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    DÉCRYPTAGE - La Fnsea veut s’inviter dans le débat présidentiel

    Depuis ce mardi et jusqu’à ce jeudi, se tient du côté de Niort le 75ème congrès de la Fnsea. Le syndicat agricole compte faire évoluer son organisation et formuler des propositions pour 2022...
    AGRICULTEURS 0
    Cette année, le congrès annuel de la Fnsea tombe en même temps que l’examen de la loi Egalim 2 au sénat et que le salon agricole Tech&Bio de Bourg-lès-Valence. Pour le premier syndicat agricole français, c’est l’occasion de se faire entendre sur les grands sujets du moment.

    Créée en 1946, au sortir de la guerre, la Fnsea fête en ce moment ses trois quarts de siècle. Premier syndicat agricole de France, la fédération compterait aujourd’hui quelque 212.000 adhérents. Depuis sa création, la Fnsea « a beaucoup changé mais on reste parfois présentés comme des méchants productivistes », a expliqué Christiane Lambert à l’AFP.

    En marge du 75ème congrès annuel du syndicat, qui se tient en ce moment à L’Acclameur, salle de spectacle niortaise, la présidente a par ailleurs indiqué que son organisation allait évoluer pour « accueillir de nouveaux profils » et renforcer sa présence en région et dans les départements (notamment en détachant des personnels actuellement basés à Paris).

    Comme à chaque échéance présidentielle, la Fnsea devrait aussi s’inviter dans les débats en faisant des propositions concrètes. En attendant que soient abordées les questions purement agricoles, elle compte commencer par diffuser un « manifeste pour les ruralités vivantes » élaboré avec d’autres organisations. Objectif : intervenir en faveur de l’emploi et de l’entrepreneuriat locaux.

    Egalim 2 et agriculture bio au menu…

    Ce 75ème congrès, au cours duquel un millier de participants étaient attendus, s’achèvera ce jeudi 23 avec la venue annoncée de Julien Denormandie, ministre de l’agriculture. Cette année, il tombe au moment de l’examen de la loi Egalim 2 en séance publique au sénat (ce mercredi). On rappelle que ce dernier projet de loi vise d’abord à une meilleure rémunération des agriculteurs.

    La semaine dernière, la Fnsea et les Jeunes Agriculteurs avaient déjà réagi suite à l’examen du texte par la commission des affaires économiques du sénat, considérant que même si celui-ci amène des « avancées intéressantes, en particulier concernant les marques de distributeurs », le compte n’y est pas tout à fait. Les deux organisations réclament encore « plus de transparence dans les négociations commerciales et plus de fermeté sur les pratiques trompeuses liées à l’origine des denrées alimentaires ».

    Sur ce second point, la Fnsea et les Jeunes Agriculteurs invoquent « la nécessité absolue de rétablir le dispositif d’encadrement de l’utilisation du drapeau français ou de tout autre symbole représentatif de la France ». Le message est clair : « Consommateurs comme agriculteurs attendent une réponse législative forte pour que cessent les pratiques commerciales trompeuses qui consistent à afficher un drapeau français alors que le produit en question est fabriqué à partir de matières premières agricoles importées ». C’est dit !

    Et puis en même temps que le congrès de la Fnsea, se tient à Bourg-lès-Valence le salon agricole Tech&Bio. Jeudi dernier, le ministre de l’agriculture organisait de même une réunion sur le développement de l’agriculture biologique, initiative saluée par le syndicat ce mardi, mais non sans nuance : « nous partageons la stratégie proposée par le gouvernement pour développer l’agriculture biologique en France et souhaitons rappeler que pour atteindre ces objectifs ambitieux, plusieurs conditions doivent être réunies », expose-t-il.

    Plus précisément, la Fnsea appelle d’abord à une meilleure écoute du marché, soulignant qu’« afficher des produits bio au prix du conventionnel est un message à la fois erroné et contreproductif envoyé aux consommateurs ». En parallèle, « il convient de continuer à stimuler la demande par les Projets Alimentaires Territoriaux (PAT), les filières territorialisées et la communication ciblée auprès du grand public, notamment dans les secteurs en crise conjoncturelle », indique la Fnsea.

    De même, le syndicat milite pour une application des principes d’Egalim à l’agriculture bio, pour le développement de la R&D sur le sujet (par exemple en matière de biocontrôle), pour l’accompagnement au changement des pratiques agricoles ou encore pour « une mise en œuvre souple de la réglementation, et adaptée aux contraintes des agriculteurs ».

    On le voit : sur ce thème de l’agriculture, activité-clé sur notre cher bassin de l’Adour, la campagne électorale paraît bel et bien lancée…

    Plus d’informations sur le site internet de la FNSEA

     

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