Les Landes ont connu ces dernières semaines des heures difficiles avec les incendies qui ont mobilisé pompiers, équipes de la DFCI, services de l’État et acteurs locaux. Si la vigilance reste évidemment de mise dans un contexte de risque élevé, une autre réalité mérite aussi d’être rappelée : le département continue de vivre, d’accueillir et de proposer de magnifiques escapades estivales.
Alors, plutôt que de laisser les flammes occuper tout le paysage, pourquoi ne pas remettre un peu de vacances dans le viseur ? Voici deux idées pour prendre l’air, découvrir autrement les Landes et soutenir, à son échelle, l’activité touristique locale.
Contis : un phare qui ne manque pas de caractère
Il domine la forêt landaise depuis plus de 160 ans et reste le seul phare du département. À Saint-Julien-en-Born, le phare de Contis constitue une halte aussi instructive que spectaculaire. Construit sous Napoléon III et mis en service en 1863, son emplacement, à mi-chemin entre Arcachon et Biarritz, fut choisi pour guider les navigateurs sur cette portion de la côte atlantique.
Mais si le phare attire aujourd’hui les visiteurs, c’est aussi pour son look très reconnaissable. Entièrement blanc à l’origine, il s’est offert en 1937 deux grandes bandes noires qui s’enroulent autour de sa tour en forme de vis d’Archimède. Un habillage qui n’a rien de purement décoratif : cette spirale sert également d’amer diurne, permettant aux marins d’identifier plus facilement le monument. Cette silhouette particulière, surnommée « barber’s pole », est plutôt rare dans le monde.
Le phare a également traversé les turbulences de l’Histoire. Électrifié en 1933, il a été occupé pendant la Seconde Guerre mondiale et a échappé de peu à une destruction complète. En août 1944, les Allemands ont fait sauter sa coupole avant leur départ. Un feu provisoire fut rapidement installé et le phare, restauré, fut finalement rallumé en 1949.
Aujourd’hui automatisé et télécontrôlé depuis Bayonne, il n’a plus besoin de gardien. Il continue toutefois d’accueillir les visiteurs d’avril à septembre. Et ceux qui auront le courage de gravir les quelque 183 marches seront largement récompensés. Depuis le sommet, le panorama déroule un véritable grand écran naturel : l’océan Atlantique d’un côté, la forêt landaise de l’autre, avec entre les deux le cordon dunaire. Par temps clair, la vue peut même porter jusqu’à la côte espagnole.
Une petite grimpette donc, mais une sacrée récompense à l’arrivée. De quoi prendre de la hauteur sans quitter les Landes !
Arjuzanx : une ancienne mine devient un coin de paradis
Changer de décor sans changer de département : direction Morcenx-la-Nouvelle et la réserve naturelle nationale d’Arjuzanx. Ici, le paysage raconte une étonnante histoire de transformation. Car derrière les eaux limpides et les allures de lagon du lac d’Arjuzanx se cache une ancienne mine de lignite, exploitée jusqu’au début des années 1980.
Après l’arrêt de l’exploitation minière, la cavité s’est progressivement remplie grâce aux eaux souterraines et aux précipitations. Une nouvelle page s’est alors écrite : celle d’un vaste espace naturel aujourd’hui préservé.
Avec ses 147 hectares, le lac d’Arjuzanx est le plus grand des sept plans d’eau de la réserve. Ses eaux claires, parfois d’un bleu étonnamment lagunaire, invitent naturellement à la baignade. La plage aménagée accueille chaque été les visiteurs et la zone de baignade, limitée à la partie sableuse, permet de profiter du site dans un cadre particulièrement agréable.
Mais le lac se prête également aux activités nautiques, avec notamment le canoë, le paddle, les pédalos ou encore le catamaran. Les amateurs de pêche peuvent également s’y adonner, le lac étant classé en deuxième catégorie piscicole, tandis que les plus contemplatifs pourront simplement profiter des sentiers et des paysages.
Car Arjuzanx est aussi une formidable destination pour les amoureux de nature. La réserve constitue notamment un site majeur d’hivernage pour la grue cendrée en Europe. Oiseaux migrateurs, chevreuils, sangliers et nombreuses espèces végétales composent une biodiversité particulièrement riche. À pied, à vélo ou à cheval, les environs offrent de nombreuses possibilités pour prendre le temps de regarder plutôt que de courir.
Et après les incendies qui ont récemment touché le secteur, cette renaissance prend une résonance particulière. La réserve a été préservée grâce à la mobilisation des pompiers, de la DFCI, et de tous ceux engagés sur le terrain. L'accès à la plage pour la baignade, au lac pour les activités nautiques et à la Maison de site est autorisé selon les conditions indiquées par la réserve.
COUP DE POUCE
Et si vos vacances devenaient, cette année, un petit geste de solidarité ? Après les incendies qui ont durement touché les Landes et sérieusement compromis la saison touristique, venir découvrir le département est aussi une façon très concrète de contribuer à son redémarrage.
Alors, si vous êtes encore à la recherche d’une escapade, mettez le cap sur Contis et son phare emblématique, puis poussez jusqu’à Arjuzanx pour profiter de son lac et de sa réserve naturelle. En choisissant ces destinations, en fréquentant les hébergements, restaurants, commerces et activités du territoire, vous participerez directement à la vie locale.
Les Landes ont besoin de vigilance pour protéger leurs forêts, mais elles ont aussi besoin de visiteurs pour faire vivre leur économie. Cet été, venir dans les Landes, revient à donner un petit coup de pouce à tout un département.
Sébastien Soumagnas






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