Abonnez-vous
Publié le Mis à jour le

EN ACTION – Mobilisation des industries du textile

Les manufactures du Béarn jouent un rôle essentiel pour fabriquer les masques complémentaires, indispensables pour équiper tout le monde…
MASQUE LARTIGUE
La Maison Lartigue, les Tissages Moutet, MLT et la Manufacture Lepère ont répondu présent pour faire face à la pénurie des précieuses protections. Trois entreprises de notre patrimoine en action.

La Manufacture familiale Lepère-Oursport, installée depuis 1921 à Nay et spécialisée dans la fabrication de polos de rugby et de marinières, a été la première à confectionner ses propres masques en tissu. Elle en fabrique 750 chaque jour pour les vendre aussi bien à des particuliers qu’à des professionnels et tisse 10.000 pièces de tissu quotidiennement, pour les proposer à ses partenaires industriels comme Moutet ou Lartigue.

« Nous avions toutes les matières pour fabriquer des masques de protection fonctionnels, donc dès que nous avons eu l’aval de la DGA, nous avons commencé la production. Ils sont homologués, lavables, réutilisables et inusables », raconte Bertrand Lepère, co-dirigeant de la manufacture éponyme.

Pour les particuliers, Lepère commercialise des lots de 10 masques, coupés, cousus et assortis d’un cordon en coton, pour 60 euros (commande via le site Internet). L’entreprise familiale nayaise s’est également associée à la Manufacture de Layette et de tricots (MLT, à Morlaàs), pour répondre à l’appel de l’agglomération de Pau. Celle-ci a passé́ commande de 500.000 masques auprès de ces deux entreprises.

« Nous étions un peu partagé les premiers jours sur l'efficacité des masques et souhaitions attendre la validation des autorités compétentes. Nous sommes partis en production dès que nous avons reçu les résultats des tests », indique Arnaud Belabre, co-gérant de MLT. « Nous collaborons avec la Manufacture Lepère pour le tricotage, et nos ateliers partenaires tunisiens s’occupent de la confection ». Ainsi, près de 2.000 masques peuvent être fabriqués chaque jour à Morlaàs, et 10.000 en Tunisie.

Moutet et Lartigue sur le front…

Tout comme la Manufacture Lepère, les Tissages Moutet (Orthez) ont répondu à l’appel de la Direction Générale de l’Armement, en demande de prototypes de masques alternatifs. Les équipes de Benjamin Moutet produisent près de 500 masques par jour.

Du côté de Bidos, les Tissages Lartigue1910 ont récemment fait valider un prototype par l’hygiéniste de l’hôpital d’Oloron, pour lequel l’entreprise va réaliser 1.000 masques. « Nous avons commencé à confectionner de manière bénévole et gratuite des masques de protection non homologués à la demande du Centre hospitalier d’Oloron et de petits commerçants en périphérie de la ville », raconte Philippe Lartigue, le gérant de la manufacture haut-béarnaise.

« La demande s’est ensuite accrue, et les deux sites d’Ascain et Bidos ont réouvert pour assurer la production de masques avec cinq salariés par site ». La collaboration entre la Manufacture Lepère et Lartigue1910 est ancienne : « Depuis au moins trois générations, nous travaillons avec l’entreprise Lepère, qui nous teint notre linge basque. Nous nous sommes tournés vers eux aujourd’hui pour qu’il nous fournisse les matériaux nécessaires à la confection de masques de protection homologués », souligne Philippe Lartigue. Il faut du molleton de coton et du polyester.

La Manufacture Lartigue a également utilisé le modèle de son collaborateur pour fabriquer 500 masques par jour sur son site basque, et 300 à Bidos. « Cette fabrication nous permet de limiter la casse par rapport à notre chiffre d’affaire. Depuis le début du confinement, nos boutiques sont fermées et nos ateliers de tissage également ».

Et le mot de la fin revient à Bertrand Lepère, qui tire une juste morale de cette situation : « Nous avons un savoir-faire exceptionnel. Il faut réapprendre à consommer local ». De Morlaàs à Nay, en passant par Ascain, Puyoô et Orthez, la fabrication de masque est sous tension et les entreprises sont assaillies par les demandes des particuliers comme des entreprises.

 

À lire aussi

Commentaires


Réagissez à cet article

Les commentaires seront bientôt à nouveau disponibles sur notre site. En attendant vous pouvez réagir à nos articles en nous envoyant un email.