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Les guerres font revivre Les Forges de Tarbes

L’industrie de l’armement bigourdane retrouve des couleurs depuis 4 ans et grâce aux perspectives ouvertes par un nouveau contrat de 150.000 corps creux pour obus.
Les guerres font revivre Les Forges de Tarbes
Le site bigourdan fait partie de l’histoire des arsenaux militaires français. Au départ, fonderie de canons (1796), il devient l’Arsenal de Tarbes en assurant la fabrication de munitions et de canons de tous calibres.

En 1971, le Groupement industriel des armements terrestres (GIAT) est constitué pour rassembler tous les sites industriels, dont celui de Tarbes. Ce dernier, qui a compté jusqu’à 12.000 ouvriers (juin 1940) a bien failli disparaître après la 2e guerre mondiale. Plusieurs diversifications, avec des commandes civiles, ont ensuite été tentées, en vain.
 
L’usine, renommée Tarbes Industry, a d’abord été reprise successivement par le groupe Vallourec (2006), Altifort SMFI (2018) et Franck Supplisson (2020). Finalement en 2021, c’est le groupe Europlasma, implanté à Morcenx et à Bordeaux, qui a repris Le flambeau.

La mobilisation sans faille autour de ce « fleuron de l’industrie française, doté d’un savoir-faire unique en matière de forgeage, de traitement thermique et d’usinage des métaux » a fini par convaincre le Tribunal de commerce de Paris le 4 août 2021.

Le groupe Europlasma, expert des solutions de dépollution, dont les dirigeants ont fait preuve de sérieux tout au long de la procédure, a donc été officiellement retenu pour poursuivre l’histoire de Tarbes Industry, entreprise stratégique et fournisseur historique qui forge les munitions de gros calibre de l’industrie française et de l’armement terrestre.
 
L’accord a représenté un vif soulagement pour la vingtaine de salariés. Un plan de reprise ambitieux avait été présenté, fondé sur la consolidation d’une production industrielle stratégique d’une part et la diversification de l’activité permettant au groupe Europlasma d’internaliser la fabrication des torches à plasma, d’autre part.
 
Tarbes Industry est alors devenu Les Forges de Tarbes, spécialisées dans le forgeage, le traitement thermique et l’usinage des métaux.
 
Il s’agit de la seule forge capable d’assurer la production de corps creux de grandes dimensions en France, pour la fabrication d’obus d’artillerie. Elle a été de plus en plus en plus sollicitée par le Ministère de la Défense, notamment pour fournir l’Ukraine, avec des calibres de 155 mm pour les redoutables canons Caesar.

Un nouveau contrat et des recrutements

Dans le cadre de l’économie de guerre et de la montée en cadence de la production de munitions d’artillerie de 155 mm, Les Forges de Tarbes sont largement sollicitées par le groupe franco-allemand KNDS, né de la fusion de Nexter (ex-GIAT Industries) et de Krauss-Maffei Wegmann (KMW).
 
KDNS vient de renouveler son engagement envers Tarbes à la faveur d’un contrat Long Term Agreement de 3 ans. Ce contrat, inédit par sa durée et ses modalités, porte sur la fourniture de corps creux d’obus de 155 mm, en assurant leur production sur une période de 3 ans pouvant être reconduite pour 3 ans supplémentaires.
 
« Cet accord structurant fixe une fourniture comprise entre 60.000 et 150.000 corps creux par Les Forges de Tarbes pour la période 2026-2028. Ce passage de commandes annuelles de la part de KNDS France à un contrat de 3 ans reconductible permet un accompagnement des Forges de Tarbes dans sa montée en puissance capacitaire. Les Forges de Tarbes s’engagent notamment sur la période du contrat à doubler la capacité allouée en cas de demande de KNDS France, un mécanisme d’adaptation de l’outil industriel permettant de répondre aux nécessités de l’économie de guerre ».
 
Depuis 2021, l’usine bigourdane est passée d’une vingtaine de salariés à plus de 80. Avec la montée en cadence de la production, et la mise en place d’une organisation ininterrompue, 24 heures sur 24, 365 jours sur 365, il est prévu le recrutement d’une quarantaine de personnes supplémentaires.
 
Informations sur le site internet d’Europlasma


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