers-lieu. « L’objectif est que les habitants puissent se réapproprier cet espace, en y venant et en étant acteurs de sa programmation. La Ferme Guilhembaqué, c’est un lieu ressources inclusif et intergénérationnel, ouvert à tous. »

Pour répondre à cet objectif, la Ferme s'articule autour de quatre grands piliers qui rythment la vie des usagers.

Un laboratoire concret pour l'éco-habitat et l'agriculture durable

CD64

À la Ferme Guilhembaqué, la transition écologique ne s'écrit pas au futur : elle se pratique sur place.

Le lieu s'impose comme un véritable centre de ressources sur la réhabilitation écologique des bâtiments, pour aider les particuliers dans leurs travaux, les inspirer, les former ou simplement leur permettre d'obtenir les renseignements qui leur manquaient.

Les curieux et porteurs de projets peuvent s'y inspirer, s'y former ou simplement venir à la pêche aux conseils. « On organise des visites gratuites et ouvertes à tous, à 16h, tous les premiers vendredis de chaque mois. On fait le tour du bâtiment pour expliquer les différentes techniques qui ont été utilisées pour sa réhabilitation », explique Thomas Merzlic.

Le lieu multiplie d'ailleurs les rendez-vous professionnels et grand public, comme le forum écomatériaux de juin dernier ou la conférence prévue en octobre prochain sur l'intégration de la faune dans la réhabilitation du bâti ancien.

Prochainement, des petits-déjeuners thématiques à destination des collectivités et des techniciens viendront enrichir cette offre.

Côté terre, le respect du vivant est roi. Entre son jardin public en permaculture, ses ateliers de jardinage et ses trocs de graines et de plantes au printemps, la ferme sensibilise à l'alimentation saine.

Chaque vendredi de 17h à 19h, le marché de producteurs locaux prend place dans la cour pour proposer légumes, miel, pain bio ou produits à base de chanvre.

Ferme Guilhembaqué

Culture, convivialité et esprit villageois

Mais la Ferme, c'est aussi et surtout un lieu d'animation et de partage. Chaque mois, une programmation culturelle variée (concerts, spectacles, ateliers de réparation d'objets) rassemble habitants et visiteurs.

La culture béarnaise y occupe une place de choix grâce au groupe de travail Parlem, qui prépare notamment une soirée de danses traditionnelles en septembre et la grande « Journée Parlem » organisée sur deux jours.

Pour prolonger les échanges, les visiteurs peuvent profiter d'une micro-bibliothèque fort de 1500 références, dont un fonds spécialisé sur l'éco-habitat, ou se retrouver au café associatif le vendredi soir de 17h à 20h.

Du 1er au 3 octobre 2026, la ferme ouvrira d'ailleurs grand ses portes dans le cadre de l'opération nationale des « portes toujours ouvertes des tiers-lieux », avant d'accueillir une escale du célèbre festival Aller-Retour dans le Noir.

Enfin, la mobilité douce n'est pas oubliée : l'atelier Pignon Club propose sur place la vente, la location et la réparation de vélos pour bichonner les montures des cyclistes locaux.

Un écosystème au service des professionnels et du quotidien

Espace de vie, la ferme est aussi un cadre de travail stimulant. Les indépendants et actifs y trouvent des bureaux partagés à l'année.

Pour les entreprises et collectivités, le site met à disposition une salle de réunion équipée ainsi qu'un « Zome », une structure architecturale géométrique singulière idéale pour les séminaires, conférences ou projections.

Toujours en ébullition, l'équipe prépare déjà l'avenir avec plusieurs projets ambitieux : la création d'un nouveau site internet et le développement d'une matériauthèque.

Ce projet comportera « un outil mobile mutualisé entre les acteurs de l’éco-habitation du territoire, mais aussi un espace fixe plus étoffé pour rendre concret le message que nous souhaitons faire passer », souligne Thomas Merzlic.

Noémie Besnard

COUPS DE POUCE

Pour poursuivre son développement et ancrer encore davantage ses activités dans le territoire, le tiers-lieu recherche activement de nouveaux soutiens et partenaires.

L'équipe fait appel aux bénévoles souhaitant s'investir dans l'aventure, mais aussi à de nouveaux producteurs locaux (maraîchers, artisans...) pour venir enrichir le marché du vendredi soir.

En parallèle, une des salles du site se prêtant particulièrement bien aux pratiques douces, un groupe se constitue actuellement pour proposer des séances de Qi-Gong, de méditation ou de yoga : avis aux intervenants et passionnés !

La Ferme prépare également son offre à destination des entreprises pour 2027 en développant des séminaires « clés en main » avec restauration, et invite dès aujourd'hui les acteurs économiques, associations et collectivités du territoire à prendre contact pour imaginer de futures synergies.

Commentaires


Réagissez à cet article

Vous devez être connecté(e) pour poster un commentaire

À lire aussi