Vous êtes certainement au courant mais il est toujours bon de rappeler que la météo, les incendies et le prix du carburant se sont invités dans les vacances landaises cette année. Entre mai et septembre 2026, les Landes ont enregistré 14,03 millions de nuitées françaises, soit 6,2 % de moins qu’à la même période en 2025. Un recul qui n’a pourtant pas empêché une majorité de professionnels de tirer un bilan positif de la saison. Selon le baromètre publié le 23 octobre par Landes Attractivité, 65 % des répondants se déclarent satisfaits, tandis que 58 % indiquent avoir réalisé un chiffre d’affaires supérieur à celui de l’année précédente. Cependant, derrière cette résistance, les écarts sont tout de même considérables selon les territoires et les activités.
Une avant-saison qui fait grise mine
Ainsi le printemps a donné le ton, et malheureusement il n’était pas franchement estival. En mai et juin, la fréquentation française a reculé de 9 % par rapport à 2025. La haute saison a ensuite limité la casse, avec une baisse de 6 % en juillet et août, avant une stabilisation en septembre. Pour les hébergeurs et les acteurs des activités touristiques, le démarrage a été particulièrement difficile puisque 54 % des professionnels interrogés ne se sont pas déclarés satisfaits de l’avant-saison.
Les aléas climatiques ont également pesé sur les séjours. Au plus fort des incendies, près d’un professionnel sur deux a constaté des annulations ou des séjours raccourcis, principalement en raison du sentiment d’insécurité. Pour 22 % d’entre eux, certains visiteurs ont préféré reporter leur réservation. Les fortes chaleurs ont aussi bousculé les habitudes, un quart des répondants a observé des annulations ou des séjours écourtés en raison de la canicule. À l’inverse, 59 % estiment que ces épisodes n’ont pas eu d’effet sur la fréquentation.
Mais ce n'est pas tout puisque à ces difficultés s’ajoute la pression sur le budget des vacanciers. Un professionnel sur deux associe des annulations ou des séjours raccourcis à la hausse du prix des carburants. Le contexte économique et géopolitique international a également fait pencher la balance sur les décisions de départ, selon un tiers des répondants. Les vacances restent au programme, mais les décisions semblent plus connectées à la réalité du portefeuille.
Le littoral garde la tête hors de l’eau
Malgré le recul des nuitées françaises, la côte landaise a mieux résisté. En effet, sur le littoral, 68 % des professionnels se disent satisfaits de leur saison, une proportion qui traduit une situation globalement stable par rapport à 2025. Les hôtels, les restaurants, les visites et les activités sportives ou de loisirs figurent parmi les secteurs les plus sensibles aux variations de fréquentation. Mais la présence de la clientèle étrangère a pu contribuer à maintenir l’activité, 44 % des répondants du littoral évoquant une progression de cette clientèle.
Le bilan économique confirme donc cette tendance meilleure. Sur la côte, 62 % des professionnels déclarent un chiffre d’affaires supérieur à celui de 2025, tandis que 28 % signalent une baisse. Le tableau est nettement moins favorable dans l’intérieur du département. Là, 61 % des répondants se disent insatisfaits de la saison et 82 % déclarent un chiffre d’affaires en recul. Seuls 8 % ont enregistré une hausse. Les professionnels y jugent insuffisante la fréquentation des clientèles françaises comme étrangères.
Cette différence rappelle que les retombées touristiques ne se répartissent pas uniformément sur le territoire. Quand le littoral parvient à amortir le choc, l’intérieur peine davantage à retrouver le niveau d’activité de l’année précédente. Une même saison certes, mais des réalités bien différentes selon que l’on travaille face à l’océan ou loin des plages.
Les visiteurs étrangers, un relais encore inégal
Les clientèles internationales constituent à elles seules un autre élément du bilan. Selon les professionnels interrogés, leur présence a été jugée satisfaisante par 70 % des répondants sur l’ensemble de la saison. Mais là encore, la tendance a évolué au fil des mois. L’avant-saison a été plus compliquée, avec davantage d’avis négatifs que positifs. En juillet et août, les appréciations se sont améliorées, notamment dans les campings, les lieux de visite et les activités de loisirs, même si près d’un professionnel sur deux a estimé que cette fréquentation restait tout de même inférieure à celle de l’été 2025.
Quant à septembre, il a apporté un signal plus encourageant avec près de huit professionnels sur dix qui se sont déclarés satisfaits de la clientèle étrangère, et 52,1 % ont constaté une fréquentation supérieure à celle de septembre 2025. Les Allemands, les Espagnols et les Belges figurent parmi les clientèles les plus citées à cette période. Un relais bienvenu alors que les visiteurs français ont tendance à réduire ou raccourcir leurs séjours.
L’automne ne réserve pas encore de bonnes surprises
Reste désormais à prolonger la saison. Et sur ce terrain, les premiers indicateurs appellent à la prudence. En effet, au moment de l’enquête, près d’un hébergeur sur deux faisait état de réservations inférieures à celles de 2025, aussi bien pour la première quinzaine d’octobre que pour les vacances de la Toussaint. Les conditions météorologiques demeurent un facteur déterminant pour les intentions de séjour.
À six mois, les professionnels se montrent d’ailleurs plus pessimistes sur la fréquentation que sur leur chiffre d’affaires. Près de la moitié anticipent une baisse du nombre de clients ou des réservations, respectivement 46 % et 49 % des répondants. Les marges et la trésorerie restent également sous tension : 32 % prévoient une détérioration des marges et 33 % une dégradation de leur trésorerie.
Le tourisme landais ne sort donc pas de la saison les valises pleines de certitudes. La satisfaction majoritaire et la résistance du chiffre d’affaires témoignent d’une réelle capacité d’adaptation, mais elles ne masquent pas la fragilité de certains secteurs et territoires. Entre la côte et l’intérieur, l’enjeu sera désormais de transformer les derniers beaux jours en activité durable, sans laisser une partie des destinations landaises au bord de la route.
Sébastien Soumagnas



Tourisme Landes DR

Réagissez à cet article
Vous devez être connecté(e) pour poster un commentaire