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ICI, ON PRODUIT LA VIELa Cave d’Irouléguy maillon fort du terroir

Depuis plus de 70 ans, elle incarne une autre manière de produire : collective, ancrée et profondément humaine. Ici, le vin est une composante forte du Pays basque.
Les vignerons prennent les décisions, orientent les investissements et définissent les grandes lignes techniques et commercialesCave d'Irouléguy DR
Cette coopérative s’inscrit pleinement dans le mouvement inédit que PresseLib’ Pays Basque initie : « ICI, on produit la vie », pour mettre en avant chaque mercredi les femmes et les hommes qui produisent ICI et qui produisent ainsi de la vie ICI

Sur les flancs abrupts du Pays basque intérieur, la Cave d’Irouléguy raconte une autre histoire de la production. Une histoire de collectif, née en 1952 de la volonté de neuf vignerons d’unir leurs forces pour préserver leur vignoble. Plus de soixante-dix ans plus tard, cette intuition fondatrice continue de faire ses preuves.

« La Cave d’Irouléguy est avant tout une aventure collective », rappelle son président, Mattin Etcheverria. « Depuis sa création, elle permet à des vigneron·ne·s de mettre en commun leurs moyens, leurs compétences et leurs outils de production pour valoriser ensemble leur terroir. »

Aujourd’hui, la coopérative représente la moitié des surfaces de l’appellation, soit 110 hectares cultivés. Derrière ces chiffres, ce sont surtout des femmes et des hommes qui font vivre un modèle singulier, entièrement autonome, de la vigne à la bouteille. Ici, pas de négociant ni d’acteur extérieur : « les vigneron·ne·s prennent les décisions, orientent les investissements et définissent les grandes lignes techniques et commerciales ».

Gouverner ensemble, produire autrement

Mattin Etcheverria, Président de La Cave depuis 2026
Cave d'Irouléguy DR

Dans cette vallée escarpée, produire du vin, outre le fait d'être une activité économique, c'est aussi un levier de vie. « Ce modèle contribue directement à maintenir une activité agricole sur un territoire rural et escarpé où l’exploitation de la vigne reste très exigeante », explique Mattin Etcheverria. « Concrètement, il fait vivre des familles, génère des emplois locaux et participe à l’attractivité du territoire. »

Avec une quinzaine de salariés permanents, renforcés par des saisonniers lors des vendanges et de la période estivale, la Cave pèse aussi dans l’économie locale. Son chiffre d’affaires, autour de trois millions d’euros, témoigne d’une activité structurée, mais à taille humaine.

Au-delà des emplois directs, c’est tout un écosystème qui gravite autour de la vigne : prestataires, tourisme, restauration. « Produire localement, c’est créer de l’emploi, du lien social, entretenir les paysages et transmettre des savoir-faire », insiste le président.

À Irouléguy, la production suit un circuit court intégral
Cave d'Irouléguy DR

Ce qui distingue la Cave d’Irouléguy, c’est aussi son mode de fonctionnement. Ici, la gouvernance se veut participative, fidèle à l’esprit coopératif des origines. « Les décisions ne sont pas descendantes, elles se construisent collectivement, “Elgarrekin” », souligne Mattin Etcheverria.

Concrètement, des commissions réunissent vignerons et salariés autour des grands enjeux : viticulture, vinification, commercialisation ou encore environnement. « Cela permet de suivre très concrètement les choix techniques et d’ajuster les pratiques au fil de la saison », précise-t-il. « Les orientations sont toujours mises en lien avec ce qui se passe dans les parcelles et en cave. »

Cette organisation ancrée dans le réel s’est encore renforcée récemment, avec une évolution de la gouvernance et un modèle de rémunération davantage lié au travail effectué dans les vignes. « L’objectif est de mieux reconnaître le travail des vigneron·ne·s et d’accompagner la réalité économique et climatique du terrain. »

De la vigne au verre, une chaîne 100 % locale

Avec une quinzaine de salariés permanents, la Cave pèse aussi dans l’économie locale
Cave d'Irouléguy DR

À Irouléguy, la production suit un circuit court intégral. « De la vigne jusqu’à la bouteille, toute la création de valeur reste ancrée sur le territoire », résume Mattin Etcheverria.

