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ICI, ON PRODUIT LA VIEOlivier Neys au cœur des réseaux essentiels

L’entrepreneur représente la 3e génération d’une remarquable aventure familiale basée à Arcangues. Le Groupe Neys s’est transformé en un ensemble fort de 700 collaborateurs, baptisé Synelis depuis janvier 2026. Rencontre…
ICI, ON PRODUIT LA VIE - Olivier Neys au cœur des réseaux essentiels
Ce groupe s’inscrit pleinement dans le mouvement inédit que PresseLib’ Pays Basque initie : « ICI, on produit la vie », pour mettre en avant chaque semaine les femmes et les hommes qui produisent ICI et qui produisent ainsi de la vie ICI.

Marié et père de deux enfants, Olivier Neys compte bien poursuivre et accélérer la saga familiale démarrée par son grand-père Georges à Itxassou, puis étoffée par son père Philippe.
 
À 48 ans, cet entrepreneur avisé nous livre sa vision et ses ambitions à la tête de ce groupe aussi efficace que discret.
 
 
Quand avez-vous rejoint l’entreprise familiale ?
Olivier Neys –
Il y a 24 ans. Après un Bac économique et social, j’ai fait une école de commerce à Bordeaux, Kedge, puis un mastère en achat industriel. Je travaillais à Paris, au service achat de BNP Paribas, quand mon père m’a proposé de le rejoindre. Je n'ai pas réfléchi longtemps. En 2002, la société employait 80 personnes, avec l’essentiel de son activité au Pays Basque. Au-delà du plaisir de revenir ici, j’avais une vraie envie de m’impliquer dans cette belle aventure familiale.
 
Vos débuts ?
O. N. -
Personnellement, j'ai commencé par un parcours très riche au sein de l'entreprise parce que j'ai démarré dans les activités de production, de la conduite de travaux sur les chantiers jusqu’à la fonction de chargé d'affaires. J’ai beaucoup appris sur le terrain, au cœur des différents métiers, mais aussi auprès du directeur général de l’époque, Henri Dutournier : un homme clé de la société ETPM. J’ai pris le temps de m’imprégner de l’ADN de l’entreprise auprès de mon père, Philippe Neys, de sa culture et de la dimension humaine qui la caractérise. 10 années essentielles pour ne jamais oublier d’où l’on vient et pour préserver l’esprit maison. Je suis devenu directeur général après ce parcours, en 2012.

Revenons aux différentes étapes..
O. N. –
Mon grand-père avait créé ses premières activités depuis Itxassou, le fief familial. Il a aussi été maire du village. Pas longtemps, parce qu'il est décédé en cours de mandat. Il avait notamment construit le trinquet Balaki. Très engagé dans la reconstruction d'après-guerre en 1945, il s’était particulièrement mobilisé au niveau de la réélectrification du pays. Ses deux enfants ont chacun poursuivi une partie des activités. C’est ainsi que mon père, Philippe, a repris la société BEPRE, dans le domaine de la précontrainte de poteaux de lignes électriques, puis ETPM (Entreprise travaux publics multiples) en 1983 pour développer les métiers : la conception, la construction, la maintenance de réseaux d'énergie.

Philippe Neys avait d’autres engagements et une très forte personnalité ?
O. N. –
Mon père avait beaucoup d'activités extra-professionnelles, qu’il assurait avec passion et tempérament. Il a été notamment co-président de l’Aviron Bayonnais et adjoint au maire de Bayonne, président du Medef Pays Basque et de Nouvelle-Aquitaine. C’est pour cela que, dès 2015, il a commencé à transmettre le groupe. Il m’a confié la présidence en 2016.
 
La progression a été spectaculaire…
O. N. –
Oui. Le Groupe Synelis rassemble aujourd’hui plus de 700 collaborateurs dont 400 chez ETPM. La société s’est diversifiée pour se positionner fortement sur tous les réseaux d’énergie (électricité, gaz, eau), mais aussi au niveau des télécommunications, de l’éclairage public ou encore de la signalisation. Nous sommes présents, avec 14 implantations sur la Nouvelle-Aquitaine, l’Occitanie et les Pays de la Loire. Nous avons également créé en 2002 une structure sur l'île de la Réunion, E2R, qui compte une quarantaine de salariés. Le groupe a aussi grandi à travers des évènements extérieurs comme les grandes tempêtes, avec beaucoup de réseaux à reconstruire, des réseaux à enterrer et à sécuriser. On y a largement contribué.
 
