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DÉCRYPTAGELa LGV pourrait passer par Dax, Saint-Pée-sur-Nivelle et Biriatou

Les Grands projets du Sud-Ouest (GPSO) travaillent sur la création d’une ligne ferroviaire dédiée à la grande vitesse plus éloignée de la côte.
DÉCRYPTAGE - La LGV pourrait passer par Dax, Saint-Pée-sur-Nivelle et Biriatou
Le débat reste très chaud autour de cette liaison européenne qui doit connecter la France à l’Espagne, notamment pour la partie au Sud de Dax.

 Après la publication d’un rapport affirmant que seule une nouvelle ligne permet de sortir du bouchon ferroviaire, l’agence GPSO qui coordonne le projet a enfoncé le clou en annonçant le lancement d’études de faisabilité concernant le tracé entre la cité thermale landaise et l’Espagne.
 
L’enjeu est d’importance puisque le financement de l’Europe (autour de 15 milliards d’euros) impose une liaison grande vitesse transfrontalière.
 
Un nouveau fuseau devrait être proposé, plus en retrait du littoral passant par le Seignanx, Mouguerre, Saint-Pée-sur-Nivelle, Urrugne et Biriatou. Il serait alors prévu des raccordements avec les gares actuelles de Bayonne, Biarritz, Saint-Jean-de-Luz et Hendaye.

Débat toujours tendu…

Pour revenir sur le débat en cours, il oppose tout d’abord les partisans de l’aménagement des voies actuelles et ceux qui prône la construction d’une voie spécifique, comme ce sera le cas sur tout le reste du parcours, de Paris à Dax et d’Irùn à Madrid.
 
Ainsi, au mois d’août 2025, les maires de Bordeaux et de Bayonne plaidaient pour une modernisation urgente de la ligne ferroviaire au Sud de la métropole girondine, « seule alternative réaliste » selon eux à un projet de LGV devenu obsolète. Ils réclamaient « une requalification rapide de la ligne actuelle à 220–250 km/h. Un axe stratégique qui avait autrefois permis des records de vitesse et qui pourrait aujourd’hui renouer avec l’excellence ferroviaire ».
 
Auparavant, en avril, 14 parlementaires du Sud-Ouest, réunis à Bayonne, avaient demandé un arrêt des travaux et un moratoire sur la LGV Bordeaux-Toulouse/Dax, jugeant le projet aussi coûteux que déconnecté des priorités locales.
 
Porté par le député basque Peio Dufau, ce collectif dénonçait un déséquilibre criant entre les besoins du quotidien et les investissements engagés pour gagner quelques minutes sur de longues distances. La priorité, selon eux, devrait aller aux transports régionaux, aux RER métropolitains, aux SERM, et à la modernisation du réseau existant. Pour Colette Capdevielle, ancienne députée socialiste, l’enjeu était autant financier qu’écologique.

Avis contradictoires et incertitudes budgétaires…

De son côté, le récent rapport de Frederico Antoniazzi, remis à la Région Nouvelle-Aquitaine, souligne que seule la création d’une véritable infrastructure à grande vitesse, avec le doublement des voies, peut faire rouler plus de trains et répondre aux enjeux de mobilité, de transition environnementale et d’aménagement équilibré du territoire.
 
Lire notre article - Seule une nouvelle ligne permet de sortir du bouchon ferroviaire ?
 
Parallèlement, la question du financement est de plus en plus problématique, en raison des contraintes budgétaires de la France. Les incertitudes sont fortes et, en juin dernier, deux notes du Ministère de l’Économie et des Finances avaient fait l’effet d’une bombe : elles préconisaient un coup d’arrêt sur plusieurs projets ferroviaires, dont Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax. Depuis, plusieurs alertes ont confirmé ces craintes.
 
Lire notre article – Bordeaux-Dax et Bordeaux-Toulouse arrêtés ?

Nos voisins s’impatientent…

Pendant ce temps, les élus d’Euskadi plaident inlassablement pour l’accélération des travaux pour l’ouverture de « cette infrastructure cruciale pour le développement de l'arc Atlantique ».  Après la création de la voie grande vitesse Madrid-Valladolid, c’est le tronçon Valladolid-Burgos-Vitoria et l’Y basque avec Vitoria-Bilbao et Vitoria-Irun qui va être opérationnel.
 
Nos voisins ibériques regardent incrédules les complexités françaises et poursuivent leurs investissements XXL jusqu’à la frontière. Ils ont ainsi décidé de consacrer un budget de 70 millions d’euros pour construire à Irûn un bâtiment ultra-moderne, afin de recevoir comme il se doit les passagers des trains à grande vitesse, a priori ceux qui dépensent le plus.

Le projet est baptisé « Vía Irún ». Il permettra aussi d’améliorer les autres liaisons avec le Pays basque Nord et Bayonne, ainsi qu’avec le reste de l’Espagne et le Portugal. Le bâtiment présentera un véritable pont au-dessus des dix voies et comprendra différents niveaux en fonction du trafic régional, national et international. Autour, tout sera réaménagé pour développer l’accès aux autres types de transports ; des bus aux voitures, en passant par les vélos… Pour le maire d’Irún, c’est une véritable révolution.
 
Il faut savoir que, au total, nos voisins prévoient au total la mise en œuvre de 7.000 km de lignes nouvelles, avec comme objectif que toutes les capitales des provinces soient à moins de 4 heures de Madrid, et à moins de 6h30 de Barcelone.
 
Quant à la liaison entre Madrid, Saragosse et Huesca (Aragon), elle est en service, mais elle se trouve dans l’impasse en direction de la France avec la mise en veilleuse de la Traversée centrale des Pyrénées (vers la Bigorre et le Béarn).

Qu’en pensent les habitants ?

Si l’on en croit une enquête réalisée par Odoxa pour le Grand Projet du Sud-Ouest (GPSO), en octobre dernier, 87% des habitants du Sud-Ouest approuvent la création de cette nouvelle ligne ainsi que 76% des Français. De plus, 86% des habitants affirment que ce projet est utile.
 
Plus globalement, au-delà du tourisme, 73% des habitants pensent que la LNSO (Ligne nouvelle du Sud-Ouest) permettra de mieux les connecter aux autres villes de la région.

Les deux-tiers des habitants sont convaincus de l’impact positif de ce projet pour eux-mêmes : 70% des habitants pensent que ce projet aura un impact positif sur leur propre vie quotidienne et celle de leurs proches. Mieux encore, 54% des habitants pensent que ce projet améliorera leur quotidien (46%), voire même les rendra plus heureux d’habiter leur commune (46%).



Il est certain que, au-delà de l’amélioration des liaisons vers Paris ou Madrid, l’enjeu de ces lignes à grandes vitesses est de permettre de rapprocher entre-elles les villes du Grand Sud-Ouest, avec tous les avantages que cela représente pour mieux profiter de toutes les richesses et activités offerts par ces territoires exceptionnels. C’est aussi un atout potentiel considérable sur le plan professionnel, par exemple en permettant aux membres d’une famille basée à Dax, de pouvoir aller travailler beaucoup plus facilement à Bordeaux ou à Toulouse, sans être obligé de déménager.



Cette approche rejoint celle mise en avant par le Béarnais Jean Poulit, fondateur de Bison futé, créateur de Marne-la-Vallée et de la politique des transports de la Région Ile de France.
 
Lire notre article – Soutien massif à la liaison grande vitesse Bordeaux-Dax-Irun

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