Tout commence dans les parcelles, souvent en terrasses, où la mécanisation reste limitée. La vendange est entièrement manuelle, avant un passage au chai où s’enchaînent vinification, élevage, assemblage et mise en bouteille. Une patience de plusieurs mois, voire plus d’un an pour certains vins, avant leur commercialisation auprès de cavistes, restaurateurs ou particuliers.

Cette maîtrise complète de la chaîne de production garantit une cohérence forte entre le travail à la vigne et le produit final. Elle participe aussi à l’identité de ces vins de montagne, façonnés par des cépages emblématiques comme le tannat, le cabernet franc ou les mansengs.

Dans ce vignoble parmi les plus escarpés de France, produire relève parfois du défi. « De nombreuses parcelles sont situées sur des pentes importantes où la mécanisation reste limitée. Cela implique beaucoup de travail manuel, une forte technicité et une présence constante dans les vignes », décrit le président.

Mais ces contraintes deviennent aussi une force. « Elles participent à l’identité de nos vins et à la singularité des paysages qui font aujourd’hui la renommée du vignoble. »

Elles imposent également une organisation collective solide. La création du groupement d’employeurs Sotoko Mahastiak en est une illustration. « Ce dispositif permet de mutualiser le recrutement d’employés viticoles et de saisonniers », explique Mattin Etcheverria. « Il renforce la capacité du vignoble à organiser le travail de manière solidaire et durable. »

Préserver un tissu rural vivant

Le modèle permet de tout mutualiser
Cave d'Irouléguy DR

Dans un contexte agricole en mutation constante, la coopérative joue un rôle clé dans le maintien des exploitations familiales. « Le modèle permet de mutualiser la production, les investissements, les équipements et la commercialisation », rappelle le président. « Cela permet de maintenir des emplois agricoles et techniques, mais aussi de préserver des dynamiques locales dans les villages. »

À travers la vigne, c’est aussi un paysage qui se maintient, un patrimoine qui se transmet. « Préserver la vigne, c’est préserver des savoir-faire et une activité économique qui bénéficie à de nombreux acteurs du territoire. »

Comme l’ensemble du monde agricole, la Cave d’Irouléguy fait face à plusieurs défis majeurs. Le premier est climatique. « Le changement climatique impacte directement les pratiques viticoles, les rendements et l’équilibre des exploitations », souligne Mattin Etcheverria.

Le second est économique : « il s’agit de garantir la viabilité des vigneron·ne·s en valorisant mieux leur travail ». Enfin, se pose la question de la transmission. « Il faut accompagner les nouvelles générations et maintenir l’attractivité du métier. »

Pour y répondre, la coopérative renforce son accompagnement technique et développe des pratiques plus respectueuses de l’environnement, avec notamment une progression de l’agriculture biologique.

Donner à voir pour susciter des vocations

La Cave progresse dans l'agriculture biologique

Dans ce contexte, la rubrique « Ici, on produit la vie » trouve tout son sens. « Elle met en lumière des métiers essentiels mais parfois peu visibles », estime Mattin Etcheverria. « Pour encourager les vocations, il est important de mieux faire connaître ces métiers dès le plus jeune âge. »

La Cave s’inscrit pleinement dans cette démarche en multipliant les occasions de rencontre avec le public : visites, randonnées, événements estivaux. « Ces moments permettent de mieux comprendre les réalités du métier et de créer un lien direct avec celles et ceux qui produisent. »

Car au fond, au-delà des chiffres et des bouteilles, c’est bien de cela qu’il s’agit. Faire du vin, ici, c’est produire du lien, de l’activité et du sens.

Sébastien Soumagnas

En chiffres

  • 1952 : année de création

  • autour de 3 millions : chiffre d'affaires 2025

  • 13 : nombre de salariés

  • Plus des saisonniers durant la saison estivale et pour les vendanges

ICI, on produit la vie

Chaque mercredi, au minimum, vous retrouverez cette rubrique : un rendez-vous inédit pour défendre les métiers de production. Des témoignages, des reportages, des interviews, des dossiers permettront de porter cette CAUSE majeure, pour la faire avancer.