Le fil conducteur des acquisitions ?
O. N. –
Il est quadruple : les compétences, la proximité, l’ancrage territorial et l’identité. Toutes nos activités ont des cohérences et restent dans des métiers de réseau, de conception, de construction et de maintenance. Avec un vrai professionnalisme de chaque société, un savoir-faire et une identité compatible avec notre groupe. Nous avons racheté une première société à Paris, FCTP, qui nous a permis de rentrer dans les réseaux de chaleur et de froid, dans la géothermie… avec de l'énergie produite localement. Depuis, nous l’avons développée dans le sud-ouest et à l’export. En 2019, nous avons repris la société CAUM basée à Pau, spécialisée dans les réseaux de télécommunications numériques, qui a apporté des compétences sur les métiers de la fibre optique. Quant à HP ELEC, reprise en 2022, en région parisienne, elle nous ouvre la voie du ferroviaire, avec particulièrement les caténaires. Enfin, nous venons d’acquérir Restech en Bretagne, spécialisée dans les réseaux électriques. Tout cela implique des investissements considérables.

La proximité et l’ancrage local ?
O. N. -
L'ADN que je souhaite toujours préserver, c'est l'agilité et la proximité. Pas question de risquer de casser ce qui fait notre force, quels que soient les développements et leur rapidité. Nous devons rester partout au plus près de nos clients, et nous devons aussi garder une grande proximité avec nos équipes. Dans nos métiers, on doit être constamment prêts à se mobiliser instantanément en cas de catastrophe naturelle ou de dommages sur les réseaux. Cela avec un état d’esprit à conserver : on peut être sérieux sans se prendre au sérieux.
 
Vous recherchez des affinités particulières ?
O. N. –
Complètement. Je ne veux pas faire de la croissance pour faire de la croissance. Au-delà des compétences techniques et des complémentarités, c'est toujours mieux de se marier avec des personnes qui nous ressemblent un peu. Ainsi, pour la société bretonne que nous venons de racheter, il s’est passé quelque chose avec les dirigeants, un ressenti réciproque qui les a amenés à nous choisir. Le rapprochement s’est fait naturellement entre deux entreprises avec un ADN familial. Ce qui primera toujours, ce sont les valeurs humaines, pour des métiers de proximité. Dans les 4 structures que nous avons reprises, nous avons tout fait pour préserver leur identité, en gardant leur nom ainsi que leurs dirigeants.
 
D’autres marqueurs ?
O. N. –
Il y a, avant tout, la sécurité de nos salariés. Nous oeuvrons dans des métiers accidentogènes qui exigent une politique de prévention efficace pour limiter au maximum les risques. Parallèlement, nous prenons des engagements forts en matière de RSE. Une responsabilité sociétale que nous exerçons à travers nos métiers qui favorisent la transition énergétique, mais aussi en cherchant en permanence à optimiser notre bilan carbone. Nous avons des réflexions fortes sur la décarbonation de nos outils et nos méthodes de production, notamment pour décarboner les chantiers, pour réutiliser des terres, etc.

Vous venez de prendre un tournant majeur pour l’avenir…
O. N. –
C’est le fruit d’un long travail de réflexion en amont qui s’est accéléré avec l’achat de la totalité des parts, en juillet dernier. Pour réaliser cette opération, j'ai eu la chance d'être soutenu par un pool bancaire avec des acteurs locaux, comme le Crédit Agricole Pyrénées Gascogne, et quatre autres partenaires : la Banque Populaire, la Société Générale, BNP Paribas et le Crédit Lyonnais. J'avais aussi la volonté de revoir mon schéma capitalistique et d'être accompagné par des partenaires financiers. C’est ainsi que, à partir du mois d’octobre, trois fonds sont venus renforcer le groupe.
 
