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Dans les Landes, Géant Vert cultive le maïs et l’économie d’eau

Produire plus avec moins d’eau, telle est la nouvelle ligne de conduite de Géant Vert. À Labatut, où sont mises en conserve 350 millions de boîtes de maïs doux par an, l’irrigation des cultures est en pleine mutation
La conserverie Géant Vert située à Labatut est le plus grand site de production européen
DR
Grâce aux satellites, chaque parcelle reçoit l’eau nécessaire, ni plus, ni moins. Une révolution agricole qui s’inscrit dans une démarche environnementale ambitieuse
350 millions de conserves sont produites chaque année
Géant Vert DR

Il est vert, il est géant, et il fait vibrer le maïs doux en conserve depuis bientôt un demi-siècle dans les Landes. La marque Géant Vert, née aux États-Unis en 1925, a traversé l’Atlantique dans les années 1960 pour s’inviter à la table des Français. Son implantation a pris une ampleur décisive en 1976 avec la création de Seretram, sa seule usine européenne, située à Labatut, au cœur d’une région où le maïs est roi.

Cette conserverie, c’est le plus grand site de production de maïs doux en Europe, avec 100 000 tonnes produites chaque année, soit 350 millions de boîtes de conserve qui partent, pour 80 %, à la conquête des marchés étrangers. En coulisses, une armée de 174 employés permanents et jusqu’à 400 saisonniers en période de récolte assurent la cadence infernale de cette usine qui, bien que discrète d’extérieur, est une véritable place forte de l’agroalimentaire.

Mais au-delà de l’économie et des chiffres vertigineux, un autre enjeu s’impose aujourd’hui : l’eau, précieuse alliée du maïs et ressource à préserver. Car si le maïs a besoin d’eau pour croître, il ne doit pas pour autant boire la tasse.

Irriguer sans gaspiller

Depuis 2020, Géant Vert a engagé un virage stratégique pour réduire sa consommation d’eau tout en maintenant un haut niveau de production. Son pari ? Un programme d’optimisation de l’irrigation grâce à l’imagerie satellite, développé en partenariat avec la coopérative Euralis et ses agriculteurs partenaires.

Le principe est simple : plutôt que d’arroser uniformément et parfois inutilement, les satellites surveillent en temps réel l’état des cultures sur 1 100 hectares, permettant ainsi un arrosage ciblé, au plus près des besoins réels des plantes. Chaque goutte compte, et cette technologie permet d’économiser de précieuses ressources.

L'irrigation est gérée par satellite
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Si le projet a démarré sur une superficie restreinte, l’objectif à long terme est ambitieux : étendre cette pratique à l’ensemble des 7 000 hectares exploités par Géant Vert. Une évolution qui transformerait radicalement la gestion de l’eau sur les terres du maïs landais.

Une gestion de l’eau rigoureuse

Ce programme d’irrigation par satellite ne tombe pas du ciel : il s’inscrit dans une volonté plus large de responsabilité sociétale et environnementale (RSE). Géant Vert met en avant une production qui se veut 100 % française, sans OGM, et dont les grains sont récoltés à moins de 200 kilomètres de Labatut.

Outre la gestion fine de l’eau, l’entreprise s’inscrit aussi dans une démarche d’économie circulaire. Les co-produits du maïs, autrefois déchets, sont envoyés vers le méthaniseur BioBéarn du Bassin de Lacq, où ils deviennent un digestat, un fertilisant naturel. À terme, une centaine d’agriculteurs partenaires bénéficieront de cet engrais, limitant ainsi le recours aux intrants chimiques et bouclant la boucle du maïs… dans le respect du sol et de l’environnement.

L’expérimentation satellite menée par Géant Vert et Euralis est une piste prometteuse
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Un maïs toujours plus responsable

Si le marché du maïs doux reste florissant, notamment au Royaume-Uni qui représente près de la moitié des exportations de l’usine, les défis environnementaux obligent à repenser les modes de production. La pluviométrie capricieuse, les épisodes de sécheresse et la raréfaction des ressources en eau imposent d’innover pour irriguer intelligemment.

L’expérimentation satellite menée par Géant Vert et Euralis est une piste prometteuse, qui pourrait faire école dans d’autres cultures agricoles. Car ce qui est en jeu, ce n’est pas seulement la production de maïs doux, mais l’avenir même de l’agriculture face au changement climatique.

Dans les années 1970, Géant Vert s’est imposé comme le pionnier du maïs doux en France. Un demi-siècle plus tard, l’entreprise pourrait bien devenir un modèle d’agriculture raisonnée, où chaque goutte d’eau compte autant que chaque grain de maïs. Géant Vert continue de voir grand, mais cette fois, c’est en pensant petit : moins d’eau, moins de gaspillage, mais toujours plus de saveur.

Sébastien Soumagnas

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