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Une expédition scientifique pour découvrir le Gouf de Capbreton en profondeur

C'est l'organisme Under The Pole, spécialisé dans la plongée sous-marine à portée scientifique, qui était à la manœuvre. Huit plongées avec comme objectifs de pouvoir dresser un aperçu de la biodiversité du Gouf, et d'en ramener des échantillons...
Un plongeur dans le Gouf de Capbreton.Photo : Copyright OFB / Under The Pole - Erwan MARIVINT.
Connu et étudié principalement pour sa géologie, le Gouf de Capbreton est également une zone riche de par son écosystème. Cependant, jamais une expédition du calibre de celle-ci n'avait été organisée pour étudier sa biodiversité. La première de nombreuses autres... ?

La connaissance du Gouf de Capbreton est loin d'être récente. En effet, déjà en 1491, cette zone géographique marine, située entre le sud-ouest de la France et le nord de l'Espagne, attirait l’œil des explorateurs. Une première carte du Gouf est dressée en 1815 par Alexis Pierre César Depoge, et en 1899 Élisée Reclus, géographe, émet l'hypothèse que le site serait issu d'une « faille sismique due au plissement pyrénéen ». Hypothèse quelque peu confirmée par la suite, puisque le Gouf est un canyon sous-marin créé par l'écartement de deux plaques tectoniques.

De nos jours, l'endroit attise toujours la curiosité des géologues et des explorateurs amateurs, comme ceux l'association Cap'Gouf Exploration par exemple, dont les plongeurs arpentent régulièrement les profondeurs. C'est d'ailleurs cette association qui est à l'origine de la récente expédition. « Nous avions déjà connaissance du Gouf de Capbreton depuis deux ou trois ans », commence Emmanielle Perie Bardout, cofondatrice d'Under The Pole. « Mais ce n'est que récemment que Cap'Gouf Exploration nous a contactés pour nous proposer de venir sur place pour faire un état des lieux de la zone ».

C'est donc au début du mois d'octobre que les premières plongées ont eu lieu. En tout, cinq personnes d'Under The Pole dont un scientifique du CNRS et trois personnes de l'association landaise ont pu organiser huit plongées pour prendre des photos des profondeurs du Gouf, dans sa zone mésophotique, soit entre 45 et 110 m de profondeur environ. « Nous avons également fait de l'échantillonnage et déployés d'autres protocoles à chaque plongée ». Quatre sites différents ont ainsi pu être explorés et étudiés.

Photo : Under The Pole.

« Il est trop tôt pour en tirer des conclusions scientifiques, mais nous pouvons déjà faire un premier retour d'expérience. Nous avons découvert un écosystème riche et très intéressant qui mérite d'être surveillé et protégé. La zone est plutôt étudiée pour sa géologie, donc notre expédition aura son importance pour l'avenir de l'écosystème du Gouf ». Under The Pole envisage ainsi de revenir pour y prolonger les recherches, et espère même donner envie à d'autres de s'intéresser à la faille. « C'est une première expédition, maintenant, il faut suivre, continuer ce travail, que ce soit nous ou d'autres ! »

Dès que possible, Under The Pole rendra compte de ses résultats. « Mais ça prend du temps ! », relativise Emmanuelle Perie Bardout. Quelques-unes des photos prises pourraient également être diffusées, même si l'expédition s'est plus concentrée vers « le travail scientifique plutôt que le travail artistique ». Qui sait, après les équipes de TF1, venues pour réaliser un reportage sur l'expédition, ce sont peut-être des équipes dédiées à Under The Pole qui pourraient faire le déplacement pour la réalisation d'un documentaire comme l'association en a déjà réalisé par le passé !

Car si l'expédition au Gouf de Caprebton était une première, Under The Pole est pourtant habitué à écumer les océans du monde pour y mener des missions d'exploration scientifique. «Avec mon mari, Ghislain Bardout, nous avons fondé cette entité il y a une quinzaine d'années. L'objectif est de pouvoir explorer les écosystèmes mésophotiques pour avoir le plus de données possible pour les protéger. Car contrairement à un site naturel terrestre, on ne voit pas ce qui se passe sous l'eau ». Ainsi, 12 salariés et de nombreuses autres personnes et partenaires accompagnent les missions d'Under The Pole, dont les Nations Unies.

« Bien que nos bureaux soient en Bretagne, nous sommes bien plus souvent en mer un peu partout dans le monde. Mais c'est aussi bien d'avoir pu travailler à Capbreton, car cela nous a permis de rester un peu en France, de travailler sur nos côtes. Et ça nous a même donné plein d'idées pour de prochaines aventures... », conclut Emmanuelle Perie Bardout, non sans une petite dose de suspens...

Timothé Linard

Plus d'informations sur Under The Pole

Plus d'informations sur le Gouf de Capbreton

Photo : Copyright OFB / Under The Pole - Erwan MARIVINT.

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