Vous restez indépendant ?
O. N. –
Absolument. Cela fait partie de notre culture. Parce que garder notre indépendance, c’est préserver notre capacité à déployer le groupe comme on l'entend, avec nos choix stratégiques et sans subir des évolutions contre nature. Trois partenaires sont entrés au capital de manière minoritaire : Arkéa Capital, GSO Capital et PG Développement. Ils apportent des capacités financières supplémentaires pour poursuivre notre développement, mais également des compétences pour nous aider à grandir et à changer de dimension. Les projets sont nombreux. L’objectif est de passer de 150 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025 à 200 millions dans 5 ans.
 
Vous êtes une entreprise de production qui pèse dans les territoires…
O. N. –
L’impact est d’abord humain, avec les emplois de production que nous générons et qui permettent à de très nombreuses familles de travailler et de vivre ici et dans chaque territoire où nous sommes implantés, à travers nos 25 agences de proximité. Notre impact vient aussi des infrastructures que nous concevons et déployons : elles sont essentielles pour les entreprises et les collectivités. Enfin, quand il y a des tempêtes ou des problèmes sur les différents réseaux, on sait que l’on peut compter sur nous pour intervenir en urgence. Nous assurons des missions de service public avec des capacités d’intervention nuit et jour. On sait se mettre en mode combat quand il faut et cette belle armée se construit grâce aux femmes et aux hommes de l’entreprise.
 
Le potentiel humain est d’autant plus précieux
O. N. -
La valeur humaine est au centre de nos métiers et de notre entreprise, comme déjà évoqué. Elle s’inscrit également dans la volonté de favoriser les évolutions en interne. En grandissant, nous avons fait grandir beaucoup de personnes de chez nous. De nombreux responsables et directeurs ont démarré sur le terrain. Notre volonté est de favoriser l’ascension interne autant que possible, et de valoriser les compétences existantes chez nous. C’est un facteur de solidité, avec une vraie fidélité de nos salariés.

Vous devez déléguer largement ?
O. N. -
Aujourd'hui, avec 6 sociétés et plus de 700 salariés, il faut pouvoir déléguer et faire confiance. C’est plus facile avec des personnes qui ont grandi avec nous et qui partagent les valeurs de l’entreprise. Il faut rester agile, tout en ayant des systèmes de contrôle et de reporting pertinents.
 
Une volonté de contribuer à faire vivre les familles du territoire ?
O. N. –
Vraiment. On ne sous-traite pas beaucoup. On privilégie, au maximum, les recrutements de proximité. Là où l’on produit, c'est là où vivent nos salariés, c'est là où vit leur famille. Nous investissons beaucoup dans du matériel, et en achetant localement nous sommes des contributeurs auprès d’autres filières. De plus, nous jouons note rôle d’acteur territorial en accompagnant des associations dans différents domaines ainsi que des clubs sportifs.

Vous recrutez ?
O. N. –
Les ressources humaines constituent un enjeu majeur. Avec notre développement, nous avons une quarantaine de postes ouverts dans le groupe. Or, il y a actuellement une vraie difficulté pour trouver des compétences. Aussi, nous prenons de nombreuses initiatives pour mieux faire connaître notre groupe et toutes les opportunités qu’il offre. Nous sommes prêts à prendre toute personne qui a envie, quel que soit son CV.  Si elle est motivée, nous lui donnerons la formation et les moyens nécessaires pour réussir. Tout le monde a sa chance, du moment qu’il y a l’envie.
 
Vous prenez des jeunes en alternance ?
O. N. –
Nous proposons 50 à 70 contrats chaque année. C’est un vrai vivier. 80% des jeunes alternants bénéficient d’un contrat à durée indéterminée en suivant. C’est un beau taux de réussite. Nous pratiquons l’alternance par conviction et parce que cela correspond à notre volonté de favoriser les évolutions en interne. Nous comptons développer le tutorat et le mentorat pour favoriser la transmission des compétences.
 
Certains métiers ont une mauvaise image…
O. N. –
Beaucoup ont envie que leurs enfants fassent une formation généraliste. D’où le travail que nous réalisons pour faire comprendre qu’il y a d’autres filières avec de belles opportunités. Nous avons, chez nous, des dirigeants qui apportent des témoignages très intéressants. Ils sont passés par des filières techniques pro. Mais, au final, ils arrivent aux mêmes postes que d’autres qui ont fait des écoles d’ingénieur. Ce sont nos meilleurs ambassadeurs.
 
