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Une filière autour du chanvre bio dans le Gers

Des céréaliers du département s’associent à la société toulousaine V21 pour la culture de cette plante destinée à l’alimentation. Qui fait beaucoup parler d’elle…
Elle est déjà célèbre dans l’industrie du textile et celle de l’isolation thermique et phonique des habitations, mais beaucoup moins dans le domaine alimentaire.

Petite précision de taille, si chanvre et cannabis appartiennent bien à la même espèce, aucun risque avec le premier – qui contient du CBD et non du THC, une molécule stupéfiante -de décoller vers d’autres horizons.

C’est lors du confinement qu’Émilie Capel apprend sur Internet que le chanvre – une des premières plantes domestiquées par l’homme dès la préhistoire - est non seulement comestible, mais de plus riche en fibres et protéines. Autre énorme avantage à ce profil nutritionnel particulièrement intéressant, elle découvre également que sa culture nécessite peu d’eau, et n’a aucun besoin d’intrants phytosanitaires.

L’idée de développer des produits alimentaires autour de cette plante venait de germer. Fin 2020, la jeune femme créée sa société V21, pour 21 vendémiaire, jour du chanvre dans le calendrier révolutionnaire, correspondant aujourd’hui au 12 octobre.

Il ne lui restait plus qu’à trouver des agriculteurs bio qui accepteraient d’en faire pousser dans leurs champs. La Toulousaine envoie donc quelques messages à des céréaliers, susceptibles d’être intéressés par sa proposition.

Il se trouve qu’à Saint-Paul-de-Baïse, un collectif d’une vingtaine d’agriculteurs “Champs bio du Gers” s’est créé en 2019. Ils souhaitent maîtriser leur production de céréales, légumes secs et oléo protéagineux avec une traçabilité totale. Leur président, Bertrand Bortoloni, répond favorablement à sa demande. Le courant entre eux passe bien, il accepte de tenter l’expérience, rejoint par Audrey Ramis, agricultrice.

Quatre hectares sont plantés, et le résultat, quelques mois plus tard, est plus que satisfaisant. Au point que trente hectares seront consacrés l’an prochain à cette culture, et qu’ils envisagent désormais de développer cette nouvelle filière dans le Gers.

Les produits alimentaires issus de la première récolte sont déjà disponibles dans des épiceries fines et magasins bio de la région toulousaine, tandis que traiteurs et restaurateurs commencent aussi à s’y intéresser.

Consommé en graines ou en huile, « les saveurs du chanvre ressemblent à celles de la noisette et du pignon de pin » assure la jeune chef d’entreprise. Smoothie protéiné banane, verrine de betteraves, carpaccio de radis, vinaigrette… les recettes ne manquent pas sur son site où elle invite les amateurs à en consommer selon leurs envies. Parce c’est bon, plein de nutriments, facile à utiliser, local, et que le chanvre est une plante qui prend soin de la planète.

Le Gers pourrait donc bien afficher désormais une nouvelle culture à son actif, entre tournesols et soja, et découvrir, dans un futur pas si lointain, la saveur d’un foie gras parsemé de graines de chanvre…

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