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DÉCRYPTAGELa filière du thermalisme mobilisée pour son avenir

Les 42 stations d’Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine retiennent leur souffle face au projet du ministère de la Santé de dérembourser en grande partie les cures.
DÉCRYPTAGE – La filière du thermalisme mobilisée pour son avenir
Sur les deux régions, ce sont 13.000 emplois équivalents temps plein qui sont générés de manière directe, indirecte et induite, pour un chiffre d’affaires de 2,1 milliards d’euros (2023). Au total, elles enregistrent chaque année 260.000 cures conventionnées.

Sur le bassin Adour Gascogne de nombreuses villes sont directement concernées : Dax, Saint-Paul-lès-Dax, Saubusse, Eugènie-les-Bains, Préchacq, Cambo-les-Bains, Salies de Béarn, Eaux-Bonnes, Eaux Chaudes, Bagnères-de-Bigorre, Argelès-Gazost, Cauterets, Barèges, Luz-Saint-Sauveur, Saint-Lary, Capvern, Barbotan, Castéra-Verduzan, Lectoure, etc.
 
Dans le cadre du budget 2027, le gouvernement veut réaliser 200 millions d’euros d’économie sur les cures thermales. Le taux de prise en charge par la Sécurité sociale tomberait ainsi de 65% à 15%.
 
La Fédération d’Occitanie souligne qu’une telle mesure aurait un impact psychologique majeur et se traduirait instantanément par une chute sensible de la fréquentation des thermes.
 
Résultat, les thermes seront fragilisés d’autant, mais également les territoires qui bénéficient de retombées conséquentes, directes et indirectes. Il faut prendre en compte qu’il s’agit pour l’essentiel de territoires ruraux, sachant que la plupart des établissements sont implantés dans des communes de moins de 5.000 habitants.

Les professionnels mettent aussi en avant les conséquences financières contre-productives d’une telle mesure pour l’Etat, par exemple au niveau de la TVA : une baisse de l’activité (plus de 5 milliards d’euros en France) génèrera une chute conséquente de cette taxe, relativisant l’économie recherchée par le Sécurité sociale.
 
Ils rappellent également que la prise en charge est limitée aux soins, plafonnés à 30 € par jour, soit 600 € pour une cure de 18 jours (en moyenne). Et que les curistes paient directement tous leurs frais de séjour : voyage, hébergement, repas, etc.
 
Il faut savoir que le thermalisme ne représente que 0,15% des dépenses de la Sécurité sociale. La Fédération demande au ministère de la Santé, mais aussi à Bercy, de mettre en face de ces dépenses les économies réalisées grâce aux bienfaits des cures : moins de médicaments, moins de séances de kiné, moins de déplacements en VSL…
 
La filière ne s’oppose pas à des discussions, pathologie par pathologie, pour adapter au mieux les cures. Mais elle souhaite que le gouvernement mesure bien les conséquences d’un déremboursement qui conduirait des patients à renoncer à toute cure thermale.

Photo : Thermes Adour.

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