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Les voix du Pays basque font chœur avec le monde

Né de la passion de quelques membres de la peña Ezin Aseak, le festival Koruak fait vibrer Bayonne du 23 au 25 octobre et le 1er novembre
Le Festival Koruak revient pour une septième édition à l'échelle internationaleKoruak DR
Pour sa septième édition, il réunit chœurs basques et ensembles internationaux autour d’une même ambition : faire vivre le patrimoine vocal, encourager la création et transmettre le goût du chant aux jeunes générations

À l'origine, il y a une peña du Petit Bayonne, quelques amis, des repas partagés et une envie de faire vivre la convivialité. Fondée en 1990, l’association Ezin Aseak (« jamais assez » pour les non bascophones) s’est progressivement dotée de sa propre formation vocale. À force de se retrouver, ses membres ont éprouvé le besoin de chanter ensemble, puis de partager cette passion avec d’autres chœurs. De cette envie de faire résonner les voix est né Koruak, dont la première édition a eu lieu en 2018.

Dès lors, le rendez-vous a pris de l’ampleur. Organisé chaque automne par Ezin Aseak et la Ville de Bayonne, avec l’appui de partenaires culturels, le festival rassemble pas loin de 700 choristes. Une réussite que le maire de Bayonne, Jean-René Etchegaray, attribue notamment à « l’engagement sans faille de l’association Ezin Aseak », qui porte, selon lui, « avec passion un projet exigeant, ambitieux et profondément ancré dans notre territoire ».

Derrière cette réussite, il y a aussi le travail discret des bénévoles, qui coordonnent l’accueil des ensembles, les lieux de représentation ainsi que les rencontres musicales.

Le chant basque, un patrimoine bien vivant

Lem ouvement choral s'est développé bien au-delà de nos frontières
Koruak DR

Au Pays basque, chanter fait partie de la tradition et ne relève donc pas seulement de la pratique d'un art. C’est une manière de transmettre une langue, une mémoire et une identité collective. Depuis la fin du XIXe siècle, des musiciens comme Jesus Guridi, José Maria Usandizaga ou Eduardo Mokoroa ont contribué à harmoniser les chants populaires, au contact des traditions musicales européennes. Le mouvement choral s’est ensuite développé de part et d’autre de la frontière.

L'objectif de Koruak constitue ainsi le fait de mettre en lumière cette richesse, mais aussi la diversité de celles et ceux qui la font vivre. Chœurs d’hommes, de femmes ou mixtes, ensembles d’enfants et formations issues de nombreuses communes d’Iparralde (Pays basque Nord) témoignent d’une pratique qui repose sur des répétitions régulières, des chefs de chœur et un engagement souvent bénévole. « La présence des chœurs locaux est l’une des grandes forces de Koruak », souligne Jean-René Etchegaray. Leur investissement tout au long de l’année « fait vivre le chant choral sur notre territoire et contribue pleinement au dynamisme culturel de notre ville ».

Le festival, au-delà des formations chevronnées, donne ainsi également une scène à des passionnés qui œuvrent toute l’année, parfois dans l’ombre.

Des voix d’ici aux harmonies d’ailleurs

Des ensembles internationaux seront présents lors de cette 7ème édition
Koruak DR

Pour son édition 2026, Koruak investit plusieurs lieux emblématiques de Bayonne, dont la cathédrale Sainte-Marie et, nouveauté, le musée Bonnat-Helleu. Ainsi, le vendredi 23 octobre, le chœur mixte Andra Mari, venu d’Errenteria avec une cinquantaine de chanteurs, donnera le ton à la cathédrale. Le lendemain, les formations basques se répartiront entre différents sites de la ville, avec une place accordée aux jeunes chanteurs de la Maîtrise du Conservatoire Maurice-Ravel Pays Basque et du chœur Iparralai.

Koruak donne aussi sa chance à des formations moins connues
Koruak DR

Le parcours musical s’enrichit cette année d’un nouvel endroit. « Ce lieu exceptionnel offrira un cadre prestigieux où les arts plastiques et l’art vocal se rencontreront naturellement », se réjouit le maire, à propos du musée Bonnat-Helleu. Une façon de faire dialoguer les disciplines et d’inscrire par là même le chant au cœur du patrimoine bayonnais.

Le festival ouvrira également ses portes à des ensembles internationaux. Le Bulgarian National Radio Children’s Choir, fondé en 1960, s’est produit dans plus de 32 pays et a été distingué pour sa contribution à la diffusion des traditions culturelles européennes. Le Coro Musicanova, venu d’Italie, explore quant à lui un répertoire qui va de la musique médiévale à la pop, avec une prédilection pour les œuvres de la Renaissance et contemporaines. Ces deux formations sont annoncées au Théâtre Michel-Portal les 25 octobre et 1er novembre.

Cette ouverture internationale démontre une volonté de favoriser les échanges entre traditions vocales, en profitant notamment de la proximité du concours international de chant choral de Tolosa. Pour Jean-René Etchegaray, les ensembles invités apportent « leurs traditions, leurs sonorités et leur sensibilité », faisant de chaque édition « un véritable moment d’ouverture et de découverte ».

Faire entendre la relève et écrire la suite

Koruak ne se cantonne pas à faire vivre un répertoire hérité du passé puisque le festival encourage aussi la création en sollicitant des compositeurs locaux, invités à écrire de nouvelles œuvres pour les chœurs participants. Interprétées collectivement, ces pièces viennent enrichir le patrimoine et laisser une trace aux générations futures. Les partitions sont d'ailleurs mises à disposition et sont libres de droits.

La transmission reste l’autre fil conducteur de l'événement. En donnant leur place aux enfants et aux jeunes chanteurs, le festival cherche à susciter de nouvelles vocations et à assurer la continuité d’une pratique exigeante, fondée sur l’écoute et le collectif. Une ambition qui rejoint le souhait du maire de voir perdurer l’engagement des chorales locales, tout en accueillant des formations venues d’ailleurs.

Ainsi, avec Koruak, les voix d’ici rencontrent celles d’ailleurs, et inventent de nouvelles harmonies pour demain.

Sébastien Soumagnas

Koruak DR

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