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Le monumental archéobélodon gersois est de retour

Son impressionnant squelette reconstitué a rejoint le paléo-site de Sansan sur lequel il avait été trouvé il y a quinze millions d’années…
ARCHEO GERS 3
Le jour même où le Toulousain Thomas Pesquet s’apprêtait à retrouver la navette spatiale qu’il avait quittée en 2017, l’archéobélodon gersois revenait sur ses terres.

Après deux ans d’enquête, de recherches en tous genres, de travail minutieux et une semaine de mise en place, la copie du mastodonte retrouvé ici en 1851 par Laurillard, constituant le premier en Europe et datant de 15 millions d’années, a retrouvé son milieu naturel bien que celui-ci ait changé.

Si l’original est en vedette au Muséum de Paris depuis 1853, il est bien statique et présente un certain nombre d’erreurs que les derniers travaux de Pascal Tassy spécialiste des mastodontes, ont permis de corriger pour cette nouvelle reconstitution vraiment impressionnante par sa stature et sa fidélité.

Ainsi l’archéobélodon de Sansan a bien ses défenses orientées vers le bas, des côtes de pachyderme et la position de ses pattes indiquant une marche à l’amble. Il faut donc saluer la compétence des trois véritables artistes qui ont travaillé de concert pour réaliser une telle œuvre : Sylvain Duffaud, responsable du projet, paléontologue spécialiste de telles reconstitutions en résine époxy ; Nicolas Sudre, sculpteur, qui a réalisé les détails de chacun des os ; et Richard Belle, ferronnier à Durban qui a fabriqué la structure métallique qui soutient les os. Le résultat est vraiment à la hauteur de leur investissement.

Avec l’amphicyon major déjà en place et l’anisodon qui sera installé prochainement tel qu’il a été retrouvé dans la couche fossilifère, c’est un aperçu de la faune du miocène et aujourd’hui disparue qui attend les visiteurs, déjà nombreux sur les lieux. Peut-être sera-t-elle complétée un peu plus tard par d’autres figures emblématiques du site comme le dryopithèque.

Longtemps laissé à l’abandon, ignoré de tous excepté des grands paléontologues, ce site exceptionnel d’une portée universelle pour comprendre le peuplement de notre planète, retrouve enfin la lumière grâce à la Communauté de Communes Val de Gers.

Si les fouilles ne reprendront certainement pas, l’exploitation pour un public pas forcément initié qui en sera faite dorénavant, représente une valeur inespérée qui va rejaillir sur toute la région.

Dans un troisième volet, la création d’une muséographie, c’est-à-dire d’un centre d’interprétation et de vulgarisation du projet scientifique devrait voir le jour, non pas sur le site lui-même, mais au départ du sentier paléontologique.

Article réalisé en collaboration avec le Journal du Gers et Odile Noulibos

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