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Claire de Castelbajac bientôt parmi les Bienheureux ?

Décédée d’une méningite à 21 ans en 1975, la Gersoise repose à l’abbaye de Boulaur, où la trentaine de sœurs de la communauté prient toujours pour sa béatification...
CASTELBAJAC 0
Alors que se profile la « Journée nationale de lutte contre les méningites » (ce samedi 2 octobre), la presse se refait l’écho de son procès en béatification.
  • Jeune communiante, elle affirmait déjà vouloir être sainte. Claire de Castelbajac (1953-1975) entendait « semer la joie » autour d’elle, déclarant vouloir faire des heureux sur la terre quand Thérèse avait attendu d’être au ciel. Mais son créateur avait visiblement d’autres projets pour elle…

    La jeune femme, qui étudiait la restauration d’œuvres d’art à l’Institut central de Rome, était bien issue de l’illustre famille bigourdane, dont l’un des représentants les plus connus est le couturier Jean-Charles de Castelbajac. Sa branche de la noble maison est fixée au château de Lauret, sur la commune gersoise de Sainte-Gemme.

    Décédée d’une méningite en janvier 1975, 3 semaines seulement après un passage à la grotte de Lourdes, c’est près de la chapelle de ce hameau de Lauret qu’elle reposa d’abord, avant que son corps ne soit transféré à l’abbaye de Boulaur, en 2004. Un transfert auquel sa réputation croissante n’était pas étrangère : il s’agissait d’organiser un meilleur accueil des croyants attachés à Claire de Castelbajac, toujours plus nombreux à souhaiter sa béatification. Elle avait, paraît-il, pressenti sa mort.

    La procédure de béatification (généralement très longue) a été initiée il y a maintenant 30 ans. L’enquête diocésaine, indispensable première étape permettant de recueillir localement des témoignages et de compiler l’information disponible, ne s’est achevée qu’en 2008. Lancé par l’abbé Gilbert Soulignac (Auch), ce lourd travail a été poursuivi par une religieuse de Boulaur à partir de 2002. Un volumineux document a finalement été adressé à Rome, à la Congrégation pour les causes des saints, chargée d’instruire les dossiers.

    Tous les espoirs sont permis…

    Le dossier de Claire de Castelbajac a été accepté un an plus tard, et une synthèse (nommée « positio ») de la riche enquête a été effectuée par un rapporteur. Un collège de cardinaux et d’évêques doit maintenant se prononcer et, si ses conclusions sont favorables, prendre deux décrets sur « l’héroïcité des vertus » et le(s) « miracle(s) » accomplis par l’intercession de la défunte. Ces décrets doivent ensuite être transmis au pape, qui finit par trancher. Si l’on se fie au temps moyen d’instruction des dossiers, le pape pourrait finaliser la procédure avant 2024.

    On le voit : c’est une procédure aussi longue que difficile. La preuve de miracles n’est pas toujours aisée à établir ou à faire accepter. Cependant, Claire de Castelbajac a toutes ses chances, puisque les béatifications ne sont pas non plus extrêmement rares. Elles ont même tendance à se faire plus nombreuses depuis l’élection du pape François.

    Louis-Édouard Cestac

    En plus de 918 martyrs de la Guerre d’Espagne, il a décrété la béatification de 335 personnes depuis 2013. Parmi les derniers « bienheureux » français, on peut citer le prêtre marseillais Jean-Baptiste Fouque, la Lot-et-garonnaise Adèle de Batz de Trenquelléon et la religieuse Alphonse-Marie Eppinger (2018), l’Aveyronnais Henri Grialou (Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus, en 2016) ou encore Louis-Édouard Cestac, vicaire de la cathédrale de Bayonne au XIXe (2015).

    Des procédures sont également en cours, telle celles, médiatiques, du père Hamel et de Marthe Robin, mais aussi d’autres moins connues, comme celles de plusieurs martyrs de la Commune de Paris.

    On précise que la béatification n’est pas encore l’étape suprême permettant d’accéder au glorieux statut de saint. Pour cela, il faut encore en passer par la procédure de canonisation. Depuis son élection, François a fait 900 nouveaux saints (dont les 800 martyrs d’Otrante). Le prochain Français à le devenir sera Charles de Foucauld (1858-1916), prêtre retiré au Sahara parmi les touaregs pour les édifier par sa conduite.

    En attendant (on l’espère) la béatification d’une autre enfant du pays, on notera que celle-ci continue de veiller sur Boulaur, qui reste en bonne santé malgré la baisse des vocations à l’échelle nationale. En 2020, 7 nouvelles sœurs ont ainsi rejoint l’abbaye cistercienne.

    Plus d’informations sur le site de l’abbaye de Boulaur

     

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