D’autres atouts ?
O. N. –
Nous sommes un groupe avec une histoire et des fondations solides. Nous avons un belle visibilité grâce à des contrats longue durée avec les grands donneurs d’ordre et des marchés pluriannuels. Nous travaillons sur des secteurs à fort potentiel et nous nous donnons les moyens d’aller chercher des opportunités sur d'autres territoires, et elles sont nombreuses.

Personnellement, avez-vous d’autres implications ?
O. N. –
Je me concentre sur le développement du groupe. C’est un challenge entrepreneuriale enthousiasmant et une formidable aventure humaine qui concerne 700 familles. Après le décès de mon père, pendant son mandat de président du Medef Pays Basque, j’ai été sollicité pour prendre le relais en juillet 2024. Je ne me suis pas trop posé de questions, il y avait un côté affectif fort vis-à-vis de lui. Finalement, j’ai démissionné en septembre dernier par respect pour ce mandat, n’ayant pas la disponibilité nécessaire pour l’assurer pleinement. Mon quotidien me demande d’effectuer beaucoup de déplacements hors Pays Basque, et je me dois de consacrer du temps à mes collaborateurs et mes sociétés.
 
Optimiste pour l’avenir ?
O. N. –
Oui, malgré le contexte extérieur. Oui, parce que l’entreprise est très vivante avec un capital humain formidable. Oui, parce que nous nous donnons les moyens de consolider notre croissance sans perdre notre ADN. Oui, parce que nous exerçons des métiers essentiels pour l’avenir de nos territoires. Oui, parce que nous avons de nombreuses conquêtes à faire.
 
Informations sur le groupe Synelis, cliquez ici

ICI, on produit la vie

Chaque mercredi, au minimum, vous retrouverez cette rubrique : un rendez-vous inédit pour défendre les métiers de production. Des témoignages, des reportages, des interviews, des dossiers permettront de porter cette CAUSE majeure, pour la faire avancer.
 
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Au sommaire de "ICI, on produit la vie"

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  • Artzainak à Mauléon : les bergers d’une production indépendante

  • La Ferme Elizaldia : au cœur de Gamarthe, l’agro-pépite se bâtit de génération en génération

  • Créer une nouvelle dynamique autour de la fierté « industrielle »

  • Boulangerie du Moulin à Mauléon

  • Lynxter façonne l'avenir en 3D 

  • L’IzarFamily invente une dimension humaine pour les télécoms et le numérique

  • Erro, quand la maroquinerie fait vivre un atelier, un village, un pays

  • Alki : des racines et des ailes 

  • Itsalga, quand la mer nourrit la terre

  • Tannerie Carriat : le cuir solide et la créativité éclatante

  • SEI, le numérique made in Pays basque

  • Resak : le design naît du recyclé

  • Arsène, l’espadrille retrouve ses pas à Mauléon

  • Du garage à la pasta factory : la success story d’Irina

  • La maison Pascal Massonde cultive le goût de ses terres

  • Egiazki, la jeunesse basque qui entreprend ici

  • Antoine Maury et Zanzibar, à contre-courant des délocalisations

  • Port de Bayonne : quand l’industrie navigue vers le futur

  • BiPiA, quand l’artisanat nourrit l’économie basque

  • Comment le CETIA fait entrer le textile en économie circulaire

  • BioclimaKit, quand le compost fait repousser l'idée de produire localement

  • Kollect Tech transforme les toilettes en filière d’avenir

  • Le Béret Français : du fil au produit fini, du geste à l’avenir

Un défi majeur à relever ensemble…



Plus nombreux qu’on ne le pense, ceux qui produisent au Pays Basque montrent la voie. On pense souvent à quelques fleurons industriels, à des grands groupes, mais une multitude de femmes et d’hommes font partie de l’aventure production, avec des structures de toutes tailles. Les petits ruisseaux font les grandes rivières.



Tous méritent d’être encouragés.
 
A travers cette rubrique « ICI, on produit la vie », PresseLib’ veut animer une communauté, en favorisant des solidarités, en encourageant la partage d’expériences, en incitant aux transmissions, en faisant bouger les lignes, en faisant émerger des solutions nouvelles… Bref, en créant une dynamique inédite.

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Ce nouveau rendez-vous est celui d’une communauté, engagée pour défendre et valoriser les emplois de production. 

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