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COUP DE COEUR - Christine Pfeiffer, Patricia Lejeune et Airborne

Le 22 Oct. 2020

Les aventures de cette marque de meubles et de son fameux fauteuil « AA » mériteraient les honneurs d’un feuilleton à rebondissements. Accrochez-vous à votre siège…

Après plus d’un demi-siècle de succès commerciaux et de vicissitudes en territoire français, Airborne et son fonds de commerce ont été rachetés en 2010 par deux associées, basées dans les Landes. La société, qui renaît une fois de plus de ses cendres, est désormais installée à Aire-sur-l’Adour.


Lorsque le louhannais Charles Bernard s’associe, au sortir de la deuxième guerre mondiale, avec le dirigeant de la société anglaise Airborne Upholstery Ltd, il a déjà toute une vie de décorateur derrière lui. Et il a déjà donné dans le siège et le tabouret de bar. La rencontre a lieu en 1946 à la foire de Paris, où Bernard s’éprend des fauteuils que vient y vendre George Ingram. Les deux hommes créent Sobrega, et notre décorateur décroche un juteux marché : pour l’armée américaine, il expédiera des wagons entiers de fauteuils en Allemagne.

Après la mort d’Ingram, dans les années 50, Bernard rachète à ses héritiers le nom et l’essentiel des activités d’Airborne. L’entreprise va fortement se développer pendant une petite vingtaine d’années, recourant à des designers et commençant dès cette époque à développer le genre de fauteuils modernes qui feront sa réputation. À Montreuil puis de retour en Bresse, du côté de Tournus, Charles Bernard et ses deux fils exploiteront une entreprise qui comptera jusqu’à 17 filiales à l’étranger, où son savoir-faire et sa science de la publicité lui permettront d’accroître sa renommée.


Bientôt débordée par le succès de modèles comme le fameux « Patate » et victime de la crise des années 70, elle dépose le bilan en 1975. Successivement reprise par les sociétés Chambat et Stafor, elle déménage à Mérignac et se met à viser le marché des collectivités et des entreprises.

Et puis en 2008, l’histoire se répète et après une nouvelle liquidation, le fonds de la société est acquis en 2010, « à la barre du tribunal de Nanterre », par Christine Pfeiffer et Patricia Lejeune, qui l’installent à Duhort-Bachen, puis à Aire-sur-l’Adour.

 


AA, le rétro et l’indémodable…

Pendant toutes ces années, Airborne a conservé à son catalogue le fameux « AA », ce fauteuil modulaire à la structure métallique aérienne, héritier de la Fenby chair (fauteuil pliant en bois du XIXe) et du BKF de la fin des années 30. Les deux repreneuses vont jouer à fond la carte de ce fauteuil à la fois vintage et contemporain, qui se déclinait déjà en tables « AO ».

En 2011, elles lancent d’abord un « BB », modèle « petit format » pour enfants, avec des housses très colorées. En 2013, elles abandonnent la structure chromée du modèle et se tournent vers l’inox, plus propre aux usages d’aujourd’hui et plus respectueux de l’environnement. Et bien sûr, la modularité de ce fauteuil hors normes permet en elle-même quantité de déclinaisons, via plus d’une cinquantaine de housses différentes, de toutes couleurs et matières : toile en peau d’agneau, cuir, peau de vache, cotte de maille, batyline…


Dans le même temps, les deux dirigeantes ont lancé deux nouveaux meubles en 2015 : la table basse « Miss Trèfle » et un bridge « Impala », toujours dans cet esprit Airborne et avec le concours du studio de design At-Once…

Dernièrement, la maison a rhabillé ses Impalas avec Coralie Prévert, lancé une version « outdoor » de sa table en trèfle et une collection « Pastille » (bancs et tabourets), et bien sûr ajouté une housse « Bubble » à la garde-robe de son cher AA.


Pour écouler toutes ses nouveautés, Airborne peut aujourd’hui compter sur un réseau de 500 boutiques, dont 300 dans l’Hexagone. On lui souhaite une longue troisième vie !

Plus d’informations sur le site internet – cliquez ici

 

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