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Une journée commémorative et festive pour « ne pas oublier »

À l’occasion de ce 80e anniversaire de la Libération de Pau, de nombreuses activités mettront en avant le quotidien des habitants durant l’Occupation. Rendez-vous le 25 août.
Une photographie d'archive de la Libération de Pau en 1944. Crédit photo : Musée de la Résistance.Archives Musée de la Résistance
Cette journée aura pour objectif de rendre hommage aux disparus, de valoriser le patrimoine local et de sensibiliser le grand public sur l’histoire locale.

Différents services de la collectivité se sont mobilisés pour concevoir et proposer aux usagers un programme qui permette de faire acte de mémoire et de transmission.

En effet, grâce au pôle Patrimoines Culturels-Archives Communautaires de la Ville et aux Archives départementales, des photos d’un grand intérêt patrimonial et historique ont été mises au grand jour et permettent de découvrir un autre aspect de l’ancienne capitale du Béarn, encore peu connu.

Le musée de la Résistance, le musée des parachutistes, des historiens et des conférenciers ont également pris part à ce projet mémoriel, en racontant leurs histoires, mais aussi en partageant leurs connaissances et leurs travaux pour permettre une pleine compréhension de cette période historique.

Des vétérans ou contemporains de l’époque ont aussi eu à cœur de livrer leur témoignage dans une vidéo à découvrir sur pau.fr. Ils ont pu y raconter des moments de leurs vies en lien avec cette période, des récits poignants et essentiels au devoir de Mémoire.

Entre recueillement et fête 

À cette dimension mémorielle importante devrait s’ajouter une dimension festive, pour célébrer les « héros » et tenter de revivre la joie et la liesse lors de la Libération. 

La matinée du 25 août sera dédiée aux commémorations. En effet, le public est invité à se rendre dans différents lieux marquants de cette période : une lecture de message et un dépôt de gerbes aura lieu au charnier du Pont-Long, puis direction le carré des fusillés dans le cimetière urbain, avant de se rendre au Mémorial de la résistance et de la déportation, place Albert 1er, où des gerbes seront déposées en présence des drapeaux des associations d'anciens combattants, résistants et victimes de guerre. Après une courte déambulation, un dépôt de gerbes à la mémoire des employés communaux morts pour la France sera effectué à l’Hôtel de Ville.

Les Palois seront par la suite invités à profiter du cadre verdoyant du parc Beaumont pour un pique-nique géant. Les participants pourront venir avec leur nourriture ou réserver en amont un panier de pique-nique au restaurant La Belle Epoque. Celui-ci inaugurera un après-midi festif, paré aux couleurs des années 1940 pour l’occasion.

Déambulation et défilé à bord de véhicules anciens, du mémorial, à la rue des Cordeliers puis la rue Saint-Louis, le boulevard des Pyrénées et le parc Beaumont. 

Dès 14h, de nombreux jeux pour petits et grands seront proposés par les associations locales (quilles de 9, jeux en bois personnalisés par le Musée-mémorial des parachutistes…), et Alexandre Bourdallé-Bordenave, représentant de l'association Mémorial Front du Medoc, recomposera un camp (tentes, jeep…).

Tout droit venues des années 1940/1950, les Swings Cocottes proposeront un voyage dans le temps empli de Swing, de légèreté, de musique et de rire à 16h. Avant le grand bal populaire de 17h, qui sera animé l’orchestre Paris Guinguettes.

Archives intercommunales

Le quotidien sous l’Occupation

En parallèle, tout au long de l’après-midi, un parcours d’exploration des lieux emblématiques de la ville pendant la guerre et à la Libération sera inauguré. Destiné aux familles, il est gratuit et aucune inscription n’est nécessaire.

Les visiteurs pourront en apprendre davantage sur ces années, grâce à différentes expositions. Des photographies liées à l’occupation, la guerre, la résistance, la vie quotidienne, les médias… seront présentées, le Musée-mémorial des parachutistes et le Musée de la résistance et de la déportation présenteront divers objets d’époque en rez-de-jardin du Palais Beaumont et Cédric Barbarot dévoilera sa collection privée, centrée sur les forces américaines en Europe de 1944 à 1945.

Par ailleurs, des conférences plongeront le public dans des récits poignants et vibrants des résistants et habitants qui ont vécu cette période. Elles auront lieu dans le Palais Beaumont toutes les 30 à 45 minutes.

Parmi les intervenants, Annie Olazabal, fille du Passeur Michel Olazabal et bénévole au Musée de la résistance, présentera son livre « Le passeur, héros de la Résistance, sauveur de l'ombre », où elle raconte le parcours de résistant de son père Michel qui permit à 953 personnes de quitter la France pour l’Espagne. Achille Muller prendra également la parole. Ce militaire français a été résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, membre des SAS et c’est le dernier Français vivant des Forces françaises libres.

Enfin, pour clôturer cette journée en beauté, le film La Grande Vadrouille (1966) sera projeté à 21h au théâtre de verdure, dans le cadre d’Un été au ciné.

Noémie Besnard

Un peu d’histoire

Pau n'a pas échappé à l'invasion allemande durant la Seconde Guerre mondiale. Après la défaite française de 1940, la ville devient une zone d'accueil pour de nombreux réfugiés fuyant l'avancée des troupes allemandes. La population paloise passe alors de 35.000 à plus de 100.000 habitants.

Jusqu’alors situé en zone libre, Pau est à son tour occupée par les Allemands le 11 novembre 1942. La Kommandantur 732 s'installe à l'Hôtel de France, place Royale.

La vie des Palois bascule alors dans un régime d'oppression marqué par des restrictions et des privations (rationnement alimentaire, pénurie de biens de première nécessité, contrôle de la presse et des communications), la persécution des juifs et des minorités et un fort sentiment de méfiance entre collaboration et résistance.

L'Occupation a laissé des traces profondes dans la ville de Pau. De nombreux lieux de mémoire rappellent cette période sombre de l'histoire, comme le Monument aux déportés, le Mémorial de l'internement et de la déportation et le Musée de la résistance et de la déportation.

Le 20 août 1944 marque un tournant majeur dans l'histoire de Pau. Après quatre années d'occupation, la ville est enfin libre et peut s'engager sur la voie de la reconstruction. Dès les premières heures du matin, les troupes allemandes quittent Pau en direction de Bordeaux, afin d’anticiper l'arrivée des Alliés.

Les premiers blindés américains entrent dans Pau en début d’après-midi. Mais la liesse populaire, elle, a eu lieu seulement le 4 septembre 1944, car les Palois craignaient un retour des forces allemandes et de potentielles représailles.

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