Pour découvrir, les articles déjà publiés dans cette rubrique, cliquez ici

Au sommaire d'Ici, on produit la vie

  • Un rendez-vous hebdomadaire inédit pour défendre les métiers de production

  • Artzainak à Mauléon : les bergers d’une production indépendante

  • La Ferme Elizaldia : au cœur de Gamarthe, l’agro-pépite se bâtit de génération en génération

  • Créer une nouvelle dynamique autour de la fierté « industrielle »

  • Boulangerie du Moulin à Mauléon

  • Lynxter façonne l'avenir en 3D

  • L’IzarFamily invente une dimension humaine pour les télécoms et le numérique

  • Erro, quand la maroquinerie fait vivre un atelier, un village, un pays

  • Alki : des racines et des ailes

  • Itsalga, quand la mer nourrit la terre

  • Tannerie Carriat : le cuir solide et la créativité éclatante

  • SEI, le numérique made in Pays basque

  • Resak : le design naît du recyclé

  • Arsène, l’espadrille retrouve ses pas à Mauléon

  • Du garage à la pasta factory : la success story d’Irina

  • La maison Pascal Massonde cultive le goût de ses terres

  • Egiazki, la jeunesse basque qui entreprend ici

  • Antoine Maury et Zanzibar, à contre-courant des délocalisations

  • Port de Bayonne : quand l’industrie navigue vers le futur

  • BiPiA, quand l’artisanat nourrit l’économie basque

  • Comment le CETIA fait entrer le textile en économie circulaire

  • BioclimaKit, quand le compost fait repousser l'idée de produire localement

  • Kollect Tech transforme les toilettes en filière d’avenir

  • Le Béret Français : du fil au produit fini, du geste à l’avenir

  • Synelis et Olivier Neys au cœur des réseaux essentiels

  • Montrer, transmettre, fabriquer et... donner du sens

  • Epta fabrique à Hendaye des vitrines réfrigérées pour le monde entier

  • Quand l’océan inspire un projet industriel porteur de sens

  • Sokoa, l’industrie basque qui mise sur l’humain et le territoire

  • Uzitek, quand la mécanique de précision fait tourner les fabrications locales

  • Ainciart Bergara, gardiens d’un savoir-faire unique et vivant

  • Maison Laffargue : le cuir dans la peau, la transmission dans les mains

  • Bastidarra : quand produire local devient un acte engagé

  • Goicoechea : de la terre au territoire, une fabrique de vie

  • La laine reprend du poil de la bête avec Traille

  • Le piment d’Espelette, une filière qui cultive bien plus que du goût

  • Sarah vous ouvre ses Secrets naturels

  • La Fondation Artzainak pour favoriser des dynamiques locales

  • Du “délire de copains” à 20 emplois : l’aventure Katxi Klothing

  • Lur Berri, la force du collectif pour cultiver l’avenir

  • Somocap dans de nouveaux défis industriels et humains

Les clefs de l'éco

  • Chiffre d’affaires ou bénéfice ?

  • La dette ou les dettes

  • L’investissement c’est quoi ? Et à quoi ça sert ?

  • Le besoin de financement d’une entreprise

  • Et si on parlait des patrons ?

  • Et si on parlait de recherche et développement ?

  • Mais pourquoi a-t-on besoin d'actionnaires en France ?

Un défi majeur à relever ensemble…



Plus nombreux qu’on ne le pense, ceux qui produisent au Pays Basque montrent la voie. On pense souvent à quelques fleurons industriels, à des grands groupes, mais une multitude de femmes et d’hommes font partie de l’aventure production, avec des structures de toutes tailles. Les petits ruisseaux font les grandes rivières.



Tous méritent d’être encouragés.

A travers cette rubrique « ICI, on produit la vie », PresseLib’ veut animer une communauté, en favorisant des solidarités, en encourageant la partage d’expériences, en incitant aux transmissions, en faisant bouger les lignes, en faisant émerger des solutions nouvelles… Bref, en créant une dynamique inédite.

Participez !


Ce nouveau rendez-vous est celui d’une communauté, engagée pour défendre et valoriser les emplois de production. 

Rejoignez le mouvement !



Vous êtes un acteur de la production locale ? Faîtes-vous connaître en envoyant un message à redaction@presselib.com

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