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HISTOIRE D'ICI ET LÀAimons Amont, et chauffe, Marcel !

Si le Grand Cric ne le croque pas, notre Marcel Amont national et surtout notre Béarnais à nous soufflera ses cent bougies dans sept ans. Un 1er avril, jour de Pâques, car né « sous le signe du poisson et des cloches » comme le dit ce facétieux, ce humble petit roi de la chanson française, qui ne se veut qu’interprète. Rien de plus et c’est déjà beaucoup.
Portrait de Marcel Amont
Car rares sont ceux qui savent tout faire : composer, écrire, et chanter.

Or, entre autres qualités, Marcel, s’il connaît ses limites, sait s’entourer. Et si l’on déroule le ruban, ceux qui ont planché pour lui ont quelques galons à faire valoir. À commencer par son vieux pote Charles Aznavour, avec qui il galère dans les cabarets La Villa d’Este ou La Fontaine des Quatre Saisons, et qui devenu un brin célèbre, commence à lui fourguer des musiques refusées par les autres : Les amoureux de papier, écrit pour Juliette Gréco, N’allez jamais à La Havane, dédaigné par Dario Moreno, et presque sans y croire, un titre défouloir, rigolo et caricatural à souhait, le Mexicain, celui qui a « un sombrero sur le nez, en guise, en guise, en guise, en guise de parasol. Ouille, ouille, ouille, ouille ! » Un méga succès éternel, enregistré en 1962 et pour le fun, réinterprété cette fois par les deux compères 55 ans plus tard. Quelques jours plus tard, Charles nous quittait…

Un autre qui ne s’est pas trompé sur Marcel, qui de sa voix suave et de son épiglotte joviale, enjolive n’importe quelle chanson, c’est Georges Brassens, excusez du peu, qui lui offre Le chapeau de Mireille, un titre pourtant parfaitement adapté au phrasé du Sétois. Il s’en sort une fois encore avec les oreilles et la queue. Avec lui, on sait que l’interprétation sera au cordeau, toute en délicatesse et en finesse, de quoi séduire Claude Nougaro, qui lui régale Le Monsieur qui volait, Eric Charden (Benjamin le bienheureux), Alain Souchon (Viennois), ou Maxime Le Forestier (La Galère).

En dépit de ces collaborations remarquables, ce sont deux hits américains qui ont forgé sa gloire. Le premier, Tout doux, tout doucement, est adapté – mais qui le sait ? – d’un succès des Fleetwoods, Come Softy To Me. Le second, Bleu, blanc, blond, qui célèbre le ciel de Provence, est un copié-collé d’une rengaine de Johnny Tillotson, True, True Happiness. Cela remonte aux années soixante et à l’époque, tout le monde, Richard Antony, Johnny, Chaussettes noires et autres Chats sauvages, se servent goulûment dans le tonneau sans trou du répertoire US.

La suite est moins semée de paillettes, une carrière de soixante-dix ans ne peut êre linéaire. La belle chanson française, celle que l’on peut fredonner sous la douche ou dans le bus, est passée de mode. Tout comme Marcel, qui chemin faisant poursuit pourtant sa route, à son rythme et à sa façon. On l’a ainsi vu fêter ses 50 ans de carrière à l’Olympia, ses 60 à l’Alhambra, puis assurer durant deux ans la tête d’affiche d’Âge tendre, la tournée des idoles. Avant de sortir un nouvel album, Par-dessus l’épaule, dans lequel il reprend ses succès avec quelques-uns de ses auteurs, Aznavour, Souchon, Le Forestier, Cabrel et son fils, Mathias Miramon. C’est avec lui qu’il écrit en 2019 le livre Les Coulisses de ma vie, c’est vrai que des souvenirs, il en a à revendre !

Toute sa vie, Marcel est resté fidèle à Etsaut et à sa vallée d’Aspe, à ses origines, qui l’ont incité à donner vie à plusieurs disques en béarnais, des chansons tant traditionnelles qu’issues de textes de Jacob de Gassion, Xavier Navarrot, Alexis Peyret et du félibre Simin Palay. Aujourd’hui, il demeure à la belle saison à Borce, à l’enceinte du parc national des Pyrénées, dans une ancienne grange appartenant à sa famille, qu’il a fait revivre. Fidèle, on vous dit, depuis 93 ans…

Dominique Padovani

Marcel Amont et Charles Aznavour :

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