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BigorreTroupeaux cherchent bergers passionnément

Au CFPPA de Lannemezan, Mathieu Plagnet et Joanna Rodriguez forment ceux qui se rendront en haute montagne lors des estives.
Bigorre – Troupeaux cherchent bergers passionnément
Un métier qui relève parfois du défi, et qui donne du sens à la vie.

Ah la verte montagne, pure et fleurie quand reviennent les beaux jours, l’air vif qui circule jusque dans nos doigts de pieds, la vie à pleins poumons loin de toute pollution sonore et visuelle !

C’est beau. Tellement beau qu’on en viendrait presque à rêver de partir seul à l’aventure, avec bâton de berger et chien fidèle, en suivant la douce sonnaille du troupeau…

C’est, effectivement, le côté heureux de la profession, qui, comme toutes les professions, a aussi son revers de médaille. Et ici, au Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole de Lannemezan, on vient justement apprendre le métier de berger-vacher transhumant, pour pouvoir s’élancer en toute connaissance de cause.

« C’est une formation qui existe depuis une vingtaine d’années déjà, mais qui était proposée en collaboration avec les Pyrénées-Atlantiques », explique Joanna Rodriguez, formatrice coordonnatrice. « Mais depuis trois ans, elle est dédiée aux bergers des Hautes-Pyrénées, dont l’activité est très différente de celle du 64. Là-bas, il y a surtout des troupeaux laitiers qu’il faut raccompagner à l’heure de la traite. Ici, les troupeaux sont beaucoup plus importants, et restent en haute altitude en permanence lors des estives. Il y avait une réelle demande des éleveurs en ce sens » poursuit-elle.

Une demande qui peut vite se transformer en angoisse, tant les bergers sont rares. Soumis à la décision de la Région Occitanie pour le nombre de places proposées en formation, ils sont finalement moins de dix (7 pour cette année), alors que les candidatures arrivent de toute la France. Pourtant, depuis que l’apprentissage est recentré sur les Hautes-Pyrénées, le centre affiche 100% de réussite, et tous les diplômés trouvent un emploi dans la foulée.

« Nous avons autant d’hommes que de femmes, venus de tous horizons, qui ont déjà une vie professionnelle, mais souhaitent redonner du sens à leur métier. Il faut être âgé d’au moins 18 ans, et les sélections sont importantes. Il faut de bonnes conditions physiques, psychologiques, et ne pas avoir peur de relever le défi. Nous ne prenons pas la responsabilité d’initier une personne si l’on sent qu’elle ne pourra pas supporter la solitude pendant six mois ; ce serait trop dangereux de l’envoyer en haute montagne. »

Accros au téléphone et aux réseaux sociaux, passez donc votre chemin. Encore que, l’innovation des abris pastoraux autonomes d’Esprit Altitude pourrait bien modifier la donne.

« Nous essayons de casser un peu aussi l’image idéale du berger sous un ciel estival. L’an dernier par exemple, il y a eu 52 jours de brouillard sur la saison. Il faut pouvoir le supporter. Il faut également apprendre à garder son sang froid en cas d’attaque de prédateurs, savoir comment réagir si un animal se blesse… Tout ça est bien évidemment abordé durant les cours, et un tuteur les accompagne lors de la première estive » souligne Joanna.

La particularité de la formation proposée au CFPPA de Lannemezan est d’être pluriactive. Les bergers vachers transhumants ont ainsi carte blanche pour explorer, en parallèle, des métiers qui leur permettront de travailler durant la saison hivernale, sur le territoire. Hôtellerie, stations de ski, salariés agricoles…

Une belle façon de les aider à s’ancrer dans le territoire, au contact de ceux qui les emploient, et de soulager des secteurs souvent en tension.

Photos : Mathieu Plagnet, CFPPA Lannemezan

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