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Le Conservatoire botanique des Pyrénées en pistes

Plusieurs stations de ski ont suivi méticuleusement ses conseils, en choisissant de réintroduire des semences sauvages et locales...
MONTAGNE
« Que la montagne est belle » chantait Jean Ferrat. Oui, mais elle est aussi fragile. C’est pour cette raison que plusieurs stations, à l’image du Grand Tourmalet ont travaillé en collaboration avec le Conservatoire.
  • L’objectif est de conserver la diversité de l’écosystème déjà en place, tout en limitant l’érosion du terrain.

    Aussi forte semble-t-elle, la montagne reste un lieu délicat à préserver. Et tout aménagement quel qu’il soit peut en perturber l’équilibre. Or, en altitude, il faut du temps, beaucoup de temps et de patience pour reconstituer un couvert végétal.

    C’est pour apporter son expertise et ses judicieux conseils en matière de restauration écologique que le Conservatoire botanique anime la démarche Ecovars, mise en place en 2003. En combinant semences locales et techniques de réensemencement, les résultats sont visibles sur l’écosystème et la stabilisation des sols.

    Collectivités territoriales, stations de ski, institutions, partenaires scientifiques, financiers, et agriculteurs, ils sont nombreux à s’être rassemblés autour de ce programme, rejoints par d’autres partenaires comme le CNRS de Montpellier.

    Afin de garantir la provenance de graines pyrénéennes de qualité pour cette restauration écologique, la marque collective « Pyrégraine de nèou » a été créée en 2010. Après la réussite d’expérimentations menées par une association d’insertion sur dix espèces (Anthyllide des Pyrénées, Fétuque noirâtre, Canche flexueuse…), ces semences ont été multipliées afin de pouvoir répondre à la demande des stations (Grand Tourmalet, Peyragudes, Saint-Lary…) et des collectivités.

    Il a été constaté par exemple que les espèces montagnardes avaient l’avantage de mieux résister aux rudes conditions climatiques en altitude. Et si elles poussent parfois plus lentement que les variétés importées, elles s’installent plus durablement. Les surfaces concernées ont également tendance à rester enneigées plus longtemps que celles qui ont été ensemencées avec des mélanges commerciaux non adaptés.

    Pour que les solutions soient en cohérence avec le milieu naturel et permettent d’optimiser le couvert végétal, un diagnostic, établi conjointement avec les maîtres d’ouvrages, permet au préalable de déterminer les associations de graines et fertilisants à adopter, en fonction des sols et des végétations naturelles à proximité.

    Il faudra ensuite récolter les plantes sauvages selon la technique préconisée (transfert de touffes, récolte de graines à l’aide d’une « brosseuse », ou fauchage du foin) pour restaurer les composantes locales du secteur et le préserver.

    Il est aussi possible d’acheter des mélanges de semences « Pyrégraine de nèou » produits par l’Association Indigraines pour la revégétalisation des sites d’altitude pyrénéens.

    Il ne restera plus qu’à lever les yeux au fil des saisons pour confirmer que la montagne est belle, et bien belle.

    Informations sur le site Internet – cliquez ici